Argentine 10 Sept - 8 Oct. 06

Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /2006 00:20

 
Le deuxième jour en Patagonie, nous louons une voiture (ce qui revient en fait moins cher que de passer par les excursions à 200 pesos / personne) pour parcourir la péninsule Valdès, à 200 km, classée Patrimoine mondial de l’Unesco. Au programme, des paysages, magnifiques tellement ils sont vides, s’étendent à perte de vue, peuplés uniquement de quelques lamas et moutons, et bordé par la mer. Les nuages dessinent les contours du ciel sur un horizon infini. Et également une faune marine variée et inattendue avec : des baleines, des lions de mer, encore nos amis les pingouins (mais beaucoup moins nombreux), et des phoques. Les baleines sont visibles de la plage. A quelques mètres du bord, elles se retournent, agitent leurs ailerons, crachent de l’eau…


Pour voir ces énormes mammifères de plus près, nous montons à bord d’un petit bateau. C’est la période où les baleines surveillent leurs petits fraîchement nés, d’où de nombreux duos entre la baleine et le « petit » baleineau avançant côte à côte. Nous avons le droit au show intégral : sauts, nageoire latérale droite levée, nageoire latérale gauche qui s’agite hors de l’eau, plongeons avec la queue levée vers le ciel. Presque comme au cirque. Ca en deviendrait louche si nous ne pouvions pas les voir de très très près et s’assurer que, oui, ce sont bien des vrais mammifères de 40 tonnes. Les baleines se nourrissent de 400 kg de poissons par jour (et grandissent en moyenne de 3,5 cm par jour !). Mais ça ne les empêche pas de sauter hors de l’eau à plusieurs mètres… 

 

Les paysages et le froid, en fin de journée, sont à couper le souffle. En repartant sur les chemins de terre, nous croisons un cavalier galopant au soleil couchant, sûrement pour vérifier que personne ne repart avec un pingouin dans son sac. Snif Snif, tant pis…

 

Par Kim & Christophe - Publié dans : Argentine 10 Sept - 8 Oct. 06
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Samedi 28 octobre 2006 6 28 /10 /2006 00:47

  
34 Heures Chrono – en Bus, nous l’avons fait. De la Patagonie au Nord Ouest de l’Argentine, dans la cordillère des Andes. Des Pingouins et baleines, aux Cactus et Lamas. Des immensités horizontales de la Patagonie , aux reliefs extrêmes de la Cordillère des Andes. Nous partons de Puerto Madryn à 14h et arriverons (normalement, si tout va bien) à 20h le lendemain à Salta à 1200 m d’altitude. Le tout pratiquement sans aucune pause. Initialement, nous pensions naïvement que notre record de durée de voyage serait en avion de Santiago du Chili à Sydney en Australie. Mais non. Pour traverser des pays tels que l’Argentine (5 fois la France ), ou le Brésil (17 fois la France ), à moindres frais, c’est-à-dire en bus, le temps peut être long, voir très très long. Et si l’on cumule nos trajets en car sur les 4 premières semaines, nous en sommes déjà à plus de 100 heures ! Alors, 34 heures, se dit-on alors, ça devrait normalement, si tout va bien, sait-on jamais, passer comme une lettre à la poste… 

 

 

 

Bon, d’abord on va avoir tout plein de paysages à regarder. On va aussi arriver déjà bien épuisé, après une nuit blanche si possible, et hop, ça remplira déjà 7/8 heures. Et, qui plus est, ce n’est pas tant le mer à boire que ça, avec des cars qui s’avèrent tout de même assez luxueux, avec sièges extra inclinables, repas à bord, toilettes bien sûr (sans papier bien sûr), TV avec lecteur DVD et climatisation. Du coup, c’est qu’on serait presque triste, en fait, une fois le long trajet terminé. Et, l’avantage quand on prend un bonne compagnie, c’est qu’au moins, on en sort vivants. Pas comme avec « El Rapido », une compagnie Argentine ayant récemment fait la une des faits divers. Un chauffeur de cette compagnie, sûrement un peu trop corporate, a du suivre au pied de la lettre le gros nom écrit sur son bus. Doublant à 155 km/heures, en plein virage, il a terminé sa course encastré dans un 33 tonnes, faisant 8 morts, et envoyant le reste des passagers à l’hôpital. Un contrôle a d’ailleurs été fait en septembre 2006, et sur 69 compagnies, 50 ne respectaient pas les normes de sécurité. Les chauffeurs de certaines compagnies dormant environ 4 heures par nuit et travaillant jusqu’à 55 heures par semaine pour booster leur salaire.   

