Jeudi 30 novembre 2006 4 30 /11 /2006 23:55


Après plus d’un mois en altitude - à minimum 3000 mètres -, nous nous disons qu’une petite descente sur le plancher des vaches ne fera pas de mal à nos organismes fatigués. Nous rêvons d’un endroit où les températures ne feraient pas le yoyo entre la journée et la nuit, et où chaque marche d’escalier ne représenterait pas un effort digne du 400 mètres… A nous les perroquets donc, à nous les singes, les jus de fruits frais pressés, les siestes sur un hamac, les baignades dans les lacs… !! Nous partons vers notre Eldorado… A nous la Jungle  !


Jour 1. Réveil : 5 heures du matin. Nous devons attraper le vol de Cuzco à Puerto Maldonaldo de bon matin pour être d’attaque pour l’excursion qui suivra l’après midi. Nous n’avons pas pris l’avion depuis une éternité mais vu le dilemme qui s’offre à nous ; le choix est vite fait : 20 minutes en avion, ou 24 heures de bus… Les « routes » terrestres étant à priori à la limite du praticable.  

 

Atterrissage dans la jungle : 10 heures du matin. Le SAS s’ouvre. Très vite, nos vêtements se retrouvent collés à notre peau, imprégnés de la chaleur humide et suffocante qui ne nous quittera pas pendant 4 jours. Pas de doute, nous pouvons cocher la case « Chaleur » dans notre programme. Nous allons être servis.


Nous retrouvons notre guide Alberto, 21 ans, extrêmement bavard et très sympathique, qui ne nous lâchera pas d’une semelle pendant notre séjour. Alberto à table avec nous au petit déjeuner, déjeuner, goûter, dîner. Alberto avec nous toute la journée non stop pour nous faire partager son expérience de la jungle. Alberto qui toque à notre porte la matin à 4 heures du matin (si si, quatre heures du matin) pour nous réveiller. Alberto qui nous emmène en excursion le soir pour découvrir la faune nocturne. Nous sommes presque surpris de ne pas trouver un deuxième petit lit d’amis dans notre chambre pour Alberto, ou de ne pas le retrouver sous la douche… Ceci dit, il ne dort pas bien loin, dans la cabane juste à côté.


Une véritable machine de guerre cet Alberto, infatigable, s’immobilisant à chaque cri d’animal (autant dire que dans la jungle, ça ne manque pas) pour sauter sur ses jumelles et repérer un animal caché dans la jungle en général invisible à nos yeux de bons citadins. Et nous décrire ensuite le nom scientifique de l’animal, son nom espagnol et anglais avec à l’appui un manuel avec la photo du dit animal. Une machine.


Notre programme c’est un peu un concentré de Koh Lantah. Pour résumer, en général : lever à l’aube (vers 4 heures, ou 5 heures, si on est chanceux), trek dans la jungle toute la matinée (matinée, qui -inutile de le dire, va être longue, vu le réveil), déjeuner avec Alberto. Puis au menu pour l’après midi : soit un autre trek dans la jungle de 10 km, soit une traversée en pirogue à la rame sur plusieurs km, soit l’escalade d’une passerelle de bois suspendue à 35 mètres de haut, entre deux arbres, pour atteindre la cime de « l’arbre de coton » (effectivement, nous vérifions : des petites boules coton sont suspendues à ses branches), et admirer la vue panoramique sur la jungle environnante. Cime du dit arbre qui atteint tout de même une bonne cinquantaine de mètres, pas mal pour un arbre, et assez impressionnant… Nous redescendons le long de la passerelle inclinée sous un véritable déluge, rendant l’opération quelque peu délicate, surtout lorsque des insectes décident, en plus, de nous piquer les mains (nos seuls appuis sûrs) en même temps... Rassurez vous, nous avons survécu.

(Alberto, en arrière plan, en train de me fouetter pour ramer plus vite)

Mais n’oublions pas que ce petit programme s’effectue systématiquement sous un véritable cagnard. Le seul répit nous étant offert par les quelques pluies tropicales qui nous assomment (littéralement) régulièrement et transforment la jungle en un hammam géant. Malgré le tube de spray anti-moustiques qui va intégralement y passer en quatre jours, nous subissons les assauts répétés des moustiques (plus costauds que leurs cousins européens), fourmis, et autres insectes en tout genre, qui parviennent même à piquer au travers des vêtements.


Je demande par ailleurs à Alberto s’il est normal que mes pieds soient gonflés, et que mes bras soient recouverts de taches rouges… « Mais oui ! Ca fait ça en général aux touristes ou aux gens des « Highlands » » - Charmant... Les gens des « Highlands », c’est en effet ainsi que les Péruviens du « bas » appellent ceux qui vivent dans les montagnes, et qui parlent d’ailleurs en général Quechua. Avant d’être une marque Décathlon, c’était d’abord la langue que parlaient les Indiens et les Incas. Et encore aujourd’hui, que ce soit à Cuzco, ou par exemple à Potosi, en Bolivie, la plupart des habitants parlent Quechua entre eux.


Mais revenons à nos moustiques. Qu’avons-nous vu tout de même en Amazonie ? Tout d’abord, il faut savoir qu’il est difficile d’apercevoir quoi que ce soit, la jungle étant touffue, les animaux décidemment trop sauvages, et notre œil citadin peu exercé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grâce à Alberto, et à force de persévérance (nous reviendrons de certains treks sans avoir vu le moindre animal), nous tomberons tout de même sur nos amis les singes sautant de branches en branches, quelques tarentules, un ou deux boas, toute sortes d’oiseaux (perroquets, faucons etc), un caïman blanc, des tortues, des arbres à chocolat, plein d’insectes bizarres et parfois énormes, et d’innombrables animaux dont nous ne connaissons pas le nom et que bien sûr seul notre guide aperçoit. Il faut dire que c’est parfois un chouia frustrant. Quand nous nous levons à 4 heures du matin pour assister au lever du soleil (pas de bol, le ciel est couvert) et nous dépêchons d’arriver en bateau à 3 heures de notre lodge pour surprendre les perroquets. Paf, un faucon passe par là et tous les perroquets s’envolent. A défaut de voir les perroquets, Alberto se tourne vers nous en disant : « vous avez entendu le cri ? ». Nous, comme d’habitude, répondons : « Lequel ? ». Alberto nous pointe au loin, ce qui est sensé être un tapir. Impossible de distinguer quoi que ce soit même avec les jumelles. Alberto nous montre alors à quelques pas un magnifique petit tas d’excréments : « Si, si ; là, Tapir ».


Notre adieu à la faune de la jungle se fera donc à un petit tas d’excréments… Ca change du zoo où en tournant la tête, on voit d’un coup la savane, les pingouins, une biche, un ours etc... Ceci dit, nous repartons certes épuisés, mais des souvenirs plein la tête et riches d’une expérience que nous ne sommes pas prêts d’oublier.


Le soir, notre avion nous dépose à Cuzco. Nous reprenons directement un bus de nuit pour Arequipa, ville dominée par un volcan et dont les principaux monuments ont été construits avec la lave blanche du dit volcan donnant à cette ville le nom de « cité blanche »…

Voir la vidéo « Welcome to the Jungle ».

  

Par Kim & Christophe - Publié dans : Pérou 24 Oct. - 13 Nov. 06
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