Samedi 28 octobre 2006
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34 Heures Chrono – en Bus, nous l’avons fait. De
la Patagonie au Nord Ouest de l’Argentine, dans la cordillère des Andes. Des Pingouins et baleines, aux Cactus et Lamas. Des immensités horizontales de
la Patagonie , aux reliefs extrêmes de
la Cordillère des Andes. Nous partons de Puerto Madryn à 14h et arriverons (normalement, si tout va bien) à 20h le lendemain à Salta à 1200 m d’altitude. Le tout pratiquement sans aucune pause. Initialement, nous pensions naïvement que notre record de durée de voyage serait en avion de Santiago du Chili à Sydney en Australie. Mais non. Pour traverser des pays tels que l’Argentine (5 fois
la France ), ou le Brésil (17 fois
la France ), à moindres frais, c’est-à-dire en bus, le temps peut être long, voir très très long. Et si l’on cumule nos trajets en car sur les 4 premières semaines, nous en sommes déjà à plus de 100 heures ! Alors, 34 heures, se dit-on alors, ça devrait normalement, si tout va bien, sait-on jamais, passer comme une lettre à la poste…
Bon, d’abord on va avoir tout plein de paysages à regarder. On va aussi arriver déjà bien épuisé, après une nuit blanche si possible, et hop, ça remplira déjà 7/8 heures. Et, qui plus est, ce n’est pas tant le mer à boire que ça, avec des cars qui s’avèrent tout de même assez luxueux, avec sièges extra inclinables, repas à bord, toilettes bien sûr (sans papier bien sûr), TV avec lecteur DVD et climatisation. Du coup, c’est qu’on serait presque triste, en fait, une fois le long trajet terminé. Et, l’avantage quand on prend un bonne compagnie, c’est qu’au moins, on en sort vivants. Pas comme avec « El Rapido », une compagnie Argentine ayant récemment fait la une des faits divers. Un chauffeur de cette compagnie, sûrement un peu trop corporate, a du suivre au pied de la lettre le gros nom écrit sur son bus. Doublant à 155 km/heures, en plein virage, il a terminé sa course encastré dans un 33 tonnes, faisant 8 morts, et envoyant le reste des passagers à l’hôpital. Un contrôle a d’ailleurs été fait en septembre 2006, et sur 69 compagnies, 50 ne respectaient pas les normes de sécurité. Les chauffeurs de certaines compagnies dormant environ 4 heures par nuit et travaillant jusqu’à 55 heures par semaine pour booster leur salaire.
Il vaut donc mieux bien se renseigner et ne prendre que les lignes reconnues, en évitant les noms de compagnie du style « Et Rapido », «
La Flecha », ou encore « El Pinguino » (quoique « El Pinguino » ?...). A éviter également, la place du mort en car, à savoir les sièges à l’étage du dessus, à l’avant, qui ne laissent en général aucune chance. En attendant les prochains trajets en car qui devraient être plus « roots » en Bolivie, nous savourons donc le luxe des bus en Argentine. Ca nous changera quand en Inde, il faudra passer par la fenêtre ou le toit, et marcher sur les gens pour se frayer un passage et se jeter sur ce qu’il reste de place dans les trains…
Notre trajet s’est finalement plutôt bien déroulé. Forcément, notre bon gros car étant automatiquement bloqué à 90 km/heure. Certes, on a bien eu une petite panne, ponctuée par un arrêt inopiné, et non annoncé, dans un hangar au beau milieu de nulle part… qui nous a, sur le coup causé, il est vrai, quelques petites inquiétudes (Mais où on est ? Mais qu’est qu’on fait ? Mais pourquoi on va dans ce hangar ? Mais pourquoi y’a rien dans ce hangar ?? Mais pourquoi on est au milieu de nulle part ? Mais qué qui se passe ???... Bon, ok, on aurait pas du regarder « Hostel » la veille – la charmante histoire de 3 touristes américains qui se font en gros découper par des gros psychopathes après un passage bien malencontreux dans une région reculée d’Europe de l’Est). En descendant du bus, on comprend mieux ce qui est arrivé. Un projectile a apparemment entièrement fait voler en éclats une des fenêtres du premier étage du bus. Incident qui portera notre voyage au final à un total de 40 heures ( !!), et nous fera arriver à bien 2 heures du matin à Salta, au Nord de l’Argentine !
Pile poil cela dit pour faire connaissance avec les routards de notre auberge de jeunesse qui nous convaincront, assez facilement avouons-le, de sortir avec eux à peine arrivés, pour une virée au bar, puis à la boite du coin. Il faut dire qu’après quasiment deux jours à ne rien faire, ça fait du bien de se bouger un peu, tant et si bien que nous n’irons nous coucher que bien bien plus tard, alors que le soleil se sera déjà levé, vers 9 heures du matin…
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