Bolivie 9 - 23 Oct. 06

Jeudi 23 novembre 2006

La pente n’est pourtant pas si terriblement violente. Et pourtant, au bout de quelques pas à peine, nous sommes déjà sur le point de recracher violemment nos poumons directement dans le lagon rouge sang qui s’étend à nos pieds. Nous sommes en Bolivie, dans la région du sud Lipez, au crépuscule de notre première journée d’excursion en jeep, devant nous mener de San Pedro de Atacama, au Chili, au Salar de Uyuni, en Bolivie donc. Une journée d’excursion à peine, et nous nous sentons déjà tels de petits vieillards, incapables de mettre correctement un pied devant l’autre sans recourir à des efforts quasi surhumains. Bienvenue à la Laguna Colorada , juchée à près de 5000 mètres d’altitude (4800 pour être tout à fait exact), pouvant donner lieu, parait-il, à quelques petits problèmes d’acclimatation, parfois…



L’ensemble du voyage ne s’avère effectivement pas de tout repos, entre logements « rudimentaires » (pas de chauffage, pas de salle de bain, pas d’électricité, excepté entre 19h et 22h, pas d’eau chaude, des toilettes en forme de « trous »…), froid glacial la nuit, routes particulièrement chaotiques (donc absolument impossibles à faire autrement qu’en jeep), voire inexistantes la journée (dans le désert du Sud Lipez ou sur le Salar de Uyuni)… Reste que jusque là, nous n’avions effectivement jamais rien vu de pareil… Des lagons aux couleurs irréelles. Un salar d’une blancheur aveuglante s’étendant à perte de vue (aussi grand que la Belgique nous dira-t-on sur quelques 12 000 km2), des Geysers à 4000 mètres d’altitude, des cactus géants de plus de 10 mètres de haut. Des étendues désertiques, sans fin. Sans oublier les multiples lamas croisés tout au long de la route. Ici, rien ne pourra remplacer les photos. Voyez donc plutôt par vous-mêmes.




 

  

Voir la vidéo de la traversée du Sud Lipez.
Voir la vidéo du Salar de Uyuni. 
 

 

A notre arrivée dans la ville d’Uyuni, à l’issue des trois jours de jeep, nous partons découvrir le cimetière de trains, recommandé par les guides. Un tableau apocalyptique de tôle pliée, de wagons et locomotives à vapeur abandonnés au milieu de nulle part, entassés à quelques kilomètres de la ville…


 

 

Nous partons le lendemain matin pour 7 heures de bus, destination Potosi – ville à 4100 mètres d’altitude, classée Patrimoine mondial de l’Unesco, autrefois aussi riche que Londres, ou Paris, grâce à sa mine d’argent, surnommée «  La Bouche de l’Enfer »…
 

Le trajet en bus sera pittoresque. Certes pas autant que les guides pouvaient le laisser prévoir, mais tout de même « exotique » sur une route de terre, dans les montages, avec les bagages sur le toit, une bonne trentaine de gens debout, bien serrés dans le couloir, sous une chaleur étouffante (pas possible d’ouvrir les fenêtres pour éviter la poussière). Alors que nous sommes littéralement trempés de sueur dans notre gros hammam roulant, les Cholitas (Bolivienne en vêtements traditionnels) semblent comme un poisson dans l’eau, malgré leurs 4 ou 5 couches de pulls et de jupes (qui leur donne un petit air de Bibendum avec de longues nattes dans le dos). Nous faisons une pause ou deux pour aller aux « toilettes ». La tradition voulant a priori que l’on urine directement sur l’arrière du car, en prenant soin d’éviter les ordures balancées par la fenêtre des passagers restés à l’intérieur. Pittoresque donc…


 

 

Par Kim & Christophe
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Vendredi 24 novembre 2006

C’est un peu groggy que nous entamons notre descente caqués et bottés au fin fond du gouffre béant qui s’ouvre devant nous. La « bouche du Diable ». Soit les infernales mines de Potosi, et leurs interminables tunnels, au cœur desquels triment encore quotidiennement quelques 7000 mineurs, de tout âge… Nous croisons des gosses âgés d’à peine plus 16 ans. D’autres, de 6 ou 8 ans, venus « accompagner » leurs papas… Ainsi que de veilles dames, assises à l’embouchure des mines, brisant infatigablement des monceaux de pierre, afin d’en extraire le précieux métal.



