Brésil 22 Août - 9 Sept. 06

Vendredi 22 septembre 2006 5 22 /09 /2006 02:30

Qu’est-ce donc que ce titre vous demandez vous? Nous ne pourrons pas vous reprocher de ne pas avoir vu ce monument du cinéma, ce chef d’œuvre du 7ème art traitant d’un art martial typiquement brésilien : la Capoeira. « Only the Strong », ce classique des séries Z, est d’abord le grand déçu des Razzie Awards 1993 (Les « Razzie Awards » étant, pour les non initiés, à peu près l’inverse des Oscars. C’est un peu la compétition du plus gros navet de l’année). Ce grand nanar, donc, pour ceux qui ne l’ont pas vu (et que nous imaginons/espérons) nombreux, est une sorte de sous Jean-Claude Van Damme (si si, ça existe) avec Mark Dacascos en maître Capoeira inculquant à ses élèves cette « danse /combat » pour leur faire échapper à leur funeste destin (voir visuel ci-contre). Ce film a au moins eu un impact positif : il nous a donné envie de voir un jour de vrais lutteurs de Capoeira. Et bien cet art martial mis en bobines à Hollywood par le réalisateur de Double impact, nous l’avons non seulement vu en live, mais également « pratiqué » à Arraial d’Ajuda…

Pour briller en société, sachez que l’origine de ce « sport de combat / danse » ne remonte non pas au réalisateur de « Double Impact » mais bien aux esclaves Brésiliens importés d’Afrique… Ceux ci ont astucieusement déguisé un art de combat en danse rythmée et spectaculaire, afin d’endormir ni vu ni connu les soupçons du maître pour qu’il les laisse pratiquer librement cette activité. Et oui, nous avons découvert qu’il y avait des esclaves au Brésil, et ce jusqu’ qu’en 1888 ! (Plus tard que les Etats-Unis). Pour se faire une idée : en 1850, à Rio, sur 250 000 habitants, on comptait 110 000 esclaves noirs ! Ceux-ci se sont retrouvés au Brésil initialement pour la culture de canne à sucre, les Amérindiens étant décimés par les maladies importées par les colons… A leur libération, les esclaves noirs se sont retrouvés sans aucun moyen d’intégration et sont allés grossir ce qui prendrait plus tard le nom de favelas, tout en contribuant largement à façonner la culture et l’identité du Brésil ancrée dans les fêtes, la musique, et la joie de vivre. 

 

A regarder les capoeiristes aujourd’hui, c’est effectivement tout autant une danse spectaculaire et aérienne qu’un art martial, avec également une forte dimension musicale. Pendant que deux partenaires dansent au centre, les autres « lutteurs » forment un cercle humain en chantant et jouant un instrument de musique spécialement conçus pour la Capoeira  : le berimbau. Cet instrument marque le tempo avec un son monotone qui va de la mélancolie à une cadence menaçante. Les deux partenaires enchaînent les figures. L’un s’arrête et cède la place à qui veut en se tapant dans la main. Les places sont échangées. Le combattant peut désormais chanter et jouer de la musique à son tour. En bref, difficile de s’imaginer essayer de les imiter un jour. Déjà, il y a de bonnes grosses chances d’être ridicules à se frotter à la partie combat uniquement mais en plus il faut jouer du berimbau ?!!?? …   

 

Par Kim & Christophe - Publié dans : Brésil 22 Août - 9 Sept. 06
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Dimanche 1 octobre 2006 7 01 /10 /2006 01:40

En gros, là, maintenant, tout de suite, nous sommes censés exécuter une superbe roue. De celles que l’on apprend à faire en école primaire pendant le cours de gymnastique. Ou presque. Hormis que la gym, nous, on n’a pas connu depuis une bonne dizaine d’années. Et qu’ici, dans la salle de capoeira d’Arrial d’Ajuda, il n’y a pas l’ombre d’un tatami. Et pas non plus l’ombre d’un débutant. Du coup, on regarde un peu anxieux les autres élèves du cours, les vrais, enchaîner le plus naturellement du monde, les uns après les autres, ce qui constitue le « salut » en capoeira. Et le « salut » en capoeira consiste à faire la roue, face à son partenaire, tout en ne le quittant jamais des yeux. 

 
 

Autrement dit pour nous, quasi mission impossible. Et nous ne sommes que dans la première demi heure de cours, sur un total d’une heure et demie. Alors qu’arrive dangereusement notre tour, nous pensons bien passer par la fenêtre tout en simulant une violente crise d’épilepsie. Mais nos partenaires sont déjà en position, prêts à nous entraîner dans une série interminable de roues capoeiriennes. On se lance donc en priant très fort pour n’éborgner personne, et nous retrouvons quelques minutes plus tard comme par magie isolés sur le côté avec un professeur particulier, un des élèves du cours réquisitionné sur le vif afin de s’occuper de nos cas apparemment très particuliers.


A quelques centimètres de nous, de l’autre côté d’une ligne tracée à la craie afin de délimiter notre « espace d’apprentissage », le reste de la classe enchaînent leurs figures habituelles, projettent leurs corps dans les airs, jettent leurs jambes le long de leur buste, alternent sauts périlleux et grands écarts latéraux… pendant que nous, au bout d’une heure d’efforts surhumains, en sommes toujours à essayer d’exécuter correctement notre pitoyable roue. Notre professeur semble finir par se faire une raison. Nous n’avons visiblement pas des corps suffisamment élastiques et un sens suffisamment inné de la non gravité pour faire des capoeiristes nés. Pas comme les petits bouts d’hommes que nous avions filmés lors de notre visite dans la Baixada Fluminense , qui eux, à y regarder de plus près, avaient bel et bien leur tête correctement tournée, pas vers le sol, mais le long de leur corps. A l’inverse de nous donc, les deux gros boulets quasi tétraplégiques qui ne figureront malheureusement ô grand jamais au générique d’un film aussi magnifique que « Only the strong »…

 

 

 



Par Kim & Christophe - Publié dans : Brésil 22 Août - 9 Sept. 06
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