Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /2006 03:12


Nous sommes en train de lézarder tranquillement au soleil au bord de la plage huppée par excellence de la ville : Leblon. Elle se trouve dans le prolongement d’Ipanema, au Nord de Copacabana. Ce sont toujours les mêmes vagues qui se fracassent à quelques mètres du bord (Ipanema voulant dire en Indien « eau mauvaise et dangereuse », tout s’explique). Autour de nous, toute une horde de nantis, plus ou moins jeunes, plus ou moins riches, déjeunent sous les parasols, bronzent, brandissent leurs téléphones portables flambant neuf, leur appareil photo dernier cri, leurs deux roues rutilants. Rien à voir avec le Rio que nous nous imaginions. Le Rio qu’on nous avait décrit. Celui où il ne faut surtout pas prendre les transports en commun la nuit tombée, où il est conseillé de ne jamais se promener avec plus de quelques billets en poche, jamais de sac apparent, jamais d’objets de valeur, et jamais ô jamais avec ses documents d’identité. Non, ici, c’est un peu la fête du slip. On déguste des gambas et des cocktails ornés de petits parasols colorés. A quelques mètres à peine… d’une favela.


Les "condos" de Leblon

« C’est quoi là bas ? ». Nous sommes tous les deux intrigués. Là bas, à l’horizon, juste à côté de l’hôtel 4 étoiles Sheraton, se trouve toute une série d’adorables petites maisons toutes colorées surplombant la mer depuis leur colline verdoyante. Très certainement ces fameux « condos » dont on nous a parlé, ces immeubles avec supermarché, salle de sport, centre de shopping, crèche etc, tout intégré dans un bloc de béton où choisissent de se terrer les riches de la ville, à l’abri du reste de la populace, et de la pauvreté. Excepté qu’à en croire notre précieux petit guide touristique, il s’agirait plutôt… d’une bonne grosse favela. Et pas n’importe laquelle. La favela la plus importante de toute la communauté de Rio, la favela Rocinha, abritant quelque 127 000 cariocas, pas moins. On est très loin de l’archétype des cités de la banlieue parisienne, située aux fin fonds des retranchements de la ville, à l’abri des regards et des porte-monnaie des touristes, bardés de HLM en béton armé, sans un parc, sans un arbre, sans l’ombre d’un début de bout de verdure. Non, ici, les cités locales ont plutôt vue sur la mer, et côtoient directement la population du 16e.

Les enfants de la Baixada Fluminense

Ceci dit, quelques dizaines de kilomètres plus loin, dans la banlieue Nord de la Baixada Fluminense, où nous irons voir deux crèches de l’association « France Brésil Solidarité » pour notre projet « My Petit Mundo » (voir le reportage en ligne sur le site de TV5 Monde, nous apprendrons que certains gamins de ce quartier n’ont jamais vu la mer. Sans compter qu’ils se retrouveront peut être enrôlés avant dix ans à vendre pour les trafiquants faute de mieux (voir La Cité de Dieu). Un bon gâchis quant on voit le talent et l’énergie des enfants (le film ci-dessous, pris dans les écoles que nous avons visitées pour My Petit Mundo, parle de lui même).

Comme chez soi
Et pourtant, malgré les contradictions, l’insécurité ambiante, Rio attire et donne très vite un sentiment de « chez soi », bordé par d’immense plages au sable blanc et de bonnes grosses collines verdoyantes, la ville vit au rythme de la musique, des fêtes le soir, de la samba, et du foot bien sûr (cf les « graffitis » que l’ont voit partout sur les murs de la ville) tout ça sous le soleil toute l’année – nous sommes en hiver et aujourd’hui, il fait 30 degrés...


 

 

 

 

 

 

Par Kim & Christophe - Publié dans : Brésil 22 Août - 9 Sept. 06
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Commentaires

Bonsoir Kim et Christophe ! Je découvre aujourd’hui votre site qui m’a l’air passionnant et ai décidé de vous suivre chronologiquement dans votre voyage (il me faudra du temps pour tout lire et vous rattraper, excusez-moi par avance si mes éventuels commentaires arrivent sur le tard).


A propos de cet article, j’aimerais vous demandez une précision : il m’avait toujours semblé (depuis la France que je n’ai guère quittée) que les favelas n’étaient rien moins que des bidonvilles, or vous en présentez une image plutôt positive : pouvant être prises pour des « condos », très éloignées de nos HLM, et en opposition avec la banlieue nord de Rio. Est-ce à dire que les favelas sont des « bidonvilles de luxe » ?

Commentaire n°1 posté par AntinoÌs le 10/11/2006 à 22h00

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