 

Il vaut donc mieux bien se renseigner et ne prendre que les lignes reconnues, en évitant les noms de compagnie du style « Et Rapido », «  La Flecha  », ou encore « El Pinguino » (quoique « El Pinguino » ?...). A éviter également, la place du mort en car, à savoir les sièges à l’étage du dessus, à l’avant, qui ne laissent en général aucune chance. En attendant les prochains trajets en car qui devraient être plus « roots » en Bolivie, nous savourons donc le luxe des bus en Argentine. Ca nous changera quand en Inde, il faudra passer par la fenêtre ou le toit, et marcher sur les gens pour se frayer un passage et se jeter sur ce qu’il reste de place dans les trains…   

 

Notre trajet s’est finalement plutôt bien déroulé. Forcément, notre bon gros car étant automatiquement bloqué à 90 km/heure. Certes, on a bien eu une petite panne, ponctuée par un arrêt inopiné, et non annoncé, dans un hangar au beau milieu de nulle part… qui nous a, sur le coup causé, il est vrai, quelques petites inquiétudes (Mais où on est ? Mais qu’est qu’on fait ? Mais pourquoi on va dans ce hangar ? Mais pourquoi y’a rien dans ce hangar ?? Mais pourquoi on est au milieu de nulle part ? Mais qué qui se passe ???... Bon, ok, on aurait pas du regarder « Hostel » la veille – la charmante histoire de 3 touristes américains qui se font en gros découper par des gros psychopathes après un passage bien malencontreux dans une région reculée d’Europe de l’Est). En descendant du bus, on comprend mieux ce qui est arrivé. Un projectile a apparemment entièrement fait voler en éclats une des fenêtres du premier étage du bus. Incident qui portera notre voyage au final à un total de 40 heures ( !!), et nous fera arriver à bien 2 heures du matin à Salta, au Nord de l’Argentine !  

 

Pile poil cela dit pour faire connaissance avec les routards de notre auberge de jeunesse qui nous convaincront, assez facilement avouons-le, de sortir avec eux à peine arrivés, pour une virée au bar, puis à la boite du coin. Il faut dire qu’après quasiment deux jours à ne rien faire, ça fait du bien de se bouger un peu, tant et si bien que nous n’irons nous coucher que bien bien plus tard, alors que le soleil se sera déjà levé, vers 9 heures du matin… 

 

Par Kim & Christophe - Publié dans : Argentine 10 Sept - 8 Oct. 06
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Vendredi 10 novembre 2006 5 10 /11 /2006 02:22


C’est avec un gros « pivert sur l’épaule » et la bouche quelque peu pâteuse que nous nous levons le lendemain matin. Réveillés par les gargouillis de nos estomacs, et bien décidés à nous refaire une santé après quasiment deux journées de bus non stop sans véritable pause pour manger. Nous prenons donc notre courage et nos estomacs vides à deux mains, enfilons nos tongs, et partons héroïquement en quête d’un restaurant pour déjeuner. Encore inconscients du danger que peut représenter l’entreprise d’une telle aventure, hors de notre lit, dans notre état, à cette heure avancée de l’après-midi (15 heures environ, si nos souvenirs sont bons).  
 

 

 

Mais même dans notre état de coma à demi avancé, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer le changement. Il n’y a pas à dire, les rues de Salta tranchent quelque peu avec le reste de l’Argentine. Nous sommes maintenant dans la Cordillère des Andes, à 1200 mètres d’altitude. Les peaux se sont foncées, les visages sont ridés par le soleil. Ici, l’Europe omniprésente s’efface peu à peu et donne un avant goût des semaines qui nous attendent dans les Andes, de la Bolivie au Pérou. L’architecture coloniale, avec ses églises multicolores en forme de pièce montée, se mêle aux visages indiens. Les étals des marchés commencent à se couvrir de bonnets en laine de Lama, d’écharpes en Alpaga, ainsi que de petits objets en bois de cactus. Le cactus qui fait partie, soit dit en passant, intégrante du mobilier et de l’architecture environnante, servant à fabriquer un peu de tout, des portes aux volets en passant par les abats jours… Du meilleur effet, par ailleurs. 

