Brésil 22 Août - 9 Sept. 06

Mardi 22 août 2006

Atterrissage à l’aéroport international de Rio de Janeiro. Il n’est pas encore 18h qu’il fait déjà nuit noire. Forcément, ici, au Brésil, à 11 heures de vol, pas moins de notre bonne vieille Gaulle, nous sommes en plein hiver. Excepté qu’ici, même en plein hiver, il fait encore une bonne vingtaine de degrés une fois la nuit tombée. Nous nous débarrassons donc rapidement de nos gros gilets sitôt sortis de l’avion, et sautons prestement dans le taxi spécialement affrété par notre auberge de jeunesse, « Hostal Brazil ». Notre « hostal » se situerait, nous dit-on, dans l’équivalent du Montmartre local. Autrement dit, au milieu d’un petit quartier surplombant le centre de Rio, dans les hauteurs de la ville donc, principalement habité par des artistes et des anciens hippies, si ce n’est qu’il est bordé de quelques petites favelas, en contrebas.


Rio boheme
Nous n’en sommes néanmoins pas moins supposés loger au cœur du coin « bourgeois bohème » par excellence de la ville. En haut d’un des symboles artistiques du quartier : l’escalier Selaron, du nom de l’artiste chilien qui travaille, et retravaille son escalier de mosaïque tout en couleurs, depuis les années 90. Nous le croisons plus tard à plusieurs reprises, en train de dessiner de nouveaux motifs, assis sur les marches tandis que de braves ouvriers défont et refont les mosaïques en plein cagnard. Nous, nous monterons et remonterons les quelques superbes 215 marches qui mènent jusqu’à notre hôtel, tous les jours, voire plusieurs fois par jour. Après nous être refait le fessier une bonne vingtaine de fois (Argghh…), nous craquerons et déciderons d’emprunter le « bonde », l’autre symbole du quartier, le petit tramway jaune qui relie le quartier des affaires, du «Centro », situé tout en bas des collines de Santa Teresa, via le magnifique aqueduc de la « Lapa », à deux pas de chez nous.


Le temps des doutes...
  

Une petite vingtaine de minutes après notre arrivée, quelques doutes nous assaillissent tout de même. Il faut dire que de nuit, la rue menant à notre « hostal » n’a pas grand-chose de Montmartrois. Le « bas » quartier de « Santa Teresa », notre fief pour les quelques jours à venir, aurait même plutôt tendance à nous rappeler ce qui dans notre imaginaire se rapprocherait plutôt d’une « favela ». Les murs sont un tantinet défraîchis. Les constructions environnantes quelque peu sommaires. A part nos deux heureux faciès de « tour mondistes », il n’y a pas le début d’une ombre de touriste. « Voici votre chambre ». Vraiment, vous plaisantez, cela doit être une erreur… sont quelques unes des pensées qui nous traversent spontanément l’esprit. Lumière d’hôpital. Trois lits superposés à notre droite. Deux lits simples que l’on a rassemblés pour l’occasion à notre gauche. Et aucun, mais alors absolument aucun autre meuble dans la pièce qui puisse faire office de quoi que ce soit. Les commentaires des visiteurs également passés par cette auberge de jeunesse, que nous avions préalablement consulté sur Internet, nous repassent alors rapidement en tête. Il nous semblait pourtant bien que la plupart d’entre eux avaient donné une bonne note à l’Hostal Brazil en matière de charme. Mais là, on a beau chercher, on ne voit pas bien pourquoi.

Une bonne affaire...

 

« Vous payez combien votre chambre ? » « 70 reals ». Soit l’équivalent de 13 euros par nuit, par personne. Il faut dire que ça n’aide pas que le real soit passé de 1 euro = 3,5 reals sur le Lonely Planet à 1 euro= 2,7 aujourd’hui. « Ca va, c’est pas cher. Du côté d’Ipanema », c’est-à-dire du côté des belles plages de Rio, « c’est plutôt dans les 120 reals ». Soit 22 euros/pers. Et encore, pour une chambre très rudimentaire, lit-on par la suite dans notre guide touristique. Nous nous serions donc plutôt bien débrouillés (dire que le salaire minimum mensuel d’un « carioca » - habitant de Rio- est autour de 300 reals, ça laisse peu d’argent pour une « Skol » - bière locale » ou une caïpi…). Entre temps, nous avons eu l’occasion de zieuter sur les autres chambres de l’auberge. Et apparemment, nous avons en fait, et de loin, la meilleure chambre de tout l’hostal.

