Meuhhhhh….
Non, nous ne sommes pas du tout en plein milieu de la campagne Indienne ni
même dans un petit village reculé de toute influence urbaine, mais bel et bien en plein milieu de la ville. Et nous sommes entourés d’une bonne dizaine de vaches… Des vaches blanches, grises,
marrons, toutes parées d’une magnifique robe bien unie, à la différence de nos vaches tachetées en France, qui se promènent lentement et tranquillement au travers de toutes les rues de la ville,
sans être dérangées le moins du monde par les passants, cyclistes et automobilistes environnant. C’est qu’ici la vache est un animal sacré, symbolisant la fertilité, qu’on ne fait donc jamais
figurer aux menus des restaurants typiquement Indiens, et qu’on ne saurait non plus déranger pendant sa promenade quotidienne. Ce ne sont donc pas aux vaches de faire attention aux obstacles qui
se dresseraient de manière totalement incongrue sur leur chemin, mais bel et bien à nous, passants, cyclistes et automobilistes de dévier humblement de notre trajectoire pour contourner
précautionneusement les innombrables créatures bovines, en état d’éveil ou de sommeil, que nous croisons sur notre chemin. Parfois plus facile à dire qu’à faire : on compterait ici environ
300 millions de vaches !
« Octopussy show » Ce soir ? « Octopussy show my friend ». Demain ?
«Octopussy show again my friend ! » Après demain ? “Octopussy
show, Octopussy show, Octopussy show!»… En un mot, ici, c’est le royaume absolu d’«Octopussy », le James Bond tourné en très grande partie à Udaïpur, entre le « Lake Palace »
(l’hôtel de luxe appartenant au Taj Group), le « Monsoon Palace » (ancien palais de Maharadja dominant la ville d’Udaïpur depuis sa grande colline, aujourd’hui laissé à l’abandon) et le
« Shiv Niwas Palace » (l’un des bâtiments du City Palace, reconverti en hôtel de luxe), qu’à peu près tous les restaurants budget de la ville passent et repassent à l’envie à peu près
tous les soirs à l’heure du dîner. Ne résistant pas au kitsch de la proposition, nous escaladons donc l’escalier escarpé d’un des restaurants recommandés par le Routard, le « Natural City
View », afin de revoir ces fameuses scènes tournées à Udaïpur depuis le toit du restaurant, devant un curry et quelques « naans », l’un des pains typiquement Indiens, tout plats et
tout ronds, que l’on peut trouver agrémenté, entre autre, de beurre, d’ail ou de fromage. Et c’est là qu’on découvre les « quelques » libertés prises par le réalisateur, alors que 007
arrive, par exemple, à Agra, la ville du Taj Mahal, située à plusieurs centaines de kilomètres de là, pour arriver quelques minutes plus tard à peine devant le « Lake Palace », à
Udaïpur, croisant charmeurs de serpents, avaleurs de sabres, fakirs, crocodiles et tigres etc etc.
Very special tea. Nous venons de nous installer à notre table sur le toit du « Natural City View ». « Octopussy » vient de commencer. Nous sommes aux premières
loges. Nos « naans » sont en préparation. Nous disposons de Cocas bien frais. Rien ne pourrait être plus parfait. Ou presque. Ne manquerait qu’une toute petite bière bien fraîche afin
de parfaire notre grand bonheur. Las, hélas, avons-nous appris en parcourant notre Lonely Planet : la pratique de l’alcool serait non seulement très peu répandue au Rajasthan, elle serait
même parfois tout simplement interdite. C’est qu’il s’agit d’un Etat encore très traditionnel et très religieux. Diantre, triple diantre, comment Diable allons-nous faire pour survivre pendant
nos trois longues semaines ici ? Fort heureusement, découvrons-nous, la pratique ouverte de la bière n’est pas très largement répandue, mais celle du « special tea », si. Un thé
donc très spécial, servi avec amour dans une grande théière, accompagnée de deux petites tasses blanches toute innocentes. Que l’on remplit donc à l’envie, en toute discrétion, et très
ingénieusement, de grandes quantités… de bière… Alléluia le « special tea » Rajasthanais.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager








© Textes, Images et vidéos Kim Le Quoc et Christophe Deguine
Commentaires