 

 

Une heure plus tard. Nous nous sommes sustentés. Nous avons vaqué le nez en l’air, la pensée légère. Une fois nos estomacs rassasiés, nous ne prenons pas de risques et repartons illico vers notre hôtel. Cela ne rate pas. Nous n’arrivons plus, mais alors plus du tout, à retrouver notre hôtel, pourtant sensé être à 5 minutes de là, grand maximum. Sommes nous déconcentrés par le dépaysement local, ou avons-nous tout simplement dissous un neurone de trop dans le tord boyau local au cours de la soirée de la veille ? La ville est pourtant découpée en blocs bien propres et carrés. Cela devrait nous faciliter un tantinet la tâche. Mais réveillés comme nous sommes, et aveuglément guidés par nos estomacs affamés humant les bons steaks argentins, nous sommes partis sans aucun plan de la ville, et, de bien entendu, en oubliant totalement de noter le nom de notre hôtel.   

 

 

Nous tournons donc plusieurs dizaines de minutes avant de reconnaître un palmier par ci, un magasin par là, qui nous remettent finalement tant bien que mal sur la piste de notre auberge de jeunesse. Après une bonne heure de marche à arpenter les trois rues qui se battent en duel entre notre logis et le restaurant, Eurêka, nous arrivons à bon port !! C’est décidé, nous ne ferons pas trop d’effort aujourd’hui. Il y a des jours où il ne vaut mieux pas trop insister. Nous avons tout de même pris la peine d’acheter 3 DVDs pour 2 euros sur le chemin, et refermons la porte de notre chambre. En attendant que la forme revienne pour affronter les centaines de kilomètre de pistes qui nous attendent les jours suivants pour visiter la région. 

 

Par Kim & Christophe - Publié dans : Argentine 10 Sept - 8 Oct. 06
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Mardi 14 novembre 2006 2 14 /11 /2006 02:41


Non, non, nous ne sommes pas du tout des gros malades mentaux du voyage. Nous aimons prendre notre temps. Nous poser. Profiter. Tranquillement. Sans s´énerver. En d´autres termes, cultiver le farniente? Mmmm?

 

Fin Septembre 2006. Surlendemain de notre arrivée dans la région montagneuse de Salta, dans le nord de l´Argentine. Il est 11h du matin. Nous sommes réveillés (Sisi), et avalons déjà furieusement les kilomètres au volant de notre Chevrolet « Gol » louée sur le vif auprès du Hertz local. Pas le temps de rigoler. Nous avons la fameuse route normalement rempruntée par le « train dans les nuages » à réduire en poussière avant le coucher du soleil.* Entre routes de montagnes, aqueducs vertigineux posés à 4000 mètres, formations rocheuses quasi martiennes, et vallées peuplées de cactus, vaches, moutons, et autres bêtes parfois mal identifiées par nous, ignares de citadins...

 

Pied au plancher - ou presque, la vitesse maximale autorisée sur les routes de malades que nous prenons alors étant de 50 km/h... -, nous négocions les virages impossibles, les sentiers étriqués, à double sens, parsemés de terre et de pierres, les cols de montagne à 4000 mètres d´altitude, les poids lourds impossibles à dépasser, les nuages de terre soulevés par le moindre véhicule nous barrant inopinément le passage... On n´est pas là pour compter les pâquerettes. Quasi pas le temps de manger. Nous nous arrêtons vite fait au restaurant de l´hôtel - soit dit en passant étonnamment luxueux - de la ville quasi fantôme de San Antonio de los Cobres, et repartons presque aussi tôt sur la route infernale. Qui n´en finit pas.

