Mercredi 6 décembre 2006


Requinqués après notre séjour à Arequipa, nous partons pour Huacachina, un oasis à quelques kilomètres de la côte, entouré de dunes de sables géantes, que l’on peut (tenter de) descendre sur une planche de surf. La vue du haut des dunes est spectaculaire, avec le désert qui s’étend au loin, à perte de vue. La montée est épuisante, chaque pas s’enfonçant dans le sable et nous faisant reculer de plusieurs centimètres. Mais le spectacle d’en haut nous récompense largement. Le vent balaie le sable sur la crête formant une vague transparente se jetant au dessus de la pente. Le parfait moment romantique en couple, avec le soleil qui se couche et les ombres et lumières qui se forment sur les dunes. C’est là qu’un Uruguayen débarque avec sa planche de surf, la tête enturbannée pour se protéger du sable. Tant pis pour le moment romantique…

 


Etant trois sur le sommet, nous engageons la conversation qui dérive vite sur la pratique du sandboard. L’Uruguayen nous explique : « Ce n’est pas bien difficile, il suffit tout simplement d’aller tout droit, en mettant bien son poids en arrière, comme en surf dans la poudreuse, pour aller plus vite ». Un gros bourrin donc, nous disons nous. Une fois le soleil descendu, il est prêt à partir. Rappelons que le bas de la « piste » est notre mur d’hôtel, et que la chute doit faire un peu plus mal que sur de la neige. J’agrippe l’appareil photo, espérant immortaliser LA chute, je mets en position « prise en rafale ».

Grosse déception, pas d’accident gore. Le sable a l’air de vraiment freiner beaucoup sa descente, et la chute n’a pas l’air trop douloureuse. Avec la vue qui surplombe l’oasis et le désert alentour, ça donne, en fait, envie d’essayer… Nous passons la journée du lendemain tranquillement au bord de la piscine. Un perroquet bleu, vert, jaune et rouge (Voir la vidéo où il fait des loopings sur son perchoir) se donne en spectacle. Hurlant à gorges déployées pour qu’on le transporte d’un endroit à un autre, il tourne le dos et s’en va dès que quelqu’un s’approche. Dès qu’un client commence à s’assoupir sur sa serviette, Coco se met à grogner en marmonnant quelque chose qui ressemble vaguement à des jurons. On avait appris, en Amazonie, que ce genre de perroquets coûte environ 1000 dollars. Pas donné pour un perroquet caractériel qui insulte les clients… 

Le jour d’après, nous hésitons à faire une des excursions proposées par l’hôtel. Nous pouvons traverser le désert en buggy mais nous ne le conduirons pas, nous serons à 8 personnes. Quel intérêt se dit-on ? Si ce n’est que l’on a vraiment envie de traverser le désert, et que le buggy pourra nous déposer en haut des pentes pour les descendre en sandboard et nous récupérer en bas. On devrait pouvoir faire au moins 5 grosses descentes… Quand nous réservons l’excursion, la fille de l’accueil de l’hôtel insiste bizarrement sur le fait que le chauffeur est « totally crazy » et que nous ferons la course avec d’autres buggys, pensant sûrement que l’on a peur de s’ennuyer en ne conduisant pas… Il s’en faut de peu pour qu’elle ne nos donne la liste des accidents récents comme argument marketing. Nous nous disons qu’elle en rajoute pour vendre son truc, et tant qu’on peut faire des descentes en sandboard sans se fatiguer, se dit-on… 


Dans la pratique, il s’avère, effectivement, que le chauffeur est un vrai malade mental. C’est maintenant très clair, rien ne semble lui faire peur. Pas plus les dunes dotée d’une pente à 90°C, au moins, du genre de pentes qui ne permettent absolument pas aux roues de notre bon vieux buggy d’adhérer où que ce soit (qui a dit que le sable permettait quelque capacité d’adhésion d’ailleurs ?), que les arêtes du sommet desquelles notre chauffeur psychopathe jette le buggy, nous faisons traverser au passage plusieurs milliers de bonds. Tant et si bien que nous sommes surpris de ne pas nous retourner. Le tout sous les hurlements d’une fille présente avec nous dans le buggy. Heureusement, le buggy a une armature de métal qui l’entoure entièrement. La course à plusieurs buggy donne un air de « Mad Max ». Mais le meilleur moment reste clairement la descente en sandboard. Les sensations n’ont rien à voir avec le surf. Il est très difficile de contrôler la planche dans les virages, et le sable ralentit effectivement beaucoup plus que la neige. Il vaut donc mieux aller plutôt tout droit et profiter du paysage, magnifique qui s’offre à nous en descendant. Un moment magique (Voir la vidéo).

