Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /2007 16:50

 




Des apparts de folie.
Comment dire… Nous n’avons jamais vu rien de comparable à l’appartement de Santiago et Sylvie, notre petite famille d’accueil à Shanghai. En deux mots, l’appartement de Santiago et Sylvie, c’est un peu comme une double page du magazine Wallpaper, en mieux. Ici, rien ne dépasse d’un cheveu. Le moindre petit objet de déco, meuble, magazine, bout de papier, miette de poussière a manifestement sa place désignée… Et on ne parle pas ici d’un ridicule petit F1 mais d’un appartement doté de trois chambres, d’une terrasse, de deux balcons et deux salles de bain. Quasi de la gnognotte ici, à Shanghai, parait-il. Là où les appartements que l’on ne voit habituellement qu’à la télé, dans les James Bond par exemple, seraient foison sur le marché des expatriés. Du type penthouse sur trois étages accompagné de sa gigantesque baie vitrée panoramique et de son escalier en colimaçon, transparent… Un rêve vivant pour qui aime l’ostentatoire, d’autant que le tout est généralement accompagné de par terres en marbre et autres dorures omniprésentes : c’est qu’en Chine, on aime ce qui brille et ce qui a l’air cher, d’où une décoration généralement, euh, un peu chargée.





En route pour l’école !
8 heures du matin. Nous venons d’entendre la cloche sonner dans l’école primaire qui se situe justement (ô superbe coïncidence quand tu nous tiens) au pied de l’immeuble de Santiago et Sylvie. Nous sautons littéralement du lit, les yeux encore à moitié ouverts et la marque d’oreiller encore imprimée sur la joue gauche, pour ne pas rater le fameux lever de drapeau matinal qui a lieu absolument tous les jours de l’année scolaire. L’ensemble des enfants, parés d’un magnifique petit foulard rouge bien communiste comme il faut, est déjà strictement et presque scientifiquement aligné dans la cour de récréation, en position de salut, alors que le drapeau rouge s’élève lentement au dessus d’eux au rythme d’une sonate de trompette. S’en suit bientôt une séance de gymnastique particulièrement rythmée, que les enfants doivent exécuter tous les jours, du lundi au samedi, sur une chorégraphie, et une musique, qui est apparemment la même dans toute la Chine : les jeunes serveuses de notre hôtel à Pingyao, une petite ville traditionnelle que nous visiterons plus tard entre Xian et Pékin, reconnaîtront instantanément la chorégraphie alors que nous serons en train de visionner les vidéos prises à Shanghai.
Voir les vidéos :

"En route pour l’école!", la vidéo I
"En route pour l’école!", la vidéo II






Le concept du « vieux mais tout neuf ».
A Shanghai, et apparemment dans de nombreuses grandes villes Chinoises, difficile de voir ou d’apercevoir de véritables « vieux quartier », « vieux bâtiments », « vieilles maisons », voire même parfois « vieux temples ». Non, ici, les Chinois ont une logique absolument implacable. Pourquoi conserver des bâtiments qui datent du millénaire dernier, dotés de fondations plus que branlantes et de techniques de construction d’une époque plus que passée lorsque l’on peut tout reconstruire exactement pareil, mais en tout beau tout neuf ? C’est apparemment une question que très peu d’architectes ou d’urbanistes locaux ont dû se poser au vu des nombreux édifices « vieux mais tout neufs » que l’on croisera au cours de nos pérégrinations au sein de l’ancienne capitale de l’opium. Même le « vieux quartier » n’y aura pas réchappé. Et la tendance ne semble pas prête de s’inverser alors que nous passerons à côté de quelques véritables vieux quartiers, entièrement rasés, en attente de renaître de leurs cendres, en tout beau, tout neuf…




Explosion urbaine (et bis repetitae). La Chine serait-elle plongée depuis ces quelques dernières années en plein cœur d’un irrépressible boom économique qui la conduirait à construire à tout va par tranche de plusieurs milliers de kilomètres carrés? A en croire les innombrables cités qui semblent tout droit surgies de nulle part (comprendre ces cités sont encore dépourvues inhabitées mais s’étendent pourtant déjà sur plusieurs kilomètres carrés) que nous apercevrons de Nanning, dans le Sud de la Chine, en passant donc par Shanghai, ou encore Pékin, c’est définitivement l’impression que nous avons alors que nous quitterons l’Empire du milieu quelques semaines plus tard. A croire que la croissance est telle que les promoteurs immobiliers n’ont même plus vraiment besoin de se demander si toutes ces tours seront vraiment occupées en moins de temps qu’il n’en faut pour le penser. De véritables cités fantôme, beaucoup plus proche de décors de cinéma que d’un endroit réellement destiné à être habité, qui génèrent comme un léger sentiment de malaise alors que l’on se demande où peut bien se trouver le prochain être humain que l’on va croiser. Telle la « nouvelle vieille ville » qui vient juste d’apparaître comme par magie juste aux côtés de la jolie Zhouzhuang, à une heure et demie en bus de Shanghai, citée elle belle et bien traditionnelle, située au bord de l’eau et entièrement habitée de maisons d’époque, où a même été tourné la film de Yim Ho, « Pavillon de femmes »…




Par Kim & Christophe - Publié dans : Chine 13 - 20 Fev. et 30 Mai - 20 Juin 07
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