 

16h. Le soleil entame déjà sa course descendante lorsque nous arrivons dans les fameuses « Salinas » de la région. Une grande étendue de sel, blanchâtre, entourée de quelques habitations de ci de là. Quasi laissées à l´abandon. Un spectacle presque apocalyptique, de ceux qu´on ne voit habituellement qu´au cinéma. Un avant goût des immenses salines que nous verrons quelques semaines plus tard en Bolivie, près de la ville de Uyuni. Avant d´arriver à la fameuse vallée dite « des peintres ». Aux environs de 17h, alors que toute source de lumière a déjà pratiquement disparu de la surface du ciel. Une vallée étonnamment rougeoyante. Curieusement parsemée d´onces de vert, de rayures jaunâtres. Presque irréel. Et là, juste quelques minutes à peine avant que le soleil ne disparaisse pour de bon de l´autre côté des cimes, nous passons devant un minuscule petit village littéralement posé au pied de la vallée. Purmamarca... Note à nous même : revenir ici, éventuellement, si nous avons le temps, pour pouvoir en profiter, beaucoup plus longtemps, et de beaucoup plus près...

 

* Le dit train ayant malheureusement subi un léger ennui technique et ne fonctionnant donc plus, nous n´en saurons malheureusement pas bien plus sur ce mystérieux incident? ?, nous n´avons donc pas eu d´autre choix que de tenter de découvrir les fameux paysages traversés par le fameux «tren» par nous mêmes.

 

Par Kim & Christophe - Publié dans : Argentine 10 Sept - 8 Oct. 06
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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /2006 03:25


Fin Septembre 2006, surlendemain de notre arrivée à Salta. Toujours. La nuit est maintenant belle et bien tombée, et c’est rasséréné que nous nous engageons sur l’autoroute (enfin) qui doit nous ramener plus que tranquillement vers Salta… Fini les routes de montagnes infernales, les abominables jets de pierre, les interminables soulèvements de poussière, les cols de montagne vertigineux, les tournants quasi suicidaires à vision totalement obstruée… Que nous croyons…


Bon, il est vrai, nous aurions dû commencer à nous méfier au moment même où nous avons croisé le regard relativement étonné (amusé ?) de cet agent de police Argentin alors que nous nous apprêtions tout juste à aborder la fameuse route. Bon, il est vrai, nous aurions également dû commencer à nous dire qu’il y avait définitivement quelque chose de pas catholique à l’instant même où nous nous sommes rendus compte que la fameuse « autoroute » n’avait définitivement pas des dimensions tout à fait orthodoxes. Et oui, nous aurions définitivement dû (essayé ?) faire demi tour lorsqu’à plusieurs mètres d’altitude au cœur de la montagne, nous avons commencé à croiser des vaches posées au milieu de la route… (Autrement dit, posées un peu au milieu de nulle part, le côté gauche de la route étant bordé par un ravin, le côté droit par des montagnes. A se demander comment diable elles ont bien pu atterrir là…)

 

 

« Et c’est ainsi qu’ils pénétrèrent dans la quatrième dimension…» Vaches, moutons, lierres grimpantes, descendantes, voies étriquées couvertes de pierres et de terre, n’en demeurant pas moins à double sens. Horreur et damnation, nous nous sommes retrouvés par mégarde sur le même type de route empruntée à l’allée. Alors que la nuit est maintenant totalement tombée. Et qu’il n’y pas l’ombre du début d’un seul éclairage à l’horizon. Nous ne l’apprendrons que plus tard, il existe en fait deux routes (ah ben bravo) pour rejoindre Salta depuis Jujuy. Une autoroute s’étendant effectivement sur 120 km de route toute lisse et asphaltée. Et l’autre, celle de montagne, pratiquement infréquentée une fois la nuit tombée (on se demande bien pourquoi) excepté par des écervelés de touristes tels que nous-mêmes, des psychopathes ou des trafiquants locaux cherchant la très très bonne planque… Bref, pour nous, que du bonheur. Alors que, souligne le guide du Routard, cette route, de jour, vaut vraiment le détour par sa flore particulièrement verdoyante, et sa faune (les vaches et les moutons sortis de la quatrième dimension) qui ponctuent « agréablement » le chemin… (Ben, ça nous fait une belle jambe) Nous prenons donc notre mal en patience, roulons à 30 km/h et décidons le lendemain, dans notre grande folie, de parcourir la seconde boucle, celle de la Quebrada de Cafayate, en deux jours, avec une pause bien méritée en cours de route, à Cafayate donc.

