
1. « C’est quoi votre pays préféré ? », ou la question à
laquelle tout tour mondiste bien comme il se doit ne peut normalement et absolument pas répondre, à moins de ne pas avoir du tout ouvert ses « chakras » pendant toute la durée du voyage
et n’avoir donc pas du tout remarqué que comparer la Patagonie, avec l’Australie, l’Inde ou le Japon, c’est un peu comme comparer des chaussettes avec des petits pois… La métaphore s’avère certes
un peu surprenante, voire un peu brutale, mais n’en demeure pas pour le moins terriblement vraie. Ne nous méprenons pas. La tentation de la question numéro 1 des « questions les plus
fréquemment posées au retour d’un tour du monde » est effectivement extrêmement forte. Question facile, question évidente, a le mérite de ne pas lancer le tour du mondiste bien comme il se
doit dans une explication de 25 heures sur les tenants et les aboutissants de son voyage, alors qu’on n’a vraiment, mais vraiment pas le temps…. Et puis il faut bien commencer par quelque part.
Voici donc une réponse fragmentée à cette question numéro 1 de notre Top 5, qu’on nous a déjà posé 1564 fois depuis que nous sommes rentrés (surtout Fred) :
Les paysages les plus spectaculaires : l’Amérique du sud, en
particulier 1) de San Pedro de Atacama, au Chili, au Salar de Uyuni, en passant par le sud Lipez, en Bolivie, 2) Toute la Patagonie.
Les chocs culturels les plus
violents : 1) L’Inde, 2) La Chine, 3) Le Japon.
Les populations les plus
accueillantes. 1) Les Brésiliens, 2) Les Indonésiens, 3) les
Japonais.
Les pays où l’on mange
le mieux. 1) Argentine, 2) Thaïlande, 3) Japon.
Les voyages les plus
difficiles. 1) La Chine, 2) L’Inde.
Les plus grosses surprises, où les pays que nous n’étions pas a priori certains d’adorer, desquels nous sommes pourtant
irrémédiablement tombés amoureux… 1) L’Inde, 2) Le Japon, 3) Le Cambodge.

Nos expériences les plus extrêmes. 1) « Route de la mort », en
VTT, Bolivie, 2) « Pont de l’Inca », Macchu Picchu, Pérou, 3) Plongée sous marine à 40 mètres de profondeur, Puerto Galera, Philippines, 4) Trajet de 40 heures en bus, non stop, de la
Patagonie à Salta, Argentine 5) Trajet de bus sur le toit à 4h du matin, de Ajmer à Pushkar, Inde.
Nos expériences d‘hôtellerie les plus hallucinantes. 1) « La Comarca », Pumamarca, région de Salta, Nord de l’Argentine, 2) « Jagat Niwas Haveli », Udaïpur,
Rajasthan, Inde du Nord, 3) les maisons traditionnelles Indonésiennes, à Bali, 4) les maisons d’hôte de style Ming, à Pingyao, Chine.
Les villes où nous pourrions nous expatrier un
jour... 1) Rio de Janeiro, 2) Hong Kong, 3) Tokyo.
Les pays que l’on conseillerait en premier
pour un voyage « détente ». 1) Brésil, 2) Thaïlande 3)
Indonésie
Les pays que l’on conseillerait en premier pour un voyage « trek/nature/aventure ». 1) le Chili et la Bolivie , en particulier le trek en jeep partant de San Pedro de Atacama au Chili,
jusqu’au Salar de Uyuni en Bolivie, 2) La Patagonie , en particulier a) le trek W dans le parc naturel Torres del paine, b) Punta Tumbo et sa réserve de pingouins c) le glacier Perito Moreno, d)
les montagnes de El Chalten.
Les
pays que l’on conseillerait en premier pour un voyage « culturel ». 1) L’Inde, 2) Le Japon.
Les pays les moins chers. 1) Vietnam 2) Bolivie 3) Inde.
Les pays les plus chers. 1) Japon, 2) Nouvelle Zélande, 3) Nouvelle Calédonie, 4) Australie.
Nos plus grosses galères. 1) Vol de l’appareil photo à La Paz, en Bolivie, 2) Largage au milieu de nulle part par bus en plein
milieu de la nuit dans la région de Salta, dans le nord de l’Argentine, 3) Trajet de 18 heures dans un bus sans climatisation, sans suspension, sur des routes elles même dépourvues de tout
bitume, de Bombay vers le Rajasthan, en Inde.

