Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /2007 07:03


Un brouillard un brin persistant... Nous approchons lentement en train de Xian, au centre de la Chine, là où se trouve la fameuse « Armée des soldats de Terracotta ». Et une épaisse et jaunâtre couche de fumée vient progressivement de se former depuis une ou deux petites heures déjà, et semble recouvrir l’ensemble de la région que nous sommes en train de traverser. La fumée apparaît même à première vue si épaisse que nous pensons tout d’abord qu’il ne s’agit que de fumées provenant de feux allumés afin de fertiliser les terres environnantes… Mais non, pas du tout, il s’agit apparemment bel et bien d’une couche propre à la région, qui forme également comme un épais et déprimant couvercle au dessus de Xian. Un couvercle qui nous accompagnera d’ailleurs très fidèlement jusqu’à la fin de notre voyage en Chine, de Pingyao, à Pékin… Et dont les limites s’arrêtent très brutalement, et très mystérieusement, dès que l’on sort de la Chine, la vraie (en somme dès que l’on met les pieds à Hong Kong, Macao ou Taiwan*), ou plus simplement, dès que l’on sort du pays (Osaka, Kyoto au Japon)…
* que nous ne faisons que traverser lors d’une escale en avion entre Pékin et Osaka, au Japon



Les soldats de Terracota.
Il était une fois (2200 AV JC) un empereur Chinois (Qin Shi Huang) totalement fou qui décida à l’âge de 13 ans, alors qu’il venait juste d’accéder au trône, de commencer à se constituer une petite armée de rien du tout afin de le protéger lorsqu’il passerait dans l’au-delà… 1974 : un innocent paysan frôle l’attaque cardiaque en découvrant par hasard le tout premier soldat de terre cuite, enfoui à plusieurs mètres sous terre, alors qu’il ne faisait que creuser un tout petit puit d’eau de rien du tout. Les fameux « soldats de Terracotta », ce sont donc aujourd’hui quelques 6000 soldats déterrés autour de la tombe de ce psychopathe de Qin Shi Huang (et d’après les spécialistes, il y en aurait encore bien d’autres…). Des soldats, qui, non content d’arborer des visages tous différents les uns des autres, sont accompagnés de toute une armée de chevaux et autres chars d’assaut, constituant un ensemble immortalisé en position de combat, comme s’ils avaient été figés dans le temps par un mystérieux sortilège, alors qu’ils étaient encore vivants…



Beaucoup de bruit pour…
Alors que nous approchons enfin de la fameuse armée de Terracotta, nous ne pouvons nous empêcher de trépigner un peu. Des centaines d’images nous traversent déjà l’esprit, habitées par cette incroyable et gigantesque armée qui s’apprête à se dévoiler sous nos yeux… Excepté… Excepté que, forcément, l’armée ne se révèle malheureusement plus du tout comme elle devait être il y a quatre millénaires de cela. Non, elle se présenterait même plutôt par  (tous) petits morceaux, abritée sous d’énormes hangars, à l’intérieur de plusieurs bâtiments bien délimités les uns des autres au cœur d’une surface moderne étalée sur plusieurs centaines de mètres carrés, et enveloppée d’une petite couche de magasins pour touristes en tous genres… Les soldats qui plus se révèlent totalement inaccessibles pour nous public, et ne se dévoilent que depuis leur position, ou tout du moins nous le supposons, quasi originale, c'est-à-dire à plusieurs mètres en dessous de nous (nous empêchant du coup et forcément de courir comme des fous entre les rangées de soldats). Du coup… et bien du coup, les soldats ne s’avèrent pas tout à fait aussi impressionnants que l’on pourrait se l’imaginer, tels qu’ils sont actuellement présentés, c’est-à-dire au sein de trois principaux chantiers d’excavations, situés à plusieurs mètres sous terre, encore entourés et séparés par endroits par de gros monceaux de terre. Lorsqu’en plus on se rend compte que deux des trois chantiers sont pratiquement dépourvus de tout soldat, on pourrait presque (on dit bien presque) en arriver à se demander si le détour en vaut vraiment la chandelle… S’il n’y avait pas la petite ville de Pingyao, sur le chemin vers Pékin…



Hé, c’est par là la queue !
Au début on pourrait presque se dire qu’il ne s’agit que de brefs moments d’inattention, ou alors de situations si irrépressiblement urgentes qu’elles demandent impérativement que la plupart des Chinois que nous croisons nous poussent littéralement de leur chemin afin de passer devant nous et toute autre personne assez folle pour véritablement appliquer ici le principe de queue. Cela peu importe évidemment le temps que nous, les autres touristes et rares Chinois dégénérés, avons déjà passé dans cette dite queue. Nous n’avons donc d’autres choix, une fois les premiers moments de surprise passés, que de déployer diverses techniques et autres viles astuces afin d’empêcher nos compatriotes Asiatiques de sauter très prestement et promptement devant nous lorsque nous attendons patiemment et poliment notre tour. Tel rattraper le resquilleur en cours de vol par le col de la chemise et lui montrer du doigt la fin de la queue (moyennement efficace) ou dégainer nos bras et jambes d’un côté et de l’autre des rampes qui délimitent parfois les queues devant les guichets de vente de billets de train et de bus, afin d’empêcher le resquilleur de passer devant, en dessous, ou au dessus de nous (très très efficace).

Par Kim & Christophe - Publié dans : Chine 13 - 20 Fev. et 30 Mai - 20 Juin 07
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