Les avantages de la basse saison

Passer par Rio en basse saison a également définitivement ses avantages. Non seulement nous payons deux fois moins cher qu’en période de carnaval. Qui plus est nous bénéficions d’une salle de bain et d’une grande terrasse, baignée de soleil à l’heure du petit déjeuner, pour nous tous seuls, pendant pratiquement toute la durée du séjour. C’est certain, nous commençons finalement et progressivement à apprécier notre logis. D’autant que nous découvrons vendredi soir une toute autre facette du voisinage. Pratiquement désert le reste de la semaine, il grouille une fois le week-end arrivé de cariocas, de touristes, de musique, de stands en tous genre… Nous le comprenons bien vite : à Rio, il s’agirait bel et bien du quartier par excellence où sortir, manger et danser la samba une fois la dure semaine de labeur achevée. Nous avons même du mal à revenir à l’hostal, situé à 5 minutes à pied, à peine du cœur de toute cette effervescence : l’avenue Mem de Sa. 

 

 

 

 

 

 

 

Par Kim & Christophe
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Mardi 29 août 2006


Nous sommes en train de lézarder tranquillement au soleil au bord de la plage huppée par excellence de la ville : Leblon. Elle se trouve dans le prolongement d’Ipanema, au Nord de Copacabana. Ce sont toujours les mêmes vagues qui se fracassent à quelques mètres du bord (Ipanema voulant dire en Indien « eau mauvaise et dangereuse », tout s’explique). Autour de nous, toute une horde de nantis, plus ou moins jeunes, plus ou moins riches, déjeunent sous les parasols, bronzent, brandissent leurs téléphones portables flambant neuf, leur appareil photo dernier cri, leurs deux roues rutilants. Rien à voir avec le Rio que nous nous imaginions. Le Rio qu’on nous avait décrit. Celui où il ne faut surtout pas prendre les transports en commun la nuit tombée, où il est conseillé de ne jamais se promener avec plus de quelques billets en poche, jamais de sac apparent, jamais d’objets de valeur, et jamais ô jamais avec ses documents d’identité. Non, ici, c’est un peu la fête du slip. On déguste des gambas et des cocktails ornés de petits parasols colorés. A quelques mètres à peine… d’une favela.


Les "condos" de Leblon

« C’est quoi là bas ? ». Nous sommes tous les deux intrigués. Là bas, à l’horizon, juste à côté de l’hôtel 4 étoiles Sheraton, se trouve toute une série d’adorables petites maisons toutes colorées surplombant la mer depuis leur colline verdoyante. Très certainement ces fameux « condos » dont on nous a parlé, ces immeubles avec supermarché, salle de sport, centre de shopping, crèche etc, tout intégré dans un bloc de béton où choisissent de se terrer les riches de la ville, à l’abri du reste de la populace, et de la pauvreté. Excepté qu’à en croire notre précieux petit guide touristique, il s’agirait plutôt… d’une bonne grosse favela. Et pas n’importe laquelle. La favela la plus importante de toute la communauté de Rio, la favela Rocinha, abritant quelque 127 000 cariocas, pas moins. On est très loin de l’archétype des cités de la banlieue parisienne, située aux fin fonds des retranchements de la ville, à l’abri des regards et des porte-monnaie des touristes, bardés de HLM en béton armé, sans un parc, sans un arbre, sans l’ombre d’un début de bout de verdure. Non, ici, les cités locales ont plutôt vue sur la mer, et côtoient directement la population du 16e.

Les enfants de la Baixada Fluminense

Ceci dit, quelques dizaines de kilomètres plus loin, dans la banlieue Nord de la Baixada Fluminense, où nous irons voir deux crèches de l’association « France Brésil Solidarité » pour notre projet « My Petit Mundo » (voir le reportage en ligne sur le site de TV5 Monde, nous apprendrons que certains gamins de ce quartier n’ont jamais vu la mer. Sans compter qu’ils se retrouveront peut être enrôlés avant dix ans à vendre pour les trafiquants faute de mieux (voir La Cité de Dieu). Un bon gâchis quant on voit le talent et l’énergie des enfants (le film ci-dessous, pris dans les écoles que nous avons visitées pour My Petit Mundo, parle de lui même).