Nos plus belles rencontres. 1) Walter, fondateur de l’ONG HoPe
Fondation, qui se dédie corps et âmes aux villageois Quechua dans la région de Cuzco, au Pérou, depuis 15 ans, 2) Dang, un petit bout d’homme âgé de 8 ans, sourd et muet qui n’a pas hésité à
partager sa passion immodérée du puzzle avec nous lors de notre passage à Chiang Rai, dans le nord de la Thaïlande 3) Pablo, jeune écolier Péruvien âgé de 13 ans, qui nous a servi de
« guide » jusqu’à notre train pour Agua Calientes vers le Macchu Picchu, dans la région de Cuzco, au Pérou, qui aime Ronaldo, le Coca Cola, aimerait un jour devenir avocat, et détient
l’un des secrets les mieux préservés au monde : « mais pourquoi la mer est-elle donc salée ?? »… Et une mention spéciale, hors compétition, hors catégorie pour : Anne
& Michaël, les « Ruellois underground », rencontrés à San Pedro de Atacama, au Chili, avec qui nous partageons depuis une passion immodérée pour le « Casillero del
Diablo », un petit vin rouge Chilien qui se boit décidément comme du vrai petit lait…
2. « Le retour, c’est pas trop dur ? » Nous sommes partis en voyage pendant 10 longs mois… Pour ceux qui ne nous ont pas encore revus, vous vous dites
sûrement que nous avons maintenant des dreadlocks tout autour de la boite crânienne, des piercings et des tatouages à des endroits totalement insoupçonnés, un troisième œil qui nous pousse sur le
front, que nous ne parlons plus que d’ouvrir nos « chakras », et nous promenons en permanence avec une chèvre albinos à nos côtés… Forcément, après avoir voyagé aussi longtemps, aussi
loin, nous devons être totalement déconnectés de la réalité, et aurons très probablement beaucoup de mal à supporter la réintégration dans cette bonne vielle vie urbaine, avec tous ses à côtés,
bons ou mauvais… Nous vous rassurons tout de suite, la réalité tour mondiste s’avère beaucoup plus modérée…
Le voyage, mine de rien ça fatigue… Les trajets de bus
chaotiques de 18 heures sous une chaleur de plomb nécessitant une désinfection générale à l’arrivée, les nuits et les journées passées dans les trains couchettes en compagnie d’1 bon million de
personnes, les petits hôtels pas si mal mais que l’on ne referait sous aucun prétexte si on avait les moyens, les journées intensives à courir d’un endroit à un autre « pour ne rien
rater » du petit lever du jour à une heure avancée de la nuit, et ben y’a pas à dire, au bout d’un moment, ça devient tout de même drôlement fatigant… Tant et si bien qu’à la fin, au bout de
10 mois de voyage, on ne se précipite plus vraiment dehors à la moindre occasion pour visiter à tout bout de champs. On préfère rester à la « maison » « à ne rien faire »
devant un bon vieil épisode de « Scrubs » tout en se faisant un bon « petit plat maison ». On préfère dormir, aller au cinéma, faire du shopping, découvrir les bons petits
restaurants et bars du coin, flâner dans les rues sans forcément visiter quoi que ce soit de particulier… Bref on aime recommencer à faire ce qu’on faisait déjà avant de partir en voyage autour
du monde, signe qu’il est (grand) temps de rentrer, finalement, à la « maison », la vraie…

Un retour progressif à la modernité urbaine. Nous ne sommes pas
totalement fous, et avons sciemment choisi en toute dernière destination de tour du monde, juste avant l’ultime retour sur Paris – CDG, un pays moderne, urbain, surpeuplé, cher… Bref un pays qui
nous permettrait de nous réintégrer progressivement et facilement à la vie Parisienne à notre retour : le Japon. C’est certain, si nous avions passé nos derniers mois de tour du monde dans
des pays un tout petit peu trop différents (la Chine, l’Inde) ou un petit peu trop dépaysants (la Thaïlande, le Cambodge, l’Indonésie, le Vietnam…), le retour aurait été un tout petit peu plus
violent…

Paris est bel et bien la plus belle ville du monde. Après avoir sillonné près d’une vingtaine de pays, et traversé tout un tas de villes tout de même
« pas si mal que ça » (Rio de Janeiro, Buenos Aires, Queenstown, Sidney, Phnom Penh, Hong Kong, Bombay, Kyoto, Tokyo...), nous pouvons vous le confirmer, au cas où vous en douteriez
encore : Paris est bel et bien l’une des plus belles villes au monde. Ce qui, nous en avons bien conscience, peut s’avérer comme une révélation plus ou moins choquante pour les personnes
démontrant un degré d’affection plus ou moins avancé vis-à-vis de notre bonne vieille ville lumière… Car la vérité vraie, c’est qu’il est en fait relativement difficile de trouver une ville à
l’étranger qui :
a) Est à tomber par terre, dans pratiquement son
intégralité, sans être brutalement interrompue, par plus ou moins grosses intermittences, par d’énormes tronçons qui, pour citer un de nos amis que nous ne nommerons pas ici, « ne
ressemblent vraiment à rien ». L’autre plus belle ville du monde étant, à notre sens, l’incroyable Rome (que nous avons découverte au cours d’un précédent voyage et qui ne figurait donc pas
dans notre itinéraire de tour du monde),
b) Où l’on peut se promener plus ou
moins librement sans manquer se faire agresser, enlever, assassiner, à tous les coins de rue,
c) Où on ne s’ennuie pas mortellement au bout de quatre ou cinq semaines, à tout casser… Bon, c’est
dit un peu brutalement mais l’autre vérité vraie c’est qu’une fois la tournée des lieux touristiques effectuée au sein des nombreuses et charmantes petites villes que nous avons traversées (Phnom
Penh, au Cambodge, Hoi Anh, au Vietnam…), il n’y a juste absolument rien à faire… Par là, on entend, pas de cinéma, pas de théâtre, pas de (vrais) musée, pas de véritable librairie, pas de réelle
vie culturelle, et parfois même pas de liberté de la presse, donc pas d’ouverture sur le reste du monde… Quand on ajoute à cela que certains de ces villes appartiennent à des pays qui appliquent
des lois plutôt restrictives (peine de mort, prison à vie…), cela limite également très rapidement les choix.

