Jeudi 23 novembre 2006 4 23 /11 /2006 23:52

La pente n’est pourtant pas si terriblement violente. Et pourtant, au bout de quelques pas à peine, nous sommes déjà sur le point de recracher violemment nos poumons directement dans le lagon rouge sang qui s’étend à nos pieds. Nous sommes en Bolivie, dans la région du sud Lipez, au crépuscule de notre première journée d’excursion en jeep, devant nous mener de San Pedro de Atacama, au Chili, au Salar de Uyuni, en Bolivie donc. Une journée d’excursion à peine, et nous nous sentons déjà tels de petits vieillards, incapables de mettre correctement un pied devant l’autre sans recourir à des efforts quasi surhumains. Bienvenue à la Laguna Colorada , juchée à près de 5000 mètres d’altitude (4800 pour être tout à fait exact), pouvant donner lieu, parait-il, à quelques petits problèmes d’acclimatation, parfois…



L’ensemble du voyage ne s’avère effectivement pas de tout repos, entre logements « rudimentaires » (pas de chauffage, pas de salle de bain, pas d’électricité, excepté entre 19h et 22h, pas d’eau chaude, des toilettes en forme de « trous »…), froid glacial la nuit, routes particulièrement chaotiques (donc absolument impossibles à faire autrement qu’en jeep), voire inexistantes la journée (dans le désert du Sud Lipez ou sur le Salar de Uyuni)… Reste que jusque là, nous n’avions effectivement jamais rien vu de pareil… Des lagons aux couleurs irréelles. Un salar d’une blancheur aveuglante s’étendant à perte de vue (aussi grand que la Belgique nous dira-t-on sur quelques 12 000 km2), des Geysers à 4000 mètres d’altitude, des cactus géants de plus de 10 mètres de haut. Des étendues désertiques, sans fin. Sans oublier les multiples lamas croisés tout au long de la route. Ici, rien ne pourra remplacer les photos. Voyez donc plutôt par vous-mêmes.




 

  

Voir la vidéo de la traversée du Sud Lipez.
Voir la vidéo du Salar de Uyuni. 
 

 

A notre arrivée dans la ville d’Uyuni, à l’issue des trois jours de jeep, nous partons découvrir le cimetière de trains, recommandé par les guides. Un tableau apocalyptique de tôle pliée, de wagons et locomotives à vapeur abandonnés au milieu de nulle part, entassés à quelques kilomètres de la ville…


 

 

Nous partons le lendemain matin pour 7 heures de bus, destination Potosi – ville à 4100 mètres d’altitude, classée Patrimoine mondial de l’Unesco, autrefois aussi riche que Londres, ou Paris, grâce à sa mine d’argent, surnommée «  La Bouche de l’Enfer »…
 

Le trajet en bus sera pittoresque. Certes pas autant que les guides pouvaient le laisser prévoir, mais tout de même « exotique » sur une route de terre, dans les montages, avec les bagages sur le toit, une bonne trentaine de gens debout, bien serrés dans le couloir, sous une chaleur étouffante (pas possible d’ouvrir les fenêtres pour éviter la poussière). Alors que nous sommes littéralement trempés de sueur dans notre gros hammam roulant, les Cholitas (Bolivienne en vêtements traditionnels) semblent comme un poisson dans l’eau, malgré leurs 4 ou 5 couches de pulls et de jupes (qui leur donne un petit air de Bibendum avec de longues nattes dans le dos). Nous faisons une pause ou deux pour aller aux « toilettes ». La tradition voulant a priori que l’on urine directement sur l’arrière du car, en prenant soin d’éviter les ordures balancées par la fenêtre des passagers restés à l’intérieur. Pittoresque donc…


 

 

Par Kim & Christophe - Publié dans : Bolivie 9 - 23 Oct. 06
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