Comme chez soi
Et pourtant, malgré les contradictions, l’insécurité ambiante, Rio attire et donne très vite un sentiment de « chez soi », bordé par d’immense plages au sable blanc et de bonnes grosses collines verdoyantes, la ville vit au rythme de la musique, des fêtes le soir, de la samba, et du foot bien sûr (cf les « graffitis » que l’ont voit partout sur les murs de la ville) tout ça sous le soleil toute l’année – nous sommes en hiver et aujourd’hui, il fait 30 degrés...


 

 

 

 

 

 

Par Kim & Christophe
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Mardi 5 septembre 2006


Question pour un champion
 : Avant de dérouler notre parcours du combattant de bon touriste à Rio, un brin de « culture » s’impose. A votre avis, pourquoi la ville s’appelle-t-elle « Rio de Janeiro » (qui signifie « Fleuve de Janvier », alors qu’il n’y a pas de fleuve traversant la ville ?). Alors, alors, qui sait ?...
Il faut en fait remonter à 1500 et des poussières (Janvier 1502 exactement), quand l’intrépide navigateur et aventurier portugais Gaspard de Lemos foula prestement le sol Brésilien pour la toute première fois. Prenant alors la baie de Janeiro pour un gros fleuve, il baptisa la ville « Rio de Janeiro », nom qui restera ainsi immortalisé à jamais… On marque l’histoire ou on ne la marque pas.  

 

Sur nos cinq jours à Rio, qu’avons-nous donc fait ? Hormis la journée passée avec l’association, nous avons alterné visites et plage, avec les passage obligés : Copacabana, le Pain de Sucre, Cristo Redentor, Ipanema, le Jardin botanique etc. en démarrant la journée dès 8/9 heures le matin (13h /14h en France, forcément, autrement, on y serait tout simplement jamais arrivés. Comme quoi, ça a du bon, le décalage horaire !)

 
Copacabana
La célèbre plage de Cobacabana, et ses motifs en forme de vague, avec le crâne chauve du Pain de sucre qui dépasse en arrière plan. C’est joli, comme une carte postale, mais méfiance, nous apprenons que la plage est structurée en « postes », certains constituant le haut lieu de rassemblement des gamins des favelas, alors que d’autres sont réservés aux transsexuels et travestis (avec un gros rainbow flag flottant fièrement au vent, au cas où les gens auraient un doute)… A savoir donc.

Le Pain de Sucre
Le Pain de Sucre, cadre d’une célèbre course poursuite entre James Bond et le célèbre méchant « Requin », dans « Moonraker » (pas le meilleur cru des James Bond certes). Mais pour nous, cette visite restera avant tout dans nos souvenirs comme le lieu où nous nous sommes retrouvés (hic…) à mendier de l’argent au sommet… Pourquoi donc vous direz nous ? Suivant à la lettre les conseils de sécurité des guides touristiques, nous avons laissé au petit matin nos cartes de crédit à l’hôtel et pris juste le nécessaire en cash pour la journée. Sauf que Rio, c’est cher, et le pain de sucre, c’est quasiment un ticket pour le parc Astérix (Ahhhh, le Goudurix…). 
  
 

 

 

 

Nous prenons donc le téléphérique du Pain de Sucre, réalisant trop tard, une fois bien arrivés tout en haut, que nous n’avons plus assez de cash pour prendre les transports en commun. Nous préférons éviter de traverser les rues désertes,  de nuit, avec notre appareil photo tout neuf en poche, la serviette de plage autour du cou. Toute la panoplie pour faire la une des news, rubrique faits divers. Ce serait dommage après avoir investi tout cet argent pour notre tour du monde nous direz vous.


Nos sauveurs!
Entendant un couple de français discuter au sommet du Pain de Sucre, on s’approche donc innocemment. On mendie, pas grand-chose certes. Coup de bol, le couple est très sympa (merci Xavier et Nathalie!), et on en profite pour discuter un bon bout de temps de leur voyage de quatre mois en Amérique du Sud, et prendre quelques bons conseils pour Salavador de Bahia, le Pérou etc. (Désolé d’ailleurs de vous avoir tenu la chandelle pour votre coucher de soleil romantique).

Youhoouuu, nous sommes donc sauvés !!! On ne se fera pas enlever, retirer un rein ou emprunter la moitié des intestins etc. Enfin, pas tout de suite. Il est temps de redescendre, la vue est magnifique, mais le soleil s’est couché, et il fait nuit noire, et ça fraîchit bien la nuit en hiver à Rio, surtout en bermuda et T-shirt.  