La France, c’est quand même pas si mal… Ah les soirées vins et fromages, les parties raclettes et/ou fondues à la maison, en famille, chez
les amis, le foie gras à Noël, le vin chaud dans les Alpes, les petits bouchons Lyonnais, les restaurants du Sud Ouest, les bon vieux « Welshes » du Nord, le bon vieux saucisson bien de
chez nous, le pain, les croissants, les pains au chocolat Français, la viennoiserie, la pâtisserie Française, les terrasses des cafés et bistrots quand il fait bon, les ponts du mois de Mai, les
RTT, les cinq à 11 semaines de congés payés par an, les tickets restaurants, les pauses déjeuners qui durent des heures, le régime imbattable de santé Français, la Provence, les Calanques de
Marseille, les plages et montagnes Corses… etc.,… etc., …etc., … etc.
3. « Vous avez vraiment
fait un tour du monde ? » Oui, 16 pays littéralement parcourus
d’un bout à l’autre du monde, de Santiago du Chili, tout à l’Ouest, en Amérique du sud, là où le soleil se couche, à Tokyo, au Japon, tout à l’Est, là où le soleil se lève…
4. « Vous aviez un blog ou
quelque chose ? » Si vous nous avez posé cette question à
quelque moment que ce soit alors que vous vous teniez très fermement en face de nous, vous avez dû basculer très brutalement par-dessus le vide ou mourir étranglé dans les quelques secondes qui
ont suivi, avant même d’avoir eu le temps de finir votre phrase et donc de réaliser ce qu’il était en train de vous arriver…
5. « Un tour du monde, moi je pourrais
pas… » Bon, d’accord ce n’est pas une question, mais... Nous
voudrions immédiatement dissiper tout un tas d’idées fausses qui semblent apparemment et abondamment circuler dans l’esprit des personnes n’ayant jamais sérieusement envisagé de faire un tour du
monde, un vrai.
«… parce que je n’ai pas le
courage… » Bon, que l’on remette tout de suite les choses à leur
place : tout ça n’a pas grand-chose à voir avec le « courage », ou même la « chance ». Entendre, vous aussi, là, assis derrière votre écran d’ordinateur vous pouvez
partir demain en tour du monde, pendant des mois et des mois, à condition que : 1) Vous soyez prêts à mettre entre parenthèses tous vos projets de vie, tels désirs plus ou moins pressant de
bébé(s), de voiture(s) ou d’appartement(s), principal ou secondaire, de promotion(s), plus ou moins proche(s) ou éclair(s) au statut de maître du monde absolu… Le voyage autour du monde ne fait
que décaler dans le temps tous ces merveilleux événements, et ne les efface en aucun cas soudainement et brutalement de l’espace temps dès que vous avez décidé de partir en tour du monde… 2) Vous
y être préparé un tout petit peu quand même, histoire de ne pas revenir la bouche en cœur chez vous au bout d’un an, sans avoir d’endroit où loger, ou de sources de revenus suffisantes afin de
vous permettre de « tenir » jusqu’à ce que vous ayez réintégré la respectée communauté des travailleurs biens comme il se doit (à moins bien entendu que vous n’ayez eu recours à la
solution miracle du fameux « congé sabbatique »).

«… parce que je ne suis pas blindé… » … On peut partir en tour du monde pendant un peu plus de 10 mois pour la très incroyable somme de
« seulement » 17 000 euros. Et pour ce prix, non seulement absolument tout est compris, billets d’avions tour du monde (3300 euros TTC avec l’alliance aérienne OneWorld), vaccins,
achat d’ordinateur, appareil photo, équipement, logement, nourriture, sorties diverses et variées, achats annexes pour la famille et les amis, frais de visas, transports, entrées au sein des
monuments, musées, parcs nationaux, bref tout… On peut aussi, qui plus est, se faire bien (bien) plaisir. Pour commencer, certains des pays traversés s’avèrent si ridiculement peu chers qu’on
peut très aisément y vivre comme de vrais pachas avec des sommes aussi également ridicules. On peut même parfois aller jusqu’à s’offrir de véritables hôtels de luxe (70 euros la nuit dans la
suite suprême au sein de la « Comarca », à Pumamarca, en Argentine) pour des tarifs tout à fait raisonnables (au regard des standards Européens). Mieux. On peut même, si on le souhaite,
faire un tour du monde pour beaucoup moins que ça, si on décide de se sustenter très majoritairement dans les stands de rue, de dormir pratiquement exclusivement en dortoir, de ne pas passer par
l’Océanie…
« … parce que je ne suis pas un
peu, euh, « décalé(e) », comme vous… » Au risque de nous
répéter, nous n’avons pas de « dread », ignorons tout de ces histoires de « chakras », n’étions pas dans une démarche de fuite absolue vers un « monde meilleur » où
nous pourrions enfin « nous trouver », « nous retrouver », « trouver le sens de la vie, la vraie », « élever des chèvres albinos, enfin, au fin fond du Larzac
Rajasthanais »… Aussi incroyable mais vrai que cela puisse paraître, nous avons même rencontré sur le chemin tout un tas de personnes tout à fait « normales » et absolument pas
« décalées » qui étaient également en tour du monde, des comptables, des consultants, des ingénieurs, des commerciaux, des profs, des infirmières, des familles au complet, des couples,
des célibataires, des Français, des Néerlandais, des Israéliens, des Anglais, des Allemands…etc., …etc., …etc.

