Mardi 21 novembre 2006 2 21 /11 /2006 19:44

 
Histoire de nous remettre de notre mini Camel Trophy dans les Andes, nous décidons de nous installer quelques jours dans un petit village, à environ 150 km au Nord de Salta, à 2200 mètres d’altitude : Purmamarca. Ce village est situé au cœur de la Quebrada de Humachacua, classée Patrimoine Mondial de l’Unesco. On appelle aussi cette vallée « La Vallée des Peintres ». Les montagnes arborent en effet une palette de couleurs irréelles tirant du rouge au gris, vert, jaune, rose, orange, ce qui serait dû, parait-il aux divers minerais recouvrant les montagnes…


 


Purmamarca, le village où nous allons nous installer pour quelques jours, est directement niché au pied de « La Montagne aux sept couleurs », et compte environ 2000 habitants. Un petit havre de paix, qui va nous permettre de recharger les batteries et être en pleine forme avant l’excursion de trois jours qui nous attend du Nord du Chili, à Uyuni en Bolivie, à environ 4000 mètres d’altitude en moyenne, à travers des lagunes volcaniques, le « Désert de Salvador Dali », des geysers, et le plus grand désert de sel au monde : « Le Salar de Uyuni »…

 

« Euh, le bus, il s’arrête bien à Purmamarca ? ». « Si, si, el bus puede parar a La Cruce…». Autrement dit, « Si, si, le bus peut s’arrêter à La Cruce…». La Cruce ? Sûrement un endroit non loin de Purmamarca, d’où nous pourrons prendre un bus ou un taxi pour rejoindre le village. Pensons-nous. 01h du matin. Nous sommes arrivés à « La Cruce », à 5 km de Purmamarca. Et là, comble de l’horreur, nous comprenons assez vite que la Cruce, ce n’est absolument pas, mais alors pas du tout, le nom d’un petit village pas loin de Purmamarca. Ce n’est pas non plus, mais alors pas du tout, un poste de garde. Et encore moins un arrêt de bus d’où nous pourrions éventuellement prendre un autre bus pour rejoindre le village, ou même héler un taxi…. « La Cruce », en Espagnol signifie surtout « croisement ». Comprendre le croisement entre la route venant de Salta, et celle menant à Purmamarca.


 





 

 









Autrement dit, là, maintenant, à 01h du matin, nous sommes tout simplement largués au milieu de nulle part. De bien entendu, il n’y a pas l’ombre d’un éclairage le long de la fameuse route devant mener à Purmamarca, et le chauffeur de bus ne peut vraiment, mais alors vraiment rien pour nous. Absolument aucune, à cette heure avancée de la nuit que nous rencontrions sur le chemin le moindre taxi. Mais comment diable allons-nous faire pour rejoindre Purmamarca, ainsi affublés de nos gros sacs à dos de routard ? Notre chauffeur manque s’étouffer de rire. « Caminando ». « En marchant. » Devant les regards un peu inquiets que nous jetons alors à la route qui se perd dans le noir des montagnes, il cherche tout de même à nous rassurer. « Tranquilo, tranquilo. Media hora caminando. » « C’est tranquille, c’est tranquille, une demi heure de marche », tout au plus. Bien évidemment, cela dépend également de la vitesse à laquelle on marche, nous lâche-t-il avant de nous abandonner au milieu de la nuit, presque noire.


Nous n’avons pas vraiment le choix. Nous nous engageons donc alors que notre bus disparaît à l’horizon, nous laissant seuls face à notre triste sort. Nous marchons depuis 10 minutes, et apprécions presque la balade. Cette nuit, heureusement, la lune est pleine et éclaire les montagnes qui se dressent autour de nous sous un ciel parsemé d’étoiles. Nous nous sentons alors presque seuls au monde. L’instant en deviendrait presque romantique… Jusqu’à ce, au loin, nous commencions à entendre des grognements, alors que nous nous apprêtons à aborder un premier tournant…


 

Une meute de chiens se dresse devant nous, protégeant semble-t-il une demeure située en bordure de route. Ils ne sont visiblement pas attachés, et grognent de plus en plus au fur et à mesure que nous nous approchons. Dans la nuit noire, impossible de savoir s’il s’agit de menaçants pitbulls, ou d’inoffensifs Chihuahuas. Nous décidons donc de nous baisser, et de ramasser, au cas où, deux grosses pierres dans chaque main. Plus que quelques mètres. Les chiens se mettent maintenant à aboyer. Bruyamment. Dangereusement. Ils viennent près de nous. Très près. Nous sentons presque leur souffle sur nos mollets. Nous ne moufetons pas. Ne nous mettons pas à courir. Tentons de garder notre came, et essayons de passer comme si de rien n’était.


02h du matin. C’est épuisé que nous pénétrons enfin dans l’antre de la chambre double qui s’offre à nous devant un gardien un peu éberlué de nous voir toquer à sa porte afin de quémander une chambre, et une bouteille d’eau, à cette heure avancée de la nuit. Nous, pour notre part, nous remercions le ciel d’avoir réussi à garder tous nos mollets. Ainsi que d’avoir réussi à trouver un hôtel à force de tourner en rond dans le village de Purmamarca, que nous avons trouvé totalement endormi. Prêts à une longue nuit récupératrice après tant d’émotions, nous finissons donc par poser nos grosses pierres et tombons dans un profond sommeil, en attendant de découvrir le lendemain le petit village de Purmamarca, en plein jour.

Par Kim & Christophe - Publié dans : Argentine 10 Sept - 8 Oct. 06
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