Vendredi 1 décembre 2006 5 01 /12 /2006 01:15

Les Péruviens, ont, semble-t-il, des ressources illimitées en matière d’arnaques pour touristes (l’astucieuse et peu ragoûtante technique du crachas dont nous avons été victimes en Bolivie ayant d’ailleurs été importée du Pérou). Il est vrai que leur pays est véritablement envahi de visiteurs à longueur de temps, et que, vu l’écart de richesses, il est vite tentant d’en profiter… Même si nous n’avions pas du tout eu le même problème dans les pays précédents. A Cuzco particulièrement, qui concentre sûrement le plus de touristes dans le pays, nous sommes abordés à peu près toutes les secondes : « Hola-amigo–hello-my-friend–where-are-you-from-massages?–lunch?–photo-lama?». Tout y passe. Leur répondre « non » est à priori pour eux un encouragement continuer, et à accélérer le débit de leur verbiage commercial jusque à épuisement. Des lamas avec leurs Cholitas (ou l’inverse) posent dans les rues pour être pris en photo moyennant rémunération. Ou encore un Péruvien dans la rue est déguisé en Inca, en costume traditionnel, toujours pour les photos… Dommage. Ca fait un peu trop Disneyland à notre goût, et ne donne pas très envie de s’éterniser dans la ville. Même si le vieux centre vaut vraiment le détour au niveau architectural, il est difficile de le traverser tranquillement.

 

 

Nous partons de Cuzco, un chouia lessivés (dans tous les sens du terme) après l’Amazonie, et assez contents de descendre pour rejoindre une ville plus calme et ensoleillée : Arequipa ! En arrivant à la gare de bus de Cuzco, le soir, après s’être levés héroïquement à 4 heures du matin même pour une expédition dans la jungle, puis un avion… nous apprenons que nos places réservées et payées depuis 5 jours sur la compagnie « Cruz del Sur » pour le bus de nuit se sont mystérieusement volatilisées. On nous propose un autre bus « même service » que nous allons voir. Le bus est plus proche de l’idée que l’on pourrait se faire d’une bonne vieille poubelle roulante et doit coûter sans problème la moitié de notre billet. Nous commençons à sentir sérieusement flairer l’arnaque. Après avoir commencé à hausser le ton, l’employée consent tout d’un coup généreusement à une ristourne de 30% pour nous laisser voyager dans la dite poubelle roulante (qui doit coûter environ encore 20% moins cher), le tout avec son même sourire aimable.

 

 

Nous nous retrouvons donc à expliquons que nous avons déjà payé et réservé nos places cinq jours plus tôt, que nous avons besoin de bien dormir après l’Amazonie, et qu’il faut qu’ils trouvent une solution, le bus « poubelle » n’étant pas possible (nous savons que nous ne dormirons pas une minute). L’heure tourne, le bus va bientôt partir... Nous insistons et rehaussons le ton, et comme par miracle, deux places se libèrent finalement dans le bus que nous avions initialement réservé. Mais nous serons en 2ème classe alors que nous avons payé pour la 1ère classe…

 

 

A nouveau l’employée nous dit grosso modo« Qu’on a déjà de la chance et qu’il faut pas pousser. 2ème et 1ère classe, c’est tout pareil ». Ben voyons, comme c’est pratique. Ca lui fera encore bien 15 euros de bénéfice. Nous demandons à ce qu’elle nous rembourse la différence entre la 1ère et la 2ème classe. Elle fait mine de ne pas comprendre pourquoi. Nous expliquons alors le problème aux chauffeurs de bus, qui nous attendent pour pouvoir démarrer (et tous les clients à l’intérieur avec). Voulant éviter un scandale, la compagnie nous rembourse finalement la différence… Une arnaque simple donc, et plutôt efficace. La plupart des touristes ne sachant pas qu’il y a une énorme différence de service entre les bus « cama » et « semi cama », certaines agences intermédiaires vous mettent dans un autre bus qui coûte deux fois moins cher et se récupèrent l’argent…

 

 



Le bus démarre et nous nous apprêtons à nous assoupir. Mais point de répit. Une hôtesse passe dans le couloir pour distribuer des cartes avec des numéros. Qu’est-ce donc, nous demandons nous ? C’est tout simplement le début d’une partie de Bingo, grande tradition, nous l’apprendrons, dans les bus Péruviens. L’hôtesse brandit un micro, le règle au maximum et débite les numéros, sous l’œil tendu et joueur des Péruviens, attendant fiévreusement de cocher tous leur numéros… Le lendemain matin, nous arrivons à Arequipa, sous un soleil étincelant. Il fait déjà plus chaud qu’à Cuzco, à
2200 mètres. Nous prenons un petit déjeuner sur la place centrale (qui s’appelle bizarrement systématiquement « Plaza de Armas » dans chaque ville péruvienne que nous traversons), avec ses bâtiments en lave blanche reflétant le soleil ; Et nous allons visiter le monastère à quelques pas. C’est en fait véritablement une ville au cœur de la ville, avec des rues, des maisons. On est très loin de l’austérité habituelle d’un monastère, avec ici des couleurs vives – ocre, jaune, bleu pastel etc – qui recouvrent les murs… Un oasis de calme et de sérénité. Enfin…

Par Kim & Christophe - Publié dans : Pérou 24 Oct. - 13 Nov. 06
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