Afin de nous remettre de nos aventures au fin fond des mines de Potosi, nous n’avons rien trouvé de mieux que d’attaquer, quelques jours plus tard, la fameuse « Route de la mort » en mountain bike, entre
la Paz et Coroico, également surnommée «The world most dangerous road» (« La route la plus dangereuse du monde »), en compagnie du compère Olivier, notre ami Belge, ainsi que de notre comparse Yannick, tout fraîchement débarqué de Paris la veille (rappelons tout de même dans ces entre faits que l’un d’entre nous, je vous laisse deviner qui, n’a jamais vraiment rien connu d’autre que le vélo de ville de toute sa vie. Et encore…). Autant dire qu’à ce stade là, Anne nous a déjà classé dans la catégorie « psychopathes », tandis que nous nous apprêtons à dévaler notre soixantaine de kilomètres de route infernale, depuis une petite altitude de 4700 mètres… (Principalement de la descente tout du long, heureusement). (Rappelons dans ces entre faits que l’un d’entre nous – Yannick – n’a pas encore tout à fait eu le temps de s’acclimater aux 4000 mètres d’altitude de
la Paz , comme il est normalement conseillé de faire dans à peu près tout guide digne de ce nom).
Nous voilà donc, de bon matin, équipés et harnachés de la tête au pied, prêts à entamer notre joyeuse descente sur nos montures équipées de suspension à toute épreuve (suspensions dont nous allons avoir incessamment sous peu très intensément besoin…) Les 20 premiers kilomètres sont tout faits d’asphaltes et de grandes courbes très facilement négociées. Autrement dit, pratiquement les doigts dans le nez, même pour ceux d’entre nous (…) qui n’avaient jamais vraiment vu un vélo tout terrain pour de vrai. Et c’est là, au bout de nos premiers 20 kilomètres, que les choses se corsent. Soit là, au bout de 20 kilomètres donc, que commence la vraie route de la mort…
Tout de suite, ce n’est plus tout à fait la même chose. La largeur de la route a été réduite de moitié, mais n’en demeure pas moins, comme vous l’aurez maintenant compris comme beaucoup de routes en Amérique du sud, totalement en double sens. L’asphalte fait place à une surface terreuse maculée d’au moins un bon millions de crachas de pierre, d’à peu près toutes les tailles, histoire de rendre la chose un tout petit peu plus aisée. Il n’y a plus la moindre trace de panneau de signalisation (alors que, rappelons le encore une fois, la route qui fait maintenant 3 centimètres et demi toute mouillée est à double sens). Et pour ne rien gâter, un précipice dont on ne voit absolument pas le fond vient d’apparaître comme par magie sur le côté (Vive le mountain bike…).
Comme le chose n’est pas encore suffisamment corsée, notre guide (on n’est quand même pas totalement fêlés, on a quand même eu la sagesse de booker cette expédition de malade mental avec une agence digne de ce nom) nous rappelle tout de même de ne pas oublier de nous ranger sur le côté (en descendant de nos vélos pour ne pas tomber dans le vide en cas de faux mouvement) à chaque fois que nous croisons un poids lourd… (AAAhhhhhhh !!!!!!!!!), de ne pas nous laisser trop déconcentrer ni par les chutes d’eau sous lesquelles nous allons passer (…), ni par les animaux qui risquent de nous courser (... … … … ) « Ne regardez pas non plus trop le paysage, sous peine d’en faire vous même rapidement parti, du paysage… » (Youhou…)
« Euh, c’était il y a longtemps le dernier accident ? », demande-t-on tout de même, comme ça, histoire de nous rassurer, un poil. « Samedi dernier, 6 blessés, une trentaine de points de suture. » Plus un petit bus qui serait passé dans le vide le mois dernier, avec à son bord quelques 48 passagers. Glurp. Nous voilà donc partis sur notre quarantaine de kilomètres de route, les freins plus que bien serrés. Nous croisons sur la route des petites croix par ci par là. Inutile de nous préciser de quoi il retourne… A 2 km à l’heure donc, nous descendons, concentrés sur la route, les poids lourds au loin, les agents postés à chaque tournant munis de leur énorme et précieux panneau rouge et vert (rouge pour « ne pas passer, poids lourd en vue », vert pour « passer, rien en vue »), les énormes jets de pierre susceptibles de nous faire légèrement dévier de notre trajectoire à tout moment…
Voir la vidéo.
Nous traversons également des kilomètres et des kilomètres d’incroyable forêt luxuriante, plongée au milieu d’une mer de nuages. Difficile il est vrai, parfois, de rester tout à fait concentrés sur la route. Au fur et à mesure de la descente, et que la température se réchauffe, nous ôtons nos milliers de couches de vêtements, pour finir en tee shirt et bermudas, tout en bas, là où nous attend une auberge salvatrice, et ses bières fraîches, sa piscine salutaire, ses animaux domestiques d’un genre un peu particulier. Macaques, chimpanzés, ainsi qu’un Basset hound (si si), à moitié endormi à l’ombre d’un grand toit de chaume…
Nous traversons également des kilomètres et des kilomètres d’incroyable forêt luxuriante, plongée au milieu d’une mer de nuages. Difficile il est vrai, parfois, de rester tout à fait concentrés sur la route. Au fur et à mesure de la descente, et que la température se réchauffe, nous ôtons nos milliers de couches de vêtements, pour finir en tee shirt et bermudas, tout en bas, là où nous attend une auberge salvatrice, et ses bières fraîches, sa piscine salutaire, ses animaux domestiques d’un genre un peu particulier. Macaques, chimpanzés, ainsi qu’un Basset hound (si si), à moitié endormi à l’ombre d’un grand toit de chaume…
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