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La folie du « Pachinko ». Vous venez de passer plus d’une vingtaine d’heures assis face à une drôle de machine fluorescente, sans bouger, sans boire, sans manger, totalement absorbé par les étranges flots de billes d’acier qui se déversent sans discontinuer sous vos yeux ? Vous ne supportez plus les odeurs qui ne vous rappellent pas celle du tabac et angoissez à l’idée de vous retrouver dans un environnement dépourvu de toute cacophonie métallique ? Nous avons une nouvelle pour vous : vous êtes devenu Japonais, et avez cédé, tout comme des millions de vos confrères, à la folie du « pachinko ». Machine à la croisée du flipper et de la machine à sous, le « pachinko » à la particularité de ne demander aucun effort particulier au joueur, si ce n’est de contrôler, ou non, la vitesse à laquelle se déversent les billes métalliques de haut en bas de la machine. Seul un œil occidental ne saurait détecter le caractère absolument passionnant d’un tel « jeu ». Seul un étranger serait assez fou pour ne pas se précipiter sur la première machine de « pachinko » libre trouvée, pour s’y coller pendant au moins un bon milliers d’années. Certains crieront à la tentative d’abrutissement ou de lavage de cerveau. Que nenni, le « pachinko » est surtout une très bonne manière de préserver le cerveau Japonais en état semi éveillé… Ainsi qu’un moyen très efficace pour les « yakuzas », la mafia Japonaise, qui contrôle la très grande majeure partie de cette très juteuse industrie, d’arrondir leurs fins de mois…


Vous avez dit régressifs ? Les Japonais sont zens. Les Japonais sont branchés. Les Japonais sont impénétrables. Les Japonais sont surtout de grands, très grands enfants… Prenez par exemple ce cadre Nippon que vous croisez dans le métro lors de votre passage à Tokyo. Rien à priori ne le distingue du commun des travailleurs Tokyoïte… Excepté qu’en dessous de son costume noir impeccable, de sa chemise très soigneusement boutonnée, de sa coiffure sans un pli, de son attaché case en cuir mat, de ses chaussures griffées légèrement compensées, il arbore un magnifique porte clé « Hello Kitty »*. Et vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Car à Tokyo et dans le reste du pays, vous croiserez très régulièrement des adultes, qui ont pourtant tous bien dépassés l’âge de 6 ans, arborer très fièrement des tee-shirts à la gloire de « Stitch », l’étrange extra-terrestre bleu de « Lilo & Stitch », ou des sacs à l’effigie de « Mon voisin Totoro ». N’écarquillez pas les yeux si vous les voyez se recueillir devant une statue d’« Astro le petit robot » ou chercher à tout prix à attraper une peluche « Snoopy » coincée dans une de ces satanés machines de fête foraine. Non, réjouissez-vous plutôt que l’ensemble de la nation semble toujours plongé dans une période régressive qui ne prendra jamais fin. Et courrez entonner très joyeusement avec eux et sans complexe le thème de « Capitaine Flam » au karaoké le plus proche…
* personnage imaginé par la société Japonaise Sanyo, représentant une petite chatte blanche généralement coiffée de son petit nœud rouge à l’oreille gauche.


Vous avez dit gigolos ??? Le sexe au Japon, tabou ? Que nenni. Une envie pressante ou légèrement illégitime ? Précipitez vous au « love hôtel » le plus proche en haut des collines du quartier branché de Shibuya. Choisissez votre chambre en toute discrétion sur le panneau lumineux prévu à cet effet à l’entrée de l’établissement. Réglez auprès du réceptionniste qui, soigneusement caché derrière sa vitre teintée, ne peut absolument pas voir qui vous êtes, ni par qui vous êtes accompagné. Puis montez à l’étage afin de profiter très glorieusement de votre espace intime de 30m2 loué à l’heure, voire même parfois à la journée. Vous êtes une femme et vous sentez un peu seule ? Pas de problème. Tout a été pensé au pays du soleil levant. Dirigez-vous de suite vers le quartier de Shinjuku, et arrêtez-vous dès que vous commencez à croiser, à intervalle régulier, de jeunes hommes seuls ou groupés, aux cheveux mi longs dûment teintés coiffés décoiffés dégradés sur le côté, parés de costumes noirs très strictement identiques, accompagnés de sa chemise légèrement entrouverte et de ses bottes de cow-boy ultra pointues. On pourrait les prendre, à première vue, pour les membres d’un gang, d’une secte, voire même les confondre avec des yakuzas. Mais pas du tout. Ce sont en réalité des gigolos, entièrement au service de ces dames, qui officient généralement et très judicieusement non loin d’un love hôtel… Comme c’est pratique...



Morning sushis. 5h du matin. Nous sortons tout droit d’une folle soirée fléchettes, ne sommes plus qu’à quelques heures de notre dernier et ultime vol de tour du monde, Tokyo – Paris CDG, et ne trouvons rien de mieux que de nous précipiter la tête la première vers le fameux marché de poisson de la ville, le « Tsukiji fish market ». Un must absolu lorsqu’on est de passage à Tokyo. Impossible donc pour nous de manquer un tel spectacle. Nous aurons tout le vol de retour (de 13h) pour dormir. Armés de nos chaussures de trek, histoire de ne pas se retrouver les pieds maculés de sang, nous voilà donc partis pour assister à la criée du matin, à 6h très exactement. Sur place, c’est la cohue générale. Les camions frigorifiques et petites voitures en tous genres se bousculent sur les quelques


Euh… Ouhlala, ça va être un peu chaud tout ça… Il est presque midi. Le prochain train express pour l’aéroport international de Narita ne part pas avant 12h30… alors que notre avion décolle à 13h30. L’express mettant très exactement 50 minutes pour faire la jonction Tokyo – Narita, quelles sont à votre avis les chances que nous loupions totalement notre tout dernier vol de tour du monde, Tokyo – Paris CDG ? Par acquis de conscience, nous jetons tout de même un petit coup d’œil à nos billets d’avion, au cas où, on ne sait jamais… Et surprise, ô quelle surprise, nous n’avons non seulement aucune chance d’arriver à temps pour un vol qui décollerait à 13h30, et avons effectivement, totalement, et très royalement, raté notre ultime et dernier avion, qui décollait en fait à 11h30… Pas la peine de s’énerver donc. Nous rentrons tranquillement à la maison, manquons nous faire arrêter par le service de sécurité de l’appartement alors que nous essayons de rentrer en catimini dans l’immeuble de Fix et Olivia (forcément, nous n’avons plus les clés avec nous), et nous endormons pour une seconde sieste réparatrice, après avoir changé notre vol pour le lendemain avec British Airways par téléphone, tout simplement…