 












La descente se fait d’abord en douceur. Aucune façade à escalader, aucune paroi abrupte à arpenter. Rien que du plat. Quelques crevasses par ci par là, qu’il convient de contourner sans s’énerver. Mais jusque là, rien de très violent. Nous croisons un mineur, qui travaille dans l’obscurité la plus totale (on ne comprend d’ailleurs pas très bien pourquoi, afin d’économiser la batterie de sa lampe ?) à plusieurs niveaux de profondeur. Plus que quelques minutes, et il pourra introduire le bâton de dynamite entreposé à quelques centimètres de ses pieds dans la cavité qu’il est en train de creuser…


L’air ici est très mal approvisionné en oxygène, et saturé de débris et de dépôts de poussières, dont certaines particulièrement toxiques (il y aurait ici parait-il de l’amiante, lira-t-on plus tard dans notre guide…). Il n’existe toujours pas de matériel moderne susceptible de rendre le labeur des mineurs un tout petit peu moins pénible. Pas de marteau piqueur, de chariot électrique… Tout ou presque se fait encore à la force de la main, ou du dos. Alors que le kilo d’argent ne se vend pas à plus de 2 ou 3 Boliviens (1 euro équivalant à 10 Boliviens)… Il ne faut pas chercher très loin pour comprendre pourquoi l’espérance de vie d’un mineur à Potosi ne dépasse que difficilement les 50 ans. Sans compter ceux, nombreux, qui ne parviendront jamais à cet âge là. Ici, on dit qu’ils sont près de 8 millions à y avoir laissé la vie, depuis l’ouverture des mines, il y a maintenant 400 ans. On dit même qu’il serait possible de construire tout un pont menant de Potosi, en Bolivie, jusqu’à la ville de Madrid, en Espagne, rien qu’avec les os des trépassés…

 

 

Ajoutez à ça le rituel quasi obligé par lequel passent tous les mineurs afin d’honorer le Dieu des mines, « El Tio », qui dispose d’un autel au sein des mines mêmes, et la « Pacha mama », la terre mère, histoire de les protéger dans les profondeurs et leur assurer une extraction fertile. Nous n’y échapperons pas. C’est qu’il s’agit d’une affaire très sérieuse entre ces murs. C’est donc aux pieds d’un Dieu incarné par le Diable* que nous nous voyons quasi contraints forcés de fumer une cigarette en l’honneur du Dieu des mines (merveilleuse expérience pour les non fumeurs…), mâcher des feuilles de coca (un enchantement quand on est à jeûn…), et surtout boire de l’alcool à 96°C (oui, vous avez bien lu, non pas de l’alcool à 90°C mais bel et bien 96°C ! Déjà que nous ne nous doutions absolument pas qu’il était même physiquement possible d’ingurgiter quoi que ce soit au dessus de 50°C ou 60°C…). Avec la cigarette allumée et l’alcool quasi pur, un accident malencontreux serait vite arrivé…

 

 

 

En sachant que nous avons eu le bonne idée de copieusement arroser notre dîner de la veille avec trois comparses francophones rencontrés au cours de l’expédition du Salar de Uyuni, vous pouvez donc aisément imaginer notre joie à l’idée d’exécuter ce merveilleux rituel, dans notre état… Une joie qui atteindra son apogée lorsque, après avoir fumé, mâché nos feuilles de coca et humecté nos lèvres de ce délicieux alcool à 96°C, nous nous retrouvons à devoir commencer à escalader quelques petites parois bien abruptes, avec nos bottes en caoutchouc un tantinet trop grandes pour nous, afin de pouvoir ressortir d’ici… Un pur bonheur avec un grand B. Anne et Mickaël (qui eux avaient pris la sage décision de cuver, euh je veux dire dormir, à l’hôtel) doivent encore rigoler de là où ils sont maintenant (eux aussi sont en tour du monde). Olivier, notre ami Belge, un peu moins. Il était avec nous.

