Mercredi 11 avril 2007
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Panne
sèche. 4 heures du matin. Une heure en somme tout à
fait idéale au Vietnam afin de faire un arrêt (un de plus), cette fois-ci totalement inopiné. Et pour cause. Nous avons apparemment un problème… de tuyau. Le dit tuyau gît à présent
lamentablement inerte à même le sol. Au vu de son état avancé de décomposition, comprendre le dit tuyau a déjà manifestement maintes fois servi et en porte les traces visibles sous la forme de
divers bouts de scotch de toutes tailles et de toutes couleurs, nous ne sommes pas prêts de repartir. Bien entendu, il peut aussi s’agir d’une des nombreuses techniques locales afin de pousser le
touriste non aguerri à bout, en rendant le voyage tellement pénible (on s’arrête tout le temps, on met la musique à fond, on n’arrête pas d’éteindre et de rallumer la lumière du bus…) et
tellement long (dans notre cas, nous culminerons à 5 heures de retard) que le dit touriste non aguerri finira par craquer à l’arrivée et se précipitera sans demander son reste à l’intérieur de la
première maison d’hôte venue. Autrement dit la maison d’hôte qui permettra à la compagnie de bus de se toucher une jolie commission. Mais il peut aussi s’agir d’une véritable panne… Dans tous les
cas, nos pauvres carcasses encore totalement endormies ne pouvant rien faire, nous décidons de nous rendormir tranquillement, après toutefois avoir immortalisé le dit magnifique tuyau… (qui
rappelons le tout de même est censé faire marcher ce satané bus…).
Course de cyclo… Nous revenons tout juste d’un
grand tour de cyclo à travers l’ancienne citadelle de Hué, dans le centre du Vietnam, et sommes présentement debout au bord du trottoir, complètement perdus, et dans l’incompréhension la plus
totale… Nos deux conducteurs de cyclo viennent tout juste de nous déserter, sans demander leur reste, et surtout sans avoir pris la peine de prendre l’argent que nous leur tendions... Sous le
choc, nous restons quelques secondes sans réaction, un peu éberlués, avant de reprendre nos esprits et leur courir après. Il ne s’agissait pourtant que de l’un de ces nombreux
« malentendus » quant au prix à régler à la fin d’une course de cyclo (la situation présente étant non pas le fameux « il s’agissait non pas du prix pour deux mais du prix pour
un » mais du « il ne s’agissait pas du prix pour la course entière mais du prix par heure »). Mais apparemment, cette fois-ci, quelque chose a dû nous échapper…
Perdre la
face. Nous les rattrapons quelques mètres plus loin,
dans un coin, isolé des commerçants et des autres conducteurs de cyclo qui, nous entendant « discuter » vivement en Vietnamien, avaient commencé à y mettre également du leur, et à
discuter à qui mieux mieux de ce que nous devrions réellement payer… C’est ce qui s’appelle au Vietnam faire « perdre la face » à quelqu’un. Quelque chose dont nous avions vaguement
entendu parler mais que nous ne savions pas si sérieusement respecté au Vietnam. Notre conducteur de cyclo nous explique : au Vietnam, rentrer en conflit en public ne se fait pas. Surtout
lorsqu’on est pris à défaut et que l’on se fait accuser d’avoir honteusement essayer d’arnaquer ses clients… Il vaut mieux dans ce cas déserter la scène plutôt que de rester, ou pire, accepter
l’argent que l’on nous tend, ce qui serait un signe supplémentaire de « défaite ». Nous finissons par nous séparer, après avoir coupé la poire en deux, non sans avoir longuement discuté
pendant une bonne demi heure supplémentaire entre le prix initialement fixé (40 000 Dong), celui, exorbitant, réclamé (120 000 Dong), et les recommandations des autres chauffeurs de
cyclo rencontrés ci plus haut (60 000 Dong)…
Le trafic à Saigon…
(Ahhhh !!!) Cette fois-ci c’est certain, nous
allons mourir. Ou plus simplement passer le reste de notre séjour à Saigon obstinément bloqué sur un seul et unique côté du trottoir. Car le trafic, qu’on nous avait pourtant déjà décrit en long
et en large dans les nombreuses autres villes Vietnamiennes par lesquelles nous sommes passées, est ici tout simplement totalement insensé. Les hordes de deux roues se déversent en flots
congestionnés continus, ne laissant apparemment pas la moindre chance de survie aux piétons totalement illuminés qui tenteraient tout de même la traversée. Pour ne rien faciliter, là où nous
sommes à présent, il n’y a pas la moindre trace de feu rouge. D’après le Lonely Planet, il faudrait dans ce cas très précis tout simplement se lancer calmement dans la marée de motocyclettes, en
marchant, sans se presser, et surtout sans courir… Autrement dit, du délire total. Ayant de toute façon perdu depuis déjà très longtemps toute notre raison, nous nous élançons tout de même, non
sans nous y être repris à plusieurs fois, nous attendant à un carambolage imminent et à au moins une bonne dizaine de milliers de morts… Et nous retrouvons quelques minutes plus tard de l’autre
côté, sain et sauf, sans la moindre égratignure ou écorchure. La magie du Vietnam, en somme…
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