L’ascenseur qui savait
penser... Vous vous apprêtez à être expatrié par votre société à Tokyo,
quatrième ville la plus chère au monde après Moscou, Londres et Séoul, et criez ô rage ô désespoir alors que vous découvrez avec horreur que la surface moyenne habitée par le commun des Tokyoïtes
avoisine allègrement les 20m2 ? Candidat à l’expatriation ne paniquez pas. Vous vous apprêtez à pénétrer sans le savoir dans le cercle très fermé des « deux ou trois Français au monde
qui habitent dans un 150m2 à loyer particulièrement modéré, voire inexistant, toutes charges et services compris ». Non, vous ne rêvez pas. Vous venez d’arriver à Roppongi, le quartier des
expats par excellence, au pied de votre tout nouvel immeuble doté comme il se doit de sa conciergerie, de sa salle de gym, de ses salles de réunion et de son service de sécurité ultra
sophistiqué. A l’heure où vous vous apprêtez à découvrir votre modeste F5, doté de ses trois chambres, de ses deux salles de bain typiquement Japonaises, de sa cuisine géante ouverte sur un
double salon, lui-même ouvert sur un balcon avec vue imprenable sur la Tokyo Tower, un ascenseur vous attend déjà, toutes portes ouvertes, prêt à vous amener tout seul comme un grand très
exactement à l’étage où se trouve votre appartement. Au cas où vous en douteriez, absolument tout a été pensé. Vous vous retrouvez inopportunément à court de papier toilette ? Pas de
problème. Un petit bouton prévu à cet effet vous permet d’alerter immédiatement un membre du « personnel » qui se fera un plaisir de se précipiter ventre à terre afin de vous secourir
d’une situation aussi délicate.
Manger et boire pas cher…
Pause de midi avant de nous jeter dans la folie de Shibuya, le quartier des jeunes
Tokyoïtes branchés peuplé de restaurants, de boutiques (et de jeunes Tokyoïtes donc) en tous genres. Histoire de ne pas nous ruiner dans le premier restaurant Japonais venu, nous décidons de nous
arrêter dans notre cantine pas chère du coin, en réalité une chaîne typiquement Japonaise spécialisée dans les « donburi », plat traditionnel à base de riz et de fines tranches de bœuf,
de porc ou de poulet délicieusement assaisonnées : « Yoshinoya ». Au menu, petite soupe « miso » et copieux bol de riz, disponible en version « normale »,
« large » ou « extra large », pour moins de 7 euros. A déguster directement attablés à un comptoir en compagnie d’homologues Nippons plus ou moins pressés. Le soir arrivé,
petit apéritif à base de « shochu », alcool blanc distillé à base de céréales, autrefois utilisé comme détergent, qui a le grand mérite d’être beaucoup moins cher que son homologue le
saké, tout en démontrant des vertus alcooliques tout aussi, voire plus efficaces (forcément pour le même prix, on peut en consommer dix fois plus).

Au pays des brochettes.
Poursuivant sur une aussi bonne lancée, nous nous sustentons au sein d’un des
« yakitoris », restaurant spécialisé dans les brochettes en tous genres, les plus populaires de Roppongi : Gonpachi. Nous nous laissons un temps impressionnés par le décor sur deux
niveaux digne d’un plateau de cinéma (Tarantino se serait inspiré de cet endroit pour la fameuse scène de sabre à la fin de Kill Bill 1), le service raffiné et l’accueil jovial des cuisiniers qui
s’affairent directement au centre de la salle, sous nos yeux affamés. Nous oublions un peu et décidons de nous offrir très royalement deux gros verres de vin blanc, chacun, afin de faire honneur
à un tel enchantement culinaire. Nous nous en sortirons sans trop de dommages : moins de 45 euros, au total. Une envie matinale de poissons crus après une traditionnelle soirée karaoké ou
fléchettes ? Direction le marché au thon de Tokyo, à la toute première heure du jour, afin de laisser littéralement fondre sous le palais quelques délicieux morceaux de sushis et de sashimis
au thon tout fraîchement pêché, pour moins de 10 euros le set, accompagné de son bol de riz, et de son inséparable soupe miso.


Dormir pas cher.
A première vue cela pourrait ressembler à une simple librairie spécialisée dans les
mangas ou à un loueur de DVD. En réalité, c’est un espace où l’on peut dormir au sein de cabines privées, plus ou moins grandes, plus ou moins équipées. A l’entrée du « magasin »,
retrouvez ce qui ressemble à une réception, où l’on peut payer sa « cabine », choisir un peu de lecture parmi la très vaste collection de mangas à disposition de la clientèle, ou encore
se prendre un ou deux films en DVD. A l’étage, toutes les cabines sont mitoyennes, séparées par de simples cloisons, font entre 1 et 2 m2, sont dotées d’une télé, d’un lecteur de DVD et/ou d’un
ordinateur connecté à Internet. Selon le niveau de confort demandé, vous pouvez avoir droit soit à un confortable et large fauteuil en cuir, ou à un véritable lit couchette. Comme il s’agit
principalement ici de dormir ou de se reposer, la lumière en ces lieux est judicieusement tamisée. Au vu de nombre de chaussures que nous avons aperçues soigneusement disposées à l’extérieur de
certaines cabines, c’est aussi un endroit où se retrouvent les jeunes couples Japonais à la recherche d’un peu d’intimité et d’une nuit vraiment pas chère.