Nous partons le lendemain. Sur le chemin qui nous amènera de Huacachina à Lima (d’où nous décollerons pour quitter le Pérou et nous envoler pour le Chili). Nous nous arrêtons pour visiter les Iles Ballestas, surnommées les « Galapagos du pauvre » (Voir la vidéo). Une énorme concentration d’oiseaux, de phoques, et quelques pingouins qui se sont égarés là !!


 (Suite dans la catégorie Argentine)

 

 

Par Kim & Christophe - Publié dans : Pérou 24 Oct. - 13 Nov. 06
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Vendredi 1 décembre 2006

Les Péruviens, ont, semble-t-il, des ressources illimitées en matière d’arnaques pour touristes (l’astucieuse et peu ragoûtante technique du crachas dont nous avons été victimes en Bolivie ayant d’ailleurs été importée du Pérou). Il est vrai que leur pays est véritablement envahi de visiteurs à longueur de temps, et que, vu l’écart de richesses, il est vite tentant d’en profiter… Même si nous n’avions pas du tout eu le même problème dans les pays précédents. A Cuzco particulièrement, qui concentre sûrement le plus de touristes dans le pays, nous sommes abordés à peu près toutes les secondes : « Hola-amigo–hello-my-friend–where-are-you-from-massages?–lunch?–photo-lama?». Tout y passe. Leur répondre « non » est à priori pour eux un encouragement continuer, et à accélérer le débit de leur verbiage commercial jusque à épuisement. Des lamas avec leurs Cholitas (ou l’inverse) posent dans les rues pour être pris en photo moyennant rémunération. Ou encore un Péruvien dans la rue est déguisé en Inca, en costume traditionnel, toujours pour les photos… Dommage. Ca fait un peu trop Disneyland à notre goût, et ne donne pas très envie de s’éterniser dans la ville. Même si le vieux centre vaut vraiment le détour au niveau architectural, il est difficile de le traverser tranquillement.

 

 

Nous partons de Cuzco, un chouia lessivés (dans tous les sens du terme) après l’Amazonie, et assez contents de descendre pour rejoindre une ville plus calme et ensoleillée : Arequipa ! En arrivant à la gare de bus de Cuzco, le soir, après s’être levés héroïquement à 4 heures du matin même pour une expédition dans la jungle, puis un avion… nous apprenons que nos places réservées et payées depuis 5 jours sur la compagnie « Cruz del Sur » pour le bus de nuit se sont mystérieusement volatilisées. On nous propose un autre bus « même service » que nous allons voir. Le bus est plus proche de l’idée que l’on pourrait se faire d’une bonne vieille poubelle roulante et doit coûter sans problème la moitié de notre billet. Nous commençons à sentir sérieusement flairer l’arnaque. Après avoir commencé à hausser le ton, l’employée consent tout d’un coup généreusement à une ristourne de 30% pour nous laisser voyager dans la dite poubelle roulante (qui doit coûter environ encore 20% moins cher), le tout avec son même sourire aimable.

 

 

Nous nous retrouvons donc à expliquons que nous avons déjà payé et réservé nos places cinq jours plus tôt, que nous avons besoin de bien dormir après l’Amazonie, et qu’il faut qu’ils trouvent une solution, le bus « poubelle » n’étant pas possible (nous savons que nous ne dormirons pas une minute). L’heure tourne, le bus va bientôt partir... Nous insistons et rehaussons le ton, et comme par miracle, deux places se libèrent finalement dans le bus que nous avions initialement réservé. Mais nous serons en 2ème classe alors que nous avons payé pour la 1ère classe…

 

 

A nouveau l’employée nous dit grosso modo« Qu’on a déjà de la chance et qu’il faut pas pousser. 2ème et 1ère classe, c’est tout pareil ». Ben voyons, comme c’est pratique. Ca lui fera encore bien 15 euros de bénéfice. Nous demandons à ce qu’elle nous rembourse la différence entre la 1ère et la 2ème classe. Elle fait mine de ne pas comprendre pourquoi. Nous expliquons alors le problème aux chauffeurs de bus, qui nous attendent pour pouvoir démarrer (et tous les clients à l’intérieur avec). Voulant éviter un scandale, la compagnie nous rembourse finalement la différence… Une arnaque simple donc, et plutôt efficace. La plupart des touristes ne sachant pas qu’il y a une énorme différence de service entre les bus « cama » et « semi cama », certaines agences intermédiaires vous mettent dans un autre bus qui coûte deux fois moins cher et se récupèrent l’argent…

 

 