 

 

Par Kim & Christophe - Publié dans : Argentine 10 Sept - 8 Oct. 06
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Lundi 20 novembre 2006 1 20 /11 /2006 01:54


D’après le guide du Routard, l’hôtel « Balcon » pâtirait de mur quelques peu défraîchis, de chambres parfois quelque peu sombres, à la limite du lugubre pourrait-on limite penser… A croire qu’en réalité, ils n’y ont jamais mis les pieds, l’Hostal Balcon nous ayant en réalité surtout offert une chambre tout simplement impeccable et décorée avec peu de moyens mais beaucoup de goût. Les parties communes se sont avérées tout aussi raffinement aménagées, baignées d’une douce lumière tamisée s’échappant de grands abat jours en bois de cactus. Du meilleur effet.

 

 

Sans oublier, qui plus est, les deux magnifiques terrasses, juchées sur le toit de l’Hostal, qui donnent directement sur les montagnes avoisinantes, d’où nous avons siroté une petite bouteille de vin en admirant le coucher du soleil après une journée tout en tranquillité à travers les formations rocheuses érodées par le temps de la Quebrada , marquées par des airs d’Ouest Américain, avec d’immenses rochers rouges plantés dans des étendues arides à perte de vue. Le vent a façonné les roches au fil des siècles pour créer des sculptures géantes qui ponctuent la route et sont signalées par des panneaux : «  La Gorge du Diable » ou encore « l’Amphiteatro ». 


Le lendemain, c’est donc passablement reposés que nous avons entamé la seconde partie de la boucle. Nous prenons la fameuse route 40, qui relie toute l’Argentine depuis la Patagonie et remonte jusqu’à l’extrême Nord du pays, par la Cordillère des Andes. Nous passons par les célèbres vignes de Cachi , traversant de vastes plaines parsemées de milliers de cactus, rencontrant sur notre chemin vaches, veaux, moutons, lamas, et autres hihan… Nous traversons des paysages lunaires, les montagnes alentours ayant un petit air de Crypton (la planète de Superman, pour les non initiés), avec leurs strates de roches inclinées à 45°, soulevées, on imagine, lors de la formation des Andes. Avant de revenir à bon port à Salta, sain et sauf, sans avoir eu à faire sauter la franchise de notre Chevrolet de compétition.


Par Kim & Christophe - Publié dans : Argentine 10 Sept - 8 Oct. 06
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Mardi 21 novembre 2006 2 21 /11 /2006 19:44

 
Histoire de nous remettre de notre mini Camel Trophy dans les Andes, nous décidons de nous installer quelques jours dans un petit village, à environ 150 km au Nord de Salta, à 2200 mètres d’altitude : Purmamarca. Ce village est situé au cœur de la Quebrada de Humachacua, classée Patrimoine Mondial de l’Unesco. On appelle aussi cette vallée « La Vallée des Peintres ». Les montagnes arborent en effet une palette de couleurs irréelles tirant du rouge au gris, vert, jaune, rose, orange, ce qui serait dû, parait-il aux divers minerais recouvrant les montagnes…


 


Purmamarca, le village où nous allons nous installer pour quelques jours, est directement niché au pied de « La Montagne aux sept couleurs », et compte environ 2000 habitants. Un petit havre de paix, qui va nous permettre de recharger les batteries et être en pleine forme avant l’excursion de trois jours qui nous attend du Nord du Chili, à Uyuni en Bolivie, à environ 4000 mètres d’altitude en moyenne, à travers des lagunes volcaniques, le « Désert de Salvador Dali », des geysers, et le plus grand désert de sel au monde : « Le Salar de Uyuni »…

 