L’empire du contraste.
01h du matin. Nous rentrons tranquillement à pied d’une savoureuse et gargantuesque
dégustation de sushi en tous genres au centre du quartier de Roppongi. Un groupe de jeunes coiffés décoiffés dégradés déstructurés sur le côté discutent bruyamment téléphones portables dernière
génération à la main devant l’entrée du restaurant. Un peu plus loin, des vendeurs de kebab occupent déjà les trottoirs tandis que deux jeunes lycéennes encore en chemisettes blanches, jupes
plissées bleu marine et chaussettes blanches montantes repartent vers d’autres cieux. Nous nous apprêtons à remonter la colline conduisant vers l’appartement en passant par le vieux temple Tao du
quartier lorsque nous croisons une jeune femme revêtue d’un magnifique kimono bleu, rehaussé de son traditionnel « obi » (grande ceinture de tissu refermant les kimonos). Elle avance
lentement mais sûrement vers la rue principale de Roppongi, chaussée de ses petites « getas » en bois (« tongs » Japonaises). Nous ne manquons pas de passer sur notre chemin
devant un « izakaya » (petit restaurant Japonais pas cher où l’on sert du saké à flot), d’où viennent de sortir un groupe de jeunes hommes passablement éméchés, qui chantent à présent à
tue tête en attendant que l’un de leurs comparses finisse de vomir tout son dîner à même le trottoir. Un mariage vient d’être fêté. Nous le reconnaissons aux petits sacs labellisés qu’ils
tiennent tous à la main, remplis de petits cadeaux offerts par les futurs mariés. Après tant d’émotions, nous décidons de nous relaxer un temps en nous arrêtant devant (et non dans) l’un des bars
ultra branchés (et donc totalement hors de notre portée financière) du voisinage, qui a l’amusante particularité de disposer d’un très joli aquarium, remplis de gentils petits requins…



Geisha. Gion, quartier des Geishas, à Kyoto. Il est 17h. Nous attendons, fébriles, l’appareil photo autour du cou, le doigt posé sur le déclencheur, postés à la croisée des deux principales rues. Ici, à Gion, il s’agit de l’heure critique. L’heure à laquelle les Geishas et apprenties Geishas, ou Geikos et Maikos, s’apprêtent à traverser le quartier afin de se rendre à leur tout premier rendez-vous de la soirée, au sein de l’une des maisons traditionnelles de thé de Gion. Des établissements auxquels il est tout à fait impossible d’accéder, à moindre d’être introduit par un habitué. Autour de nous, une petite centaine de touristes attendent, embusqués, nerveux, hantés par la peur de ne pas réussir à ramener le cliché que tout bon touriste se doit absolument de prendre lors de son passage au Japon : celui d’une Geisha, une vraie. C’est qu’elles ne sont désormais plus qu’une petite centaine à travers tout le pays. Ces précieux clichés vaudront donc bientôt de l’or. Tout à coup c’est le branlement de combat. L’ensemble du groupe se précipite tel une seule et unique masse humaine tout droit devant une maison de thé, où une jeune Geisha, ô inconscience quand tu nous tiens, vient de se poster afin de se soumettre à l’irrépressible désir photographique d’un de ces invités. Il n’en faut pas bien plus pour qu’elle se retrouve bientôt entourée par une horde de fous furieux prêts à tout pour subtiliser une toute petite centaine d’images durement volées. Un bon million de flash se met à crépiter tandis que la foule se fait de plus en plus dense… Les insatiables ne se contenteront pas de ces 10 minutes d’intense bonheur et passeront le reste de la soirée à poursuivre les pauvres Geishas d’un bout à l’autre du quartier. Dignes, ces dernières ne se mettront jamais à courir ou à réprimander ces primates d’étrangers, une véritable Geisha se devant de préserver apparence et contenance en toutes circonstances…

Les « Ryokans », ou maisons d’hôtes traditionnelles Japonaises. Cela fait bien cinq bonnes minutes que nous venons de pénétrer au sein de notre toute première chambre traditionnelle Japonaise, composée comme il se doit de son sol entièrement recouvert de tatamis en paille de riz, de sa table basse laquée, de son service de thé assorti, posés très exactement au milieu de la pièce, et de ses fines portes coulissantes… Rien, absolument rien ne saurait venir perturber la suprême harmonie de l’ensemble des éléments disposés au sein de cette pièce préparée spécialement à notre attention. Rien pas même ce qui devrait ressembler de près ou de loin à un semblant de futon, de matelas, de quoi que ce soit qui pourrait faire office de couchage. Nous voilà donc plongés dans un état de perplexité avancée : mais où que c’est donc qu’on dort? Une demi heure d’intense réflexion plus tard, nous découvrons le fin mot de l’histoire. Les dits futons ont été très discrètement dissimulés à l’abri de notre champ de vision, à l’intérieur des placards muraux prévus à cet effet. Ceci afin de n’être déroulés à même le sol qu’une fois la nuit tombée, pour que nous puissions jouir le reste de la journée d’un cadre absolument dépourvu de toute interférence esthétique. Futons qui doivent donc être tout aussi discrètement rangés une fois le soleil levé…