 

 

 

 

 

 

Par Kim & Christophe
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Vendredi 8 septembre 2006

 
Passage obligé, la vue est imprenable à 710 mètres de hauteur. On est tout de même pas mal surpris, en le voyant de près, qu’il puisse être aussi visible de tout en bas, depuis les quatre coins de la ville. Ce n’est pas non plus le « Manneken piss » mais 38 mètres (en comptant son gros socle), ce n’est pas non plus la Tour Eiffel. Un peu de chauvinisme au passage, nous apprenons que l'oeuvre est le merveilleux fruit de la collaboration entre un sculpteur français et un architecte brésilien…


Pour partir en beauté, nous enchaînons sur une nuit assez arrosée en caïpirinhas, dans un bar localement réputé pour ses concerts de Samba, le samedi soir. Ce n’est pas une légende, les Brésiliens savent faire la fête. Au petit matin, nous sommes en parfait état (léthargique) pour nos bonnes grosses 4 heures de bus. Direction le sud du Brésil. Point de chute : Paraty! La station balnéaire par excellence au Brésil, nous dit-on. On prépare donc crèmes solaires et maillots de bain, et nous apprêtons à cuire au soleil le long de magnifiques plages de sable fin, bordées par des eaux réputées ultra cristallines...

 

 

 

 

 

Par Kim & Christophe
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Lundi 11 septembre 2006

Paraty: une petite bourgade coloniale bien tranquille, un havre de paix entouré de montagnes touffues, bordé de pas moins de 300 plages et plus d’une soixantaine d’îles. On sait, ça fait rêver. Paraty, un petit coin de paradis, parait-il. C’est bien simple, à côté, Saint Trop’, c’est zéro. Si certains doutent encore, enfonçons le clou : même Tom Cruise y est allé. Ainsi que Mick Jaeger. Pour plus d’infos à ce sujet, les aficionados pourront se reporter à la rubrique « on s’en fout » de Voici.

 

« Bilan cinq jours plus tard ? » 
Et bien, il n’y a pas à dire, c’est calme (vraiment, vraiment (vraiment) très caaaalme). Forcément, on est en basse saison. A part le festival de Cachaça (alcool local particulièrement réputé autour de Paraty et qui constitue la base de la Caïpirina …) pour nous accueillir le premier soir et nous offrir un léger mal de crâne (le meilleur remède pour soigner notre mal de tête de la veille, à Rio, nous prodigueraient nos bons vieux amis anglais), pas grand-chose à faire. L’endroit idéal pour se relaxer, faire du farniente, bouquiner tranquillement, déguster des cocktails le soir… 

 

Sauf que la météo est calamiteuse. Lorsque le vent ne manque pas nous arracher un membre alors que nous essayons de nous échapper de notre (cela dit en passant très confortable) hôtel, nous manquons nous noyer sous les assauts, répétés, des pluies diluviennes tropicales. Pourtant, et non, nous ne sommes pas du tout en saison des pluies. C’est vraiment juste la faute à pas de chance. Et pour le coup, on est passablement bien servis. 

 

Le K-Way et les moufles à la plage
Bref, nous essayons de faire bonne figure envers et contre tout (après tout, nous avons quand même 10 mois devant nous, alors trois jours de soleil de plus ou de moins…), sortons sagement nos pulls, manteaux et grosses écharpes (si si) et nous évadons tout de même de temps à autre de notre chambre, en courant de toute nos forces pour aller manger. Cela n’empêche, entre deux averses, on profite tout de même des paysages – magnifiques, avec une luminosité étonnante, mêlant le gris, l’orange, le jaune et le bleu, au dessus des murs multicolores du village, et des palmiers chahutés par le vent.
 

 
Après deux jours et une brève accalmie, on se lance. Nous prenons un bus (par des petites routes de montagne) pour  découvrir une plage à une cinquantaine de km : Trindade. Magnifique, un panorama exceptionnel, tout comme le froid, lui aussi exceptionnel, nous forçant à nous couvrir avec tout ce qu’on a dans notre sac pour ne pas claquer des dents…
 

 

 

 

 

Par Kim & Christophe
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Jeudi 14 septembre 2006

Alors que nous étions tout de même à deux doigts de trouver le temps long, alléluia, nous tombons sur un petit magasin de location vidéo. En prévision des quelques 50 heures de bus qui nous attendent pour traverser le Brésil, quelques DVDs copiés sur le disque dur de notre ordinateur ne seront pas de trop. Ni une, ni deux, nous nous jetons avidement dans les rayons, et revenons quelques minutes plus tard à la caisse avec une bonne dizaine de DVD sous les bras. Certes, la jeune femme qui enregistre alors notre location du jour nous prend alors très fortement pour des autistes aigus. 