Voir la vidéo « Démo d’explosion à Potosi ».

PS : Rendons hommage au passage à la boutade d’un touriste Belge (rien à voir avec le sus cité Olivier, ami Belge) croisé au départ de l’excursion dans la mine. Alors que nous venons chacun d’enfiler nos costumes de mineurs avec casque, lampe frontale, bottes etc., non sans difficultés vu notre état, le dit touriste Belge nous regarde des pieds à la tête et nous décoche assez fièrement : « On a bonne mine, hein » ?!?...(...)... 

 

 

Par Kim & Christophe
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Samedi 25 novembre 2006


Afin de nous remettre de nos aventures au fin fond des mines de Potosi, nous n’avons rien trouvé de mieux que d’attaquer, quelques jours plus tard, la fameuse « Route de la mort » en mountain bike, entre la Paz et Coroico, également surnommée «The world most dangerous road» (« La route la plus dangereuse du monde »), en compagnie du compère Olivier, notre ami Belge, ainsi que de notre comparse Yannick, tout fraîchement débarqué de Paris la veille (rappelons tout de même dans ces entre faits que l’un d’entre nous, je vous laisse deviner qui, n’a jamais vraiment rien connu d’autre que le vélo de ville de toute sa vie. Et encore…). Autant dire qu’à ce stade là, Anne nous a déjà classé dans la catégorie « psychopathes », tandis que nous nous apprêtons à dévaler notre soixantaine de kilomètres de route infernale, depuis une petite altitude de 4700 mètres… (Principalement de la descente tout du long, heureusement). (Rappelons dans ces entre faits que l’un d’entre nous – Yannick – n’a pas encore tout à fait eu le temps de s’acclimater aux 4000 mètres d’altitude de la Paz , comme il est normalement conseillé de faire dans à peu près tout guide digne de ce nom).


Nous voilà donc, de bon matin, équipés et harnachés de la tête au pied, prêts à entamer notre joyeuse descente sur nos montures équipées de suspension à toute épreuve (suspensions dont nous allons avoir incessamment sous peu très intensément besoin…) Les 20 premiers kilomètres sont tout faits d’asphaltes et de grandes courbes très facilement négociées. Autrement dit, pratiquement les doigts dans le nez, même pour ceux d’entre nous (…) qui n’avaient jamais vraiment vu un vélo tout terrain pour de vrai. Et c’est là, au bout de nos premiers 20 kilomètres, que les choses se corsent. Soit là, au bout de 20 kilomètres donc, que commence la vraie route de la mort…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout de suite, ce n’est plus tout à fait la même chose. La largeur de la route a été réduite de moitié, mais n’en demeure pas moins, comme vous l’aurez maintenant compris comme beaucoup de routes en Amérique du sud, totalement en double sens. L’asphalte fait place à une surface terreuse maculée d’au moins un bon millions de crachas de pierre, d’à peu près toutes les tailles, histoire de rendre la chose un tout petit peu plus aisée. Il n’y a plus la moindre trace de panneau de signalisation (alors que, rappelons le encore une fois, la route qui fait maintenant 3 centimètres et demi toute mouillée est à double sens). Et pour ne rien gâter, un précipice dont on ne voit absolument pas le fond vient d’apparaître comme par magie sur le côté (Vive le mountain bike…).

