Vendredi 10 novembre 2006 5 10 /11 /2006 02:22


C’est avec un gros « pivert sur l’épaule » et la bouche quelque peu pâteuse que nous nous levons le lendemain matin. Réveillés par les gargouillis de nos estomacs, et bien décidés à nous refaire une santé après quasiment deux journées de bus non stop sans véritable pause pour manger. Nous prenons donc notre courage et nos estomacs vides à deux mains, enfilons nos tongs, et partons héroïquement en quête d’un restaurant pour déjeuner. Encore inconscients du danger que peut représenter l’entreprise d’une telle aventure, hors de notre lit, dans notre état, à cette heure avancée de l’après-midi (15 heures environ, si nos souvenirs sont bons).  
 

 

 

Mais même dans notre état de coma à demi avancé, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer le changement. Il n’y a pas à dire, les rues de Salta tranchent quelque peu avec le reste de l’Argentine. Nous sommes maintenant dans la Cordillère des Andes, à 1200 mètres d’altitude. Les peaux se sont foncées, les visages sont ridés par le soleil. Ici, l’Europe omniprésente s’efface peu à peu et donne un avant goût des semaines qui nous attendent dans les Andes, de la Bolivie au Pérou. L’architecture coloniale, avec ses églises multicolores en forme de pièce montée, se mêle aux visages indiens. Les étals des marchés commencent à se couvrir de bonnets en laine de Lama, d’écharpes en Alpaga, ainsi que de petits objets en bois de cactus. Le cactus qui fait partie, soit dit en passant, intégrante du mobilier et de l’architecture environnante, servant à fabriquer un peu de tout, des portes aux volets en passant par les abats jours… Du meilleur effet, par ailleurs. 

 

 

Une heure plus tard. Nous nous sommes sustentés. Nous avons vaqué le nez en l’air, la pensée légère. Une fois nos estomacs rassasiés, nous ne prenons pas de risques et repartons illico vers notre hôtel. Cela ne rate pas. Nous n’arrivons plus, mais alors plus du tout, à retrouver notre hôtel, pourtant sensé être à 5 minutes de là, grand maximum. Sommes nous déconcentrés par le dépaysement local, ou avons-nous tout simplement dissous un neurone de trop dans le tord boyau local au cours de la soirée de la veille ? La ville est pourtant découpée en blocs bien propres et carrés. Cela devrait nous faciliter un tantinet la tâche. Mais réveillés comme nous sommes, et aveuglément guidés par nos estomacs affamés humant les bons steaks argentins, nous sommes partis sans aucun plan de la ville, et, de bien entendu, en oubliant totalement de noter le nom de notre hôtel.   

 

 

Nous tournons donc plusieurs dizaines de minutes avant de reconnaître un palmier par ci, un magasin par là, qui nous remettent finalement tant bien que mal sur la piste de notre auberge de jeunesse. Après une bonne heure de marche à arpenter les trois rues qui se battent en duel entre notre logis et le restaurant, Eurêka, nous arrivons à bon port !! C’est décidé, nous ne ferons pas trop d’effort aujourd’hui. Il y a des jours où il ne vaut mieux pas trop insister. Nous avons tout de même pris la peine d’acheter 3 DVDs pour 2 euros sur le chemin, et refermons la porte de notre chambre. En attendant que la forme revienne pour affronter les centaines de kilomètre de pistes qui nous attendent les jours suivants pour visiter la région. 

 

Par Kim & Christophe - Publié dans : Argentine 10 Sept - 8 Oct. 06
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