Mardi 24 avril 2007 2 24 /04 /2007 17:47


Apocalypse Now. Allégés de plusieurs litres de sueur suite à notre voyage caniculaire en bateau le long du Mékong, nous larguons les amarres à Phnom Penh. Sans nous douter que nous allons y rester bien plus longtemps que prévu… Notre trajet en bateau, depuis Saigon, d’une durée de trois jours, a été à la fois pittoresque, haut en couleurs et épuisant. Comme tout tour operator asiatique qui se respecte, les activités s’enchaînent tout le long de la journée, non stop. Une ferme à crocodile par ci, une « usine » de galette de riz par là, une plantation de fruits, un temple, un mini trek au coucher du soleil, trois ou quatre bateaux différents pour visiter le Mékong sous toutes ses coutures : de ses canaux bordés d’habitations sur pilotis aux marchés flottants. La dernière partie du trajet en bateau a un petit goût d’ « Apocalypse Now ». Les paysages se déroulent au ralenti, sous une chaleur écrasante et les toussotements du moteur fatigué. C’est l’une des meilleures parties du voyage, les villageois nous accueillant les uns après les autres avec leur plus beau sourire, alors qu’ils sont en train de se « doucher » dans la rivière ou de faire la cuisine… (Voir Les enfants du Mékong).




No Penh – No Game. Les gros incultes que nous sommes n’avions initialement pas prévu de rester plus de deux jours à Phnom Penh, juste le temps nécessaire pour visiter la ville en courant, et rencontrer un orphelinat pour My Petit Mundo. Pour être tout à fait honnêtes, nous nous attendions à une ville sans charme, polluée, agitée. C’est en fait tout l’inverse. Annonçant initialement à notre hôtel que nous resterons deux nuits, nous prolongeons chaque soir pour une nuit de plus, jusqu’à rester une semaine. Quelle a été la révélation qui nous a ouvert les yeux et converti au « phnompenhisme » ? Et bien, c’est un peu grâce à…………… mon ventre. Une bonne vieille tourista me collant au lit les deux premiers jours, et nous amenant à rester plus longtemps, pour récupérer en douceur et apprécier les charmes de la ville.



Phnom Penh – La surprise.
L’architecture de la ville a en fait été bien préservée : le centre est aménagé le long d’un immense fleuve, avec une grande avenue bordée de terrasses d’hôtels et de restaurants, donnant sur la large pelouse couvrant les berges du fleuve. C’est sur cette même pelouse que se retrouvent les habitants en fin de journée et le week-end pour pique-niquer… La ville ne donne pas l’impression d’une capitale, avec ses petites bâtisses, ses avenues aérées et verdoyantes, et surtout son calme ambiant, en comparaison à ses voisines asiatiques. Pas ou peu de klaxons, pas trop de monde sur les routes, les gens sont zens, très souriants, et cherchent le moindre prétexte pour s’amuser et rire. On en oublierait presque que le régime de Pol Pot sévissait encore il n’y a pas si longtemps que cela, alors que les gens ici ont redécouvert le bonheur de vivre, et insufflent une joie extrêmement communicative.



 

Nous passons quelques jours le long du fleuve, visitons des temples, allons dans l’autre quartier touristique de la ville, celui des backpackers, construit autour d’un grand lac bordé de restaurants sur pilotis avec hamacs et flanqué d’une vue absolument imprenable au coucher du soleil… Nous allons également visiter le redouté « S-21 », ancienne école reconvertie en prison sous le régime de Pol Pot, où furent torturés et exécutés plusieurs milliers de « dissidents » au régime des Khmers Rouges. En réalité pour la plupart des innocents victimes de la paranoïa aigue du régime, qui finissaient sous la pression des tortures par dénoncer père et mère, amis, proches, afin d’abréger leurs souffrances...Seuls sept prisonniers en ressortirent vivants. Les photos des prisonniers, prises lors de l’incarcération, sont affichées le long des murs au travers de plusieurs salles au rez de chaussée. Une exposition photo, au dernier étage du S-21, retrace la vie de certains des prisonniers, à partir des témoignages de leurs proches. Une visite qui glace quelque peu le sang, et qui fait d’autant plus apprécier à quel point les Cambodgiens savourent leur bonheur et leur liberté d’aujourd’hui. Pour notre dernier jour à Phnom Penh, nous louons une moto et partons dans la campagne, à une heure de la ville, rencontrer un orphelinat pour My Petit Mundo, où les enfants nous attendant avec plusieurs spectacles de danse et de chant (voir les articles et films sur TV5). Recouverts de poussière à l’aller, un orage éclate au retour, nous laissant un fin vernis de boue sur tout le corps.



Par Kim & Christophe - Publié dans : Cambodge 14 -23 Mars 07
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