Dimanche 1 octobre 2006 7 01 /10 /2006 01:40

En gros, là, maintenant, tout de suite, nous sommes censés exécuter une superbe roue. De celles que l’on apprend à faire en école primaire pendant le cours de gymnastique. Ou presque. Hormis que la gym, nous, on n’a pas connu depuis une bonne dizaine d’années. Et qu’ici, dans la salle de capoeira d’Arrial d’Ajuda, il n’y a pas l’ombre d’un tatami. Et pas non plus l’ombre d’un débutant. Du coup, on regarde un peu anxieux les autres élèves du cours, les vrais, enchaîner le plus naturellement du monde, les uns après les autres, ce qui constitue le « salut » en capoeira. Et le « salut » en capoeira consiste à faire la roue, face à son partenaire, tout en ne le quittant jamais des yeux. 

 
 

Autrement dit pour nous, quasi mission impossible. Et nous ne sommes que dans la première demi heure de cours, sur un total d’une heure et demie. Alors qu’arrive dangereusement notre tour, nous pensons bien passer par la fenêtre tout en simulant une violente crise d’épilepsie. Mais nos partenaires sont déjà en position, prêts à nous entraîner dans une série interminable de roues capoeiriennes. On se lance donc en priant très fort pour n’éborgner personne, et nous retrouvons quelques minutes plus tard comme par magie isolés sur le côté avec un professeur particulier, un des élèves du cours réquisitionné sur le vif afin de s’occuper de nos cas apparemment très particuliers.


A quelques centimètres de nous, de l’autre côté d’une ligne tracée à la craie afin de délimiter notre « espace d’apprentissage », le reste de la classe enchaînent leurs figures habituelles, projettent leurs corps dans les airs, jettent leurs jambes le long de leur buste, alternent sauts périlleux et grands écarts latéraux… pendant que nous, au bout d’une heure d’efforts surhumains, en sommes toujours à essayer d’exécuter correctement notre pitoyable roue. Notre professeur semble finir par se faire une raison. Nous n’avons visiblement pas des corps suffisamment élastiques et un sens suffisamment inné de la non gravité pour faire des capoeiristes nés. Pas comme les petits bouts d’hommes que nous avions filmés lors de notre visite dans la Baixada Fluminense , qui eux, à y regarder de plus près, avaient bel et bien leur tête correctement tournée, pas vers le sol, mais le long de leur corps. A l’inverse de nous donc, les deux gros boulets quasi tétraplégiques qui ne figureront malheureusement ô grand jamais au générique d’un film aussi magnifique que « Only the strong »…

 

 

 



Par Kim & Christophe - Publié dans : Brésil 22 Août - 9 Sept. 06
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