 


Comme le chose n’est pas encore suffisamment corsée, notre guide (on n’est quand même pas totalement fêlés, on a quand même eu la sagesse de booker cette expédition de malade mental avec une agence digne de ce nom) nous rappelle tout de même de ne pas oublier de nous ranger sur le côté (en descendant de nos vélos pour ne pas tomber dans le vide en cas de faux mouvement) à chaque fois que nous croisons un poids lourd… (AAAhhhhhhh !!!!!!!!!), de ne pas nous laisser trop déconcentrer ni par les chutes d’eau sous lesquelles nous allons passer (…), ni par les animaux qui risquent de nous courser (... … … … ) « Ne regardez pas non plus trop le paysage, sous peine d’en faire vous même rapidement parti, du paysage… » (Youhou…)


« Euh, c’était il y a longtemps le dernier accident ? », demande-t-on tout de même, comme ça, histoire de nous rassurer, un poil. « Samedi dernier, 6 blessés, une trentaine de points de suture. » Plus un petit bus qui serait passé dans le vide le mois dernier, avec à son bord quelques 48 passagers. Glurp. Nous voilà donc partis sur notre quarantaine de kilomètres de route, les freins plus que bien serrés. Nous croisons sur la route des petites croix par ci par là. Inutile de nous préciser de quoi il retourne… A 2 km à l’heure donc, nous descendons, concentrés sur la route, les poids lourds au loin, les agents postés à chaque tournant munis de leur énorme et précieux panneau rouge et vert (rouge pour « ne pas passer, poids lourd en vue », vert pour « passer, rien en vue »), les énormes jets de pierre susceptibles de nous faire légèrement dévier de notre trajectoire à tout moment…
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Voir la vidéo.

Nous traversons également des kilomètres et des kilomètres d’incroyable forêt luxuriante, plongée au milieu d’une mer de nuages. Difficile il est vrai, parfois, de rester tout à fait concentrés sur la route. Au fur et à mesure de la descente, et que la température se réchauffe, nous ôtons nos milliers de couches de vêtements, pour finir en tee shirt et bermudas, tout en bas, là où nous attend une auberge salvatrice, et ses bières fraîches, sa piscine salutaire, ses animaux domestiques d’un genre un peu particulier. Macaques, chimpanzés, ainsi qu’un Basset hound (si si), à moitié endormi à l’ombre d’un grand toit de chaume…

Nous traversons également des kilomètres et des kilomètres d’incroyable forêt luxuriante, plongée au milieu d’une mer de nuages. Difficile il est vrai, parfois, de rester tout à fait concentrés sur la route. Au fur et à mesure de la descente, et que la température se réchauffe, nous ôtons nos milliers de couches de vêtements, pour finir en tee shirt et bermudas, tout en bas, là où nous attend une auberge salvatrice, et ses bières fraîches, sa piscine salutaire, ses animaux domestiques d’un genre un peu particulier. Macaques, chimpanzés, ainsi qu’un Basset hound (si si), à moitié endormi à l’ombre d’un grand toit de chaume…
Par Kim & Christophe
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Dimanche 26 novembre 2006

6h. Arrivée à la Paz , capitale de la Bolivie juchée à quelques 3600 mètres d’altitude ( !), après une nuit quelque peu difficile passée dans un bus infiltré par les courants d’air, un Bolivien (obèse) à moitié allongé sur nous, en compagnie d’un gamin un tantinet récalcitrant qui aura passé une bonne partie de la nuit à pleurer/hurler à gorge déployée... C’est donc en quête de véritables heures de sommeil que nous nous ruons sur l’auberge de jeunesse que nous avons réservé quelques jours plus tôt, à distance, sur Internet. Notre chambre dispose d’une vue plongeante sur la ville, et nous ne pouvons nous empêcher de remarquer, déjà, à cette heure matinale alors que le jour est à peine levé, la structure particulièrement frappante de la capitale bolivienne. Un bon millier de maisonnettes s’entassent absolument partout sur les hauteurs de la ville, qui semble s’étendre à l’infini. Des collines et des collines d’habitations entourent la Paz. Il y en a absolument partout. Il y en a tellement que cela nous arrête net, alors même que nous sommes sur le chemin menant à notre chambre. La visite de la ville, que nous n’envisageons que bien, bien plus tard, dans la journée, promet d’être intéressante, nous disons-nous, alors que nous sombrons dans nos lits respectifs (pas de lit « matrimonial », comprendre lit double, malheureusement), pour ne nous réveiller que bien plus tard, dans l’après-midi. 