 

 

 

 

Qu'importe, nous assumons parfaitement notre irrémédiable tare et courrons à l'hôtel comme des forcenés afin de pouvoir ripper DVD sur DVD... Avant de revenir le lendemain rendre notre précieux butin, pour en relouer de plus belle, sous l'air totalement consterné des employés du magasin. Pour eux, c'est certain, notre cas est décidément très très grave. Nous tenons tout de même à préciser, pour certains lecteurs qui se sentiraient un tantinet concernés, que nous ne louons bien entendu que des DVDs de « la concurrence », hors Universal donc.  

 

 

 

 

 

 

Par Kim & Christophe
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Lundi 18 septembre 2006

Ca y est. C’est trop tard. Nous allons y rester. Ce n’est pas une exagération. C’est juste la triste réalité à laquelle nous devons bien faire face alors que nous gisons tous deux lamentablement sur nos chaises respectives, incapables de bouger le petit doigt, et encore moins de nous lever afin de nous rouler jusqu’au taxi le plus proche. En un mot, nous sommes au Porcao Flamingo, à Rio, juste en face du pain de sucre. Et nous avons manifestement beaucoup trop mangé…  

 

Ici, on appelle ça la « churrascaria ». En France, ce sera bientôt connu parmi nos proches comme ce qui aura causé notre irrémédiable perte. Il faut dire qu’il n’y a pas idée de nous mettre sous le nez des brochettes de viandes aussi délicieusement succulentes. Moelleuses. Tendres. Fondantes. (Arghhhh…rien qu’à y repenser…) Nous venons pourtant du pays de la gastronomie absolue, le seul endroit au monde - avec peut-être l’Italie -, où la faute de goût culinaire pourrait (devrait ?) être passible de la peine capitale. Et pourtant… (Arghhhh… rien qu’à y repenser, de nouveau…)  

 

Forcément, au début, nous ne nous sommes pas méfiés. Personne, ou presque, ne nous avait vraiment prévenu. C’est donc sans aucune arrière pensée que nous goûtons nos toutes premières brochettes au cours d’une soirée tour du monde comme toutes les autres (héhé), de celles vendues à tous les coins de rue au Brésil par des vendeurs ambulants, à raison de 1,50 à 2 reals la pièce. Plus par souci budgétaire que par souci gustatif à l‘époque. Et c’est là que le piège s’est brutalement refermé sur nous et que nous avons commencé notre irrémédiable descente vers le Porcao Flamingo…  

 

« Chuarrascaria ». De « churrasco ». Ou barbecue en portugais. Le midi. Le soir. En plein milieu de la nuit, alors que nous nous dirigeons pourtant tout droit vers notre hôtel afin d’y trouver un repos bien mérité. Alors que nous avons déjà mangé. Alors que nous ne sommes absolument pas censés remanger. Pas à cette heure de la nuit. Pas à 2 heures du matin. Mais ici, échapper à l’appel de la brochette relève de la quasi mission impossible. Nous résistons presque pendant l’espace de 2 secondes, mais le pouvoir de la « churrascaria » est tout simplement plus fort que nous.  

 

Du coup, tant qu’à faire, tant qu’à céder à l’irrésistible appel de la force « churrascarienne », autant le faire, mais alors bien. Nous passons donc de la simple dégustation sur le recoin d’un banc, en compagnie de tous les chiens errants du quartier, au temple absolu de la « churrascaria », à plus de 100 reals le menu. Le Porcao Flamingo donc, et son fameux buffet à volonté… Bien mal nous en a pris. Ici, on ne multiplie pas les pains mais les morceaux de viande. A l’infini. Jusqu’à ce que mort s’en suive. Ou presque. 

 

Les diaboliques serveurs s’en donnent à cœur joie et nous servent morceaux de viande sur morceaux de viande. Sans répit. Nous avons beau agiter nos petits cartons rouges – rouges pour dire stop, vert pour en redemander, encore – rien n’y fait, les morceaux se déversent sans s’arrêter dans nos assiettes. Nous n’arrivons plus à contrôler la machine infernale et pensons même un instant à prendre nos jambes à nos cous. Mais la force nous rattrape. Et nous restons. Nous dégustons. Et nous gisons, deux heures plus tard, victimes de notre gourmandise, incapables de nous rouler où que ce soit (Arghhhh…) 


Par Kim & Christophe
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