Vivre à la Japonaise. Nous voilà rentrés à la « maison » après une journée de folles visites à travers tout Kyoto. Ni une ni deux, nous déchaussons nos tongs et les rangeons sur les étagères prévues à cet effet à l’entrée du « ryokan », pour enfourcher tout aussi prestement nos chaussons « de couloir », jusqu’à la porte de notre chambre… Où nous prendrons bien soins de nous déchausser de nouveau avant de fouler le sol de tatamis avec nos pieds tous nus. Une petite envie pressante ? Nous dévalons le chemin jusqu’à la salle de bain avec nos chaussons « de couloir » avant de déchausser pour rechausser nos chaussons en plastique « de salle de bain ». Après nous être servis de manière appropriée de la chasse d’eau électronique et du papier toilette humidifié parfumé, nous retournerons au sein de notre chambrée après avoir déchaussé, rechaussé, déchaussé. Un désir irrépressible de prendre un bain ? Nous rechaussons, déchaussons, rechaussons et pénétrons au sein de la salle de bain Japonaise pourvue, merveille des merveilles, d’une grande baignoire déjà entièrement remplie d’une eau bien chaude (voire brûlante). Nous ne faisons bien entendu pas la suprême et fatale erreur d’essayer de rentrer dans le bain tel quel, et encore moins d’y verser un épais bain moussant dégoulinant. Non, nous nous douchons d’abord à grande eau et à gros coups de savon, avant d’entrer dans un bain principalement réservé, au Japon, non pas au décrassage mais à la relaxation pure. Dans le cadre de « ryokans » où les salles de bain (unisexes) sont partagées, ne pas se laisser intimider par les autres invités totalement dénudés qui se baignent également tranquillement à nos côtés.


Zen, ou « méditation silencieuse » en Japonais. C’est un fait absolument universel qui transcende toutes les lois intergalactiques : le Japonais ne s’énerve jamais. Le Japonais bien élevé ne perd jamais son calme, pas plus qu’il ne s’abaissera à manifester ouvertement quoi que ce soit qui ressemblerait à de l’impatience, du mécontentement, de l’agacement, de l’exaspération, à une envie irrépressible d’extirper à mains nues les tripes des étrangers qui osent fouler ses tatamis immaculés avec des chaussures non prévues à cet effet. Non, le Japonais, le vrai, reste « zen » à tout instant de sa vie, grâce à une pratique intensive de la « méditation silencieuse » pratiquée dès le plus jeune âge. Une pratique qui se retrouve dans tous les aspects de sa vie, depuis l’organisation de ses toilettes, à l’architecture de ses jardins. Un véritable jardin « zen » n’offre donc à la vue de ses spectateurs « zens » rien qui pourraient nuire à leur absolue « zenitude ». Rien donc excepté une vaste mer de pierres subtilement « rangées » en lignes courbes, strictement parallèles, à l’aide de divers instruments de « jardin », parsemée de ci de là par quelques rochers isolés, ou savamment groupés par deux ou trois. Le jardin « zen » étant censé provoquer un véritable état psychique de « zen » absolu, il est donc, en toute logique, totalement interdit de « physiquement » s’y aventurer.

Stupeur et tremblement. Vous êtes devant le réceptionniste de
votre auberge de jeunesse / hôtel / maison d’hôte /« ryokan » (maison d’hôte traditionnelle Japonaise)…etc., et vous vous apprêtez, en tant que voyageur désormais expérimenté,
pensez-vous, à négocier le prix de votre chambrée. Rien que de plus normal, croyez-vous. Touristes novices, cessez tout de suite toute tentative de passage à l’action avant d’infliger la pire
humiliation qui soit à votre confrère Japonais. Car votre interlocuteur Nippon, sachez le, ne sait pas, mais alors pas du tout, du tout (du tout) gérer quoi que ce soit qui ressemblerait de près
ou de loin à un début de conflit. Mettez cette incapacité à l’épreuve et vous le verrez bientôt se mettre à trembler, imperceptiblement, mais sûrement, à suer à grosses gouttes, à courber les
épaules, fuir votre regard, réfléchir à tout un tas de très bonnes raisons de ne pas vous dire oui, sans pour autant vous dire non… Ne vous étonnez pas alors si vous vous retrouvez devant tout un
tas d’explications n’ayant apparemment ni queue ni tête. C’est simplement la manière très Japonaise - comprendre très polie - de vous dire non, sans vraiment vous dire non… Nous venons d’atterrir
à Osaka et n’obtiendrons pas cette fois ci de réduction sur notre chambre d’auberge de jeunesse. Bienvenue au Japon.
« Onegaishimas(u) ». Nom commun, adjectif ou adverbe, selon qu’il est utilisé devant un inconnu qui arrive, un inconnu qui s’en va, pour demander son chemin, pour
demander du saké, pour dire merci, pour dire bonjour, pour dire au revoir, pour demander comment ça va… En d’autres termes, « Onegaishimas(u) », ou « S’il vous plaît » en
Japonais, à ajouter à la fin d’absolument toutes les phrases que vous prononcerez au Japon à un Japonais… Sans aucun doute le terme le plus utilisé au pays du soleil levant, dégainé à tout bout
de champ par le commun des Nippons afin de payer hommage au moindre être vivant, ou non, croisé sur le chemin. Souvent accompagné de son traditionnel courbement d’échine et d’épaule. Le
courbement idéal se situant en dessous du niveau du sol. Pour faire au mieux, se jeter ventre à terre dès que l’occasion s’en présente, puis se retirer le plus humblement possible, en rampant
très lamentablement, sans jamais relever ni les yeux, ni la tête, ni les épaules. De bien évidemment, ne même pas penser à se relever avant de s’être assuré que notre misérable présence a
définitivement cessé de polluer le champ de vision, autrement suprêmement exquis, de notre très honorable interlocuteur. Si possible, ce faisant, se frapper un peu, et se rappeler régulièrement
que l’on n’est qu’un insignifiant ver de terre.