« On dit ce soir 19h ? » Nous avons alors comme un moment d’hésitation. Nous nous sommes reposés mais sommes encore épuisés par notre voyage pittoresque en bus. Nous sommes qui plus est, comment dire, un tout petit peu malades. Rencontrer dès le soir même les volontaires de l’association Sport Sans Frontière pour les besoins de My Petit Mundo ne nous apparaît pas, sur le coup, comme la meilleure idée au monde. Mais nous n’avons pas vraiment le choix. Nous n’avons prévu que de rester très peu de temps à la Paz. Nous nous jetons donc dans avec notre nuit difficile et notre mal de ventre dans les rues de la Paz , et traversons une bonne partie de la ville à pied, afin d’effleurer déjà, un peu, l’ambiance de cette ville agitée. Nous ne sommes pas déçus. Nous avons même bien du mal à reconnaître le quartier absolument désert que nous avons découvert un peu plus tôt dans la matinée.


























Les rues sont maintenant bondées. De voitures. De Boliviens. De « cholitas » (ces dames éternellement habillées en costume traditionnel, affublées de leurs dizaines de couches de jupes et de pulls, de leurs petit chapeau melon noir et de leurs incontournables tresses dans le dos). Les « combis » (sorte de petites camionnettes faisant office de bus) s’alignent par dizaines le long des trottoirs. Des rabatteurs, à moitié suspendus à la porte ouverte de leurs combis, hurlent sans relâche les multiples destinations desservies afin d’attirer le chaland. Des milliers d’étals parsèment les trottoirs. Nous essayons tant bien que mal de nous frayer un chemin parmi la foule, tout au long de la rue principale de la Paz. Tout au long de la route, des collines, pratiquement totalement recouvertes d’habitations. Leurs hauteurs sont vertigineuses. Et dissimulent en réalité bien plus qu’on ne croit, tout d’abord. Tout en haut, à près de 4000 mètres, se trouve la ville de l’Alto. En dehors de la Paz donc. Les volontaires de Sport sans frontière nous l’apprendrons : c’est là, tout en haut, qu’habitent les populations les plus pauvres, sur un plateau surplombant la ville. Et c’est tout « en bas », à près de 1000 mètres d’altitude de différence, que se trouvent les quartiers « riches », préférant vivre avec quelques degrés de plus, et abrités du vent, à défaut de bénéficier du panorama. 

 

C’est précisément là, dans l’Alto, que nous nous retrouverons quelques jours plus tard, à l’occasion de notre visite pour My Petit Mundo, auprès des centres où interviennent les volontaires de Sport sans frontière. Une ville extrêmement étonnante, juchée à près de 4000 mètres d’altitude donc. Et pourtant, là haut, dans l’Alto, tout est absolument plat. Impossible de se douter une seule seconde que nous nous trouvons alors à une telle hauteur. Impossible également de deviner que près de 1000 mètres plus bas se trouve une toute autre vie. Une toute autre agitation. Une toute autre population. Qui ne croisent pourtant pratiquement jamais, ou presque, à en croire les volontaires de Sport Sans Frontière.


C’est précisément là, dans l’Alto, que nous nous retrouverons quelques jours plus tard, à l’occasion de notre visite pour My Petit Mundo, auprès des centres où interviennent les volontaires de Sport sans frontière. Une ville extrêmement étonnante, juchée à près de 4000 mètres d’altitude donc. Et pourtant, là haut, dans l’Alto, tout est absolument plat. Impossible de se douter une seule seconde que nous nous trouvons alors à une telle hauteur. Impossible également de deviner que près de 1000 mètres plus bas se trouve une toute autre vie. Une toute autre agitation. Une toute autre population. Qui ne croisent pourtant pratiquement jamais, ou presque, à en croire les volontaires de Sport Sans Frontière...

