Le fameux « Inca Trail ». Quatre jours de marche à travers les montagnes et les ruines autrefois traversées par les Incas avant d’arriver pour le lever du soleil « sur » le Machu Picchu (et non pas « dans » le Machu Picchu…) aux « Portes du soleil » (… les fameuses « portes » étant en fait à une heure de marche de la fameuse cité Inca…) le quatrième et dernier jour. Complet jusqu’au 4 Novembre. Pas d’exception possible depuis que la limitation sur l’Inca Trail est passée de 200 permis touristes par jour, 300 en incluant tout le « personnel » accompagnant, guides, porteurs, cuisiniers…etc. Nous décidons donc d’abandonner l’idée et essayons d’envisager une autre alternative.
Heureusement, Anne (du fameux couple « Anne et Mickael, des Français qui ont de la bouteille en terme de voyage et pas qu’en terme de voyage »…), avec qui nous voyageons depuis maintenant bien deux semaines, nous a concocté un itinéraire tout tracé de deux jours devant nous permettre d’arriver par nous-mêmes, comme des grands (et en particulier sans avoir à débourser les exorbitants 380 dollars de l’Inca Trail) tout en haut du Machu Picchu, pour le lever du soleil. Tout de suite, on se dit, ça va être du sérieux. Anne et Mickael ont tout de même survécu à l’abominable trek de 9 jours du Kilimandjaro (dont une nuit de marche de minuit à 8h du matin…) On se prépare donc à un programme passablement sportif, avec levée à 4 heures du matin et 8h à 10h de marche pendant la première journée, au moins…
(Chinchero)
« Alors, on commence par prendre un taxi jusqu’à la ville de Chinchero… » Très vite, nous sommes fixés. Anne vient d’inventer un tout nouveau concept : le « taxi-trek ». Un peu de taxi. Un peu de « trek ». Un peu de taxi. Un peu de « trek »… Jusqu’au train qui nous conduira à la fin de la première journée dans la ville d’Agua Calientes, la ville basée aux pieds même du Machu Picchu. D’où nous repartirons pour 1h30 de marche jusqu’au sommet du Machu Picchu donc. C’est qu’Anne et Mickael en sont tout de même à leur 9e mois de voyage. On comprend qu’ils ne veulent pas vraiment passer leurs dernières semaines à s’épuiser avec des treks impossibles. On ne va pas se plaindre. Nous sommes nous même un peu fatigués après ces dernières journées quelque peu agitées.
(Paysage du Trek entre les ruines de Moray et les Salinas)
Jusqu’à ce que la végétation ne finisse par commencer à s’écarter. Laissant apparaître les premières pierres du site. Au loin. Tout en haut. Alors que les premières lueurs du jour arrivent. Que nous découvrons progressivement les hauteurs avoisinant le Machu Pichu. Et que nous arrivons enfin sur la fameuse cité Inca, bien avant que les hordes de touristes n’envahissent le site, qui se dévoile brutalement à nous au détour d’un sentier, juste après l’entrée officielle, comme tout droit surgi d’un rêve. Il n’y a pas un bruit. Nous sommes loin de toute civilisation. Le soleil n’est pas au rendez-vous, mais le Machu Picchu n’en paraît que plus irréel. Flottant ainsi au milieu de sa nappe de coton. Disparaissant et réapparaissant derrière les vertigineux filets de nuages. Nous sommes tous bouche bée devant un tel spectacle. D’autant plus lorsqu’en nous retournant, nous apercevons tout un troupeau de lamas, totalement immobiles, tous tournés, comme hypnotisés, vers le Machu Picchu.
Reste que, après deux petites heures de marche sans grande difficulté, des ruines de Chinchero - marquant nos premières vraies terrasses Incas, elles réellement impressionnantes en vrai -, en passant par les salinas locales jusqu’au village local de Ollanlaytambo, d’où nous prenons le train pour Agua Calientes, nous devons tout de même nous lever le lendemain matin (enfin « matin », façon de parler…), à 3h30 (et c’est reparti !!!) afin d’arriver à temps pour le lever du soleil au sommet du Machu Picchu, à 5h (le premier bus pour le Machu Picchu ne partant malheureusement d’Agua Calientes qu’à 6h du matin).
C’est donc en plein milieu de la nuit, munis de nos lampes frontales, que nous quittons la ville d’Agua Calientes encore totalement endormie et plongée dans l’obscurité la plus totale, que nous prenons notre courage à deux mains et entamons à pied la montée d’1h30. Une montée qui, nous le découvrirons après une petite quinzaine de minutes de marche, se compose en fait de marches en pierres particulièrement abruptes. Et qui ne s’arrêtent plus, une fois la première quinzaine de minutes de plat passée, jusqu’à l’arrivée, là où nous attend la récompense, la fameuse. Au bout d’une demi heure, nous avons tous les poumons percés, les cuisses en feu. Nous ne sentons plus nos jambes. Nous n’avons plus à respirer. Nous suffoquons sous l’humidité ambiante. Et ceci pendant une heure, d’intense bonheur.
Voir la vidéo du Machu Picchu.
Le soir même de l’ascension du Machu Picchu, nous apprenons la « bonne » nouvelle : l’association « The Hope Foundation » est prête à nous rencontrer pour My Petit Mundo ! Rendez-vous le lendemain matin 8 heures (arrrggghh). Nous allons accompagner le fondateur de l’association pour une fête en l’honneur de son anniversaire dans l’une des 127 écoles qu’il a contribué à construire depuis son arrivée de Hollande (!)… Dans les montagnes, dans un village Quechua à quelques dizaines de kilomètres au dessus de Cuzco. Un moment qui promet d’être exceptionnel, si nous arrivons à nous lever !! Et à bouger nos jambes courbaturées et couvertes de piqûres de sun flies (insectes coriaces qui se sont régalés la veille au Machu Picchu) – piqûres que nous sentirons bien avec le frottement du jean lorsque nous passerons quasiment une heure à danser avec les gens du village. Un moment inoubliable, qui ne nous fera pas regretter le réveil difficile, et le temps passé pour organiser les rendez vous pour notre projet.








© Textes, Images et vidéos Kim Le Quoc et Christophe Deguine
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