Fashion show. Vous ne portez pas le cheveu lisse décoiffé,
dégradé, de manière déstructurée, sur le côté ? Précipitez vous de suite chez le coiffeur le plus proche afin de vous fondre en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire dans la peau d’un
de ces jeunes Japonais ultra branchés/sophistiqués/à la pointe de la tendance/plus hype tu meurs qui hantent absolument toutes les rues du pays, et plus précisément de la ville d’Osaka, capitale
des capitales de la branchouille attitude nec plus ultra. Si vous êtes un homme, ne pas oublier de vous parer de vos indispensables bottes ultra pointues et de votre jean très négligemment porté
en dessous des genoux. Si vous êtes une femme, ne pensez même pas à vous montrer à la surface du monde sans votre petit sac à main griffé, votre mini short ultra court dévoilant quasiment la
totalité de votre (petit) arrière train, sans oublier bien entendu vos chaussettes géantes montantes, très élégamment portées telles des bas au dessus du genou. En toute circonstance, bien penser
à surveiller la tenue de sa coiffure toutes les 10 minutes. Si besoin, ne pas hésiter à se servir du moindre reflet afin de replacer ses cheveux, cheveu par cheveu, en public, que l’on soit un
homme ou une femme, que cela prenne 10, 15, 30 minutes, ou toute la durée d’un trajet de métro…

Folie des visites en chaîne, quand tu nous tiens… Tandis que la fin de notre voyage s’approche, nous avons, nous l’avouons, de plus en plus de mal à maintenir un rythme de visites effréné. Pas de chance pour nous, à Pékin, il y a malheureusement énormément de choses à voir. Nous n’avons d’autre choix que d’essayer de nous lever un tantinet tôt afin d’abattre


Les merveilleux effets secondaires des JO 2008. Le coeur battant, la tête remplie d’images issues du « Dernier empereur », nous nous apprêtons à pénétrer au sein de la fameuse Cité interdite… Nous attendons en particulier avec impatience la fameuse cour à l’entrée du Palais, censée pouvoir contenir jusqu’à un millier de soldats et de courtisans à son comble. Nous nous attendons à en avoir le souffle littéralement coupé… et ne sommes pas déçus lorsque nous découvrons le bâtiment principal donnant sur la fameuse cour très glorieusement, et très entièrement, entouré d’énormes échafaudages, nous empêchant totalement d’avoir quelque idée que ce soit quant à l’allure qu’arbore en temps normal la cour principale de


La grande muraille. « Particulièrement raide », « victimes du vertige s’abstenir ! »… On l’aura compris, la grande muraille, c’est pas pour les âmes sensibles… Alors que le grand jour J arrive, nous commencerions même presque à nous inquiéter, au fur et à mesure que nous entendons d’autres touristes nous raconter à quel point la « promenade » entre « Jinshanling » et « Simatai », c’était juste carrément « l’horreur ! », même si le jeu en vaut définitivement la chandelle (forcément, eux, ils l’ont déjà fait !). Un touriste, pourtant particulièrement sportif, écrit même sur son blog qu’il a particulièrement « dégusté »… C’est donc un tantinet terrorisés et prêts à cracher tous nos poumons sur le bord de la muraille que nous nous embarquons dans notre trek entre Jinshanling et Simatai, là où l’édifice n’a pas été du tout retouché, là où il pourra donc s’offrir à nous dans son état quasi originel, les affres du temps (éboulements, escaliers effondrés, végétation inopinée, crevasses à sauter…) en sus. Et, très honnêtement, maintenant qu’on l’a fait, on peut le dire, mis à part quelques montées et quelques descentes un tout petit peu sportives, la balade (4 heures de marche) entre Jinshanling et Simatai sur la grande muraille, c’est quand même un peu les doigts dans le nez. Ce qui doit l’être beaucoup moins, en revanche, c’est la portion de la grande muraille à Simatai qui part vers la droite, celle qui serpente à flanc de montagne, et comporte de jolies versants allant jusqu’à un très vertigineux 80°…


Pandas. Tranquillement assis sur son arrière train, Gu Gu, le panda géant, déguste tranquillement et méthodiquement ses délicieuses feuilles de bambou, pas le moins du monde gêné par la bonne trentaine de visiteurs qui l’observe en poussant des petits cris d’émerveillement. Gu Gu, du haut de son mètre de haut, ses sept ans et sa centaine de kilos bien sonnés, vient de la province du Sichuan, dans le sud ouest de la Chine, tout comme ses deux comparses noirs et blancs, Dadi et Yinghua. Gu Gu a beau ne pas encore avoir atteint la dizaine d’années, il est pourtant déjà bel et bien un adulte: l’espérance moyenne de vie du panda géant avoisine les 15 à 20 ans. Des années qu’ils passeront principalement à manger : un panda géant dédie en moyenne 18 heures par jour à la dégustation pratiquement exclusive de bambou. Le reste du temps étant consacré à récupérer de toute cette activité gustative, en dormant… 

Acrobaties. Nous voilà partis pour un spectacle d’acrobaties typiquement Chinoises, non pas l’un de ceux recommandé par le Lonely Planet ou le Routard, un tout petit peu trop chers pour nos budgets de plus en plus maigres, mais celui proposé par notre hostel. A notre arrivée, la salle est au trois quart vide. Nous commençons à nous inquiéter et à nous demander sur quel genre de spectacle nous avons bien pu tomber. Le rideau se lève, et nous ne tardons bientôt pas à comprendre pourquoi le prix du spectacle ici est un peu moins élevé qu’ailleurs : la troupe d’acrobates est ici pratiquement exclusivement composée… d’enfants. Ils ont entre 6 à 17 ans et ne sont pour la plupart pas encore de véritables professionnels. La qualité du spectacle ne s&r