 

 

 

Par Kim & Christophe
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Lundi 27 novembre 2006

Nous sommes en train de revenir vers notre auberge de jeunesse après avoir passé toute la journée avec les enfants des centres soutenus par Sport Sans Frontière. Nous sommes à cinq minutes à peine, lorsque nous décidons à la dernière minute de faire un crochet par le « marché aux sorcières ». Histoire de finir la journée sur une visite d’un des quartiers clés de la Paz. Pour cela, nous devons donc traverser le marché situé juste en face de l’église San Francisco. Un marché bondé, habité de centaines de stands, et d’une foule plus ou moins bien intentionnée… Lorsqu’un crachas, surgi de nulle part, atterrit brusquement sur le pull de Christophe, et qu’un groupe de petits vieux, dont nous ne nous méfions pas tout d’abord, nous encercle une minute plus tard, nous empêchant totalement de passer. Le temps de nous dégager, et de comprendre ce qu’il vient de se passer, notre appareil Fuji, qui avait à peine 3 mois, et avec lui toutes les photos des enfants prises au cours de la journée, s’est volatilisé dans la nature…

 

 

La technique du crachas (très pittoresque au pays du lama il faut bien le dire), bien mentionnée dans tous les guides, et initialement prévue pour faire diversion immédiatement, a donc été perfectionnée en attaquant désormais une fois que l’on croit le danger passé. Maintenant que les touristes savent qu’il ne faut pas se retourner au moment du crachas et continuer d’avancer, ils interviennent juste après, intervenant par groupe d’au moins 6 personnes… Le reportage pour TV5 monde est a priori à refaire, sans parler de l’assurance à gérer. Un bon moment en perspective.


Après avoir rêvé de retrouver nos pickpockets pour les lyncher, après leur avoir arraché les yeux et tout ce qui va avec, nous n’avons donc pas eu d’autre choix que de prolonger de quelques jours notre merveilleux séjour à la Paz (ô grand bonheur), le temps de récupérer de nouvelles photos pour My Petit Mundo, avec l’aide des volontaires de Sport sans frontière, remplir nos formalités administratives avec la police, avec la très grande aide du propriétaire de notre auberge de jeunesse, qui poussera même la gentillesse jusqu’à nous accompagner jusqu’au poste de police, envoyer le milliard de paperasse nécessaire pour faire jouer la garantie vol de la Fnac... Le temps également de retrouver un nouvel appareil… C’est donc deux jours plus tard que prévu que nous quitterons, avec un très grand soulagement, le grouillement infernal de la Paz , munis de nos toutes nouvelles photos pour My Petit Mundo, ainsi que d’un appareil photo flambant neuf, Canon, après des heures et des heures de chasse dans les hauteurs de La Paz. Autant dire que nos cuisses s’en souviennent encore.

 

 

Par Kim & Christophe
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Mardi 28 novembre 2006



Un peu de Pisco Sour, le cocktail local par excellence. De coucher de soleil. De vue directe sur le lac Titicaca depuis la terrasse d’un café au sein de la petite ville de Copacabana, à la frontière entre la Bolivie et le Pérou. Il ne nous en fallait pas plus pour nous remettre de nos multiples et épuisantes aventures. Ca, et une balade tranquille, sans ascension ni descension dangereuse pour la santé, sur l’Ile du Soleil, surplombant le lac, traversant les montagnes et les forêts d’eucalyptus. Là très exactement où serait né le soleil. Parait-il.

 

 

Même si, il faut bien l’avouer, même du haut de ses 230 kilomètres de long, 97 kilomètres de large, 3820 mètres d’altitude, le fameux, mythique, légendaire, unique, ultime, lac Titicaca ne nous laissera pas une impression tout à fait à la hauteur de sa fabuleuse réputation. Pas, en tous cas, après les incroyables paysages traversés dans le sud Lipez et autour du Salar de Uyuni, en Bolivie. Un peu déçus, mais bien reposés, nous repartons donc tranquillement quelques jours plus tard afin de traverser la frontière en bus vers le Pérou, où nous attend le Machu Picchu, non loin de la ville de Cuzco.


 

Par Kim & Christophe
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