« Euh, le bus, il s’arrête bien à Purmamarca ? ». « Si, si, el bus puede parar a La Cruce…». Autrement dit, « Si, si, le bus peut s’arrêter à La Cruce…». La Cruce ? Sûrement un endroit non loin de Purmamarca, d’où nous pourrons prendre un bus ou un taxi pour rejoindre le village. Pensons-nous. 01h du matin. Nous sommes arrivés à « La Cruce », à 5 km de Purmamarca. Et là, comble de l’horreur, nous comprenons assez vite que la Cruce, ce n’est absolument pas, mais alors pas du tout, le nom d’un petit village pas loin de Purmamarca. Ce n’est pas non plus, mais alors pas du tout, un poste de garde. Et encore moins un arrêt de bus d’où nous pourrions éventuellement prendre un autre bus pour rejoindre le village, ou même héler un taxi…. « La Cruce », en Espagnol signifie surtout « croisement ». Comprendre le croisement entre la route venant de Salta, et celle menant à Purmamarca.


 





 

 









Autrement dit, là, maintenant, à 01h du matin, nous sommes tout simplement largués au milieu de nulle part. De bien entendu, il n’y a pas l’ombre d’un éclairage le long de la fameuse route devant mener à Purmamarca, et le chauffeur de bus ne peut vraiment, mais alors vraiment rien pour nous. Absolument aucune, à cette heure avancée de la nuit que nous rencontrions sur le chemin le moindre taxi. Mais comment diable allons-nous faire pour rejoindre Purmamarca, ainsi affublés de nos gros sacs à dos de routard ? Notre chauffeur manque s’étouffer de rire. « Caminando ». « En marchant. » Devant les regards un peu inquiets que nous jetons alors à la route qui se perd dans le noir des montagnes, il cherche tout de même à nous rassurer. « Tranquilo, tranquilo. Media hora caminando. » « C’est tranquille, c’est tranquille, une demi heure de marche », tout au plus. Bien évidemment, cela dépend également de la vitesse à laquelle on marche, nous lâche-t-il avant de nous abandonner au milieu de la nuit, presque noire.


Nous n’avons pas vraiment le choix. Nous nous engageons donc alors que notre bus disparaît à l’horizon, nous laissant seuls face à notre triste sort. Nous marchons depuis 10 minutes, et apprécions presque la balade. Cette nuit, heureusement, la lune est pleine et éclaire les montagnes qui se dressent autour de nous sous un ciel parsemé d’étoiles. Nous nous sentons alors presque seuls au monde. L’instant en deviendrait presque romantique… Jusqu’à ce, au loin, nous commencions à entendre des grognements, alors que nous nous apprêtons à aborder un premier tournant…


 

Une meute de chiens se dresse devant nous, protégeant semble-t-il une demeure située en bordure de route. Ils ne sont visiblement pas attachés, et grognent de plus en plus au fur et à mesure que nous nous approchons. Dans la nuit noire, impossible de savoir s’il s’agit de menaçants pitbulls, ou d’inoffensifs Chihuahuas. Nous décidons donc de nous baisser, et de ramasser, au cas où, deux grosses pierres dans chaque main. Plus que quelques mètres. Les chiens se mettent maintenant à aboyer. Bruyamment. Dangereusement. Ils viennent près de nous. Très près. Nous sentons presque leur souffle sur nos mollets. Nous ne moufetons pas. Ne nous mettons pas à courir. Tentons de garder notre came, et essayons de passer comme si de rien n’était.


02h du matin. C’est épuisé que nous pénétrons enfin dans l’antre de la chambre double qui s’offre à nous devant un gardien un peu éberlué de nous voir toquer à sa porte afin de quémander une chambre, et une bouteille d’eau, à cette heure avancée de la nuit. Nous, pour notre part, nous remercions le ciel d’avoir réussi à garder tous nos mollets. Ainsi que d’avoir réussi à trouver un hôtel à force de tourner en rond dans le village de Purmamarca, que nous avons trouvé totalement endormi. Prêts à une longue nuit récupératrice après tant d’émotions, nous finissons donc par poser nos grosses pierres et tombons dans un profond sommeil, en attendant de découvrir le lendemain le petit village de Purmamarca, en plein jour.

Par Kim & Christophe - Publié dans : Argentine 10 Sept - 8 Oct. 06
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