Le bus démarre et nous nous apprêtons à nous assoupir. Mais point de répit. Une hôtesse passe dans le couloir pour distribuer des cartes avec des numéros. Qu’est-ce donc, nous demandons nous ? C’est tout simplement le début d’une partie de Bingo, grande tradition, nous l’apprendrons, dans les bus Péruviens. L’hôtesse brandit un micro, le règle au maximum et débite les numéros, sous l’œil tendu et joueur des Péruviens, attendant fiévreusement de cocher tous leur numéros… Le lendemain matin, nous arrivons à Arequipa, sous un soleil étincelant. Il fait déjà plus chaud qu’à Cuzco, à
2200 mètres. Nous prenons un petit déjeuner sur la place centrale (qui s’appelle bizarrement systématiquement « Plaza de Armas » dans chaque ville péruvienne que nous traversons), avec ses bâtiments en lave blanche reflétant le soleil ; Et nous allons visiter le monastère à quelques pas. C’est en fait véritablement une ville au cœur de la ville, avec des rues, des maisons. On est très loin de l’austérité habituelle d’un monastère, avec ici des couleurs vives – ocre, jaune, bleu pastel etc – qui recouvrent les murs… Un oasis de calme et de sérénité. Enfin…

Par Kim & Christophe - Publié dans : Pérou 24 Oct. - 13 Nov. 06
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Jeudi 30 novembre 2006


Après plus d’un mois en altitude - à minimum 3000 mètres -, nous nous disons qu’une petite descente sur le plancher des vaches ne fera pas de mal à nos organismes fatigués. Nous rêvons d’un endroit où les températures ne feraient pas le yoyo entre la journée et la nuit, et où chaque marche d’escalier ne représenterait pas un effort digne du 400 mètres… A nous les perroquets donc, à nous les singes, les jus de fruits frais pressés, les siestes sur un hamac, les baignades dans les lacs… !! Nous partons vers notre Eldorado… A nous la Jungle  !


Jour 1. Réveil : 5 heures du matin. Nous devons attraper le vol de Cuzco à Puerto Maldonaldo de bon matin pour être d’attaque pour l’excursion qui suivra l’après midi. Nous n’avons pas pris l’avion depuis une éternité mais vu le dilemme qui s’offre à nous ; le choix est vite fait : 20 minutes en avion, ou 24 heures de bus… Les « routes » terrestres étant à priori à la limite du praticable.  

 

Atterrissage dans la jungle : 10 heures du matin. Le SAS s’ouvre. Très vite, nos vêtements se retrouvent collés à notre peau, imprégnés de la chaleur humide et suffocante qui ne nous quittera pas pendant 4 jours. Pas de doute, nous pouvons cocher la case « Chaleur » dans notre programme. Nous allons être servis.


Nous retrouvons notre guide Alberto, 21 ans, extrêmement bavard et très sympathique, qui ne nous lâchera pas d’une semelle pendant notre séjour. Alberto à table avec nous au petit déjeuner, déjeuner, goûter, dîner. Alberto avec nous toute la journée non stop pour nous faire partager son expérience de la jungle. Alberto qui toque à notre porte la matin à 4 heures du matin (si si, quatre heures du matin) pour nous réveiller. Alberto qui nous emmène en excursion le soir pour découvrir la faune nocturne. Nous sommes presque surpris de ne pas trouver un deuxième petit lit d’amis dans notre chambre pour Alberto, ou de ne pas le retrouver sous la douche… Ceci dit, il ne dort pas bien loin, dans la cabane juste à côté.


Une véritable machine de guerre cet Alberto, infatigable, s’immobilisant à chaque cri d’animal (autant dire que dans la jungle, ça ne manque pas) pour sauter sur ses jumelles et repérer un animal caché dans la jungle en général invisible à nos yeux de bons citadins. Et nous décrire ensuite le nom scientifique de l’animal, son nom espagnol et anglais avec à l’appui un manuel avec la photo du dit animal. Une machine.


Notre programme c’est un peu un concentré de Koh Lantah. Pour résumer, en général : lever à l’aube (vers 4 heures, ou 5 heures, si on est chanceux), trek dans la jungle toute la matinée (matinée, qui -inutile de le dire, va être longue, vu le réveil), déjeuner avec Alberto. Puis au menu pour l’après midi : soit un autre trek dans la jungle de 10 km, soit une traversée en pirogue à la rame sur plusieurs km, soit l’escalade d’une passerelle de bois suspendue à 35 mètres de haut, entre deux arbres, pour atteindre la cime de « l’arbre de coton » (effectivement, nous vérifions : des petites boules coton sont suspendues à ses branches), et admirer la vue panoramique sur la jungle environnante. Cime du dit arbre qui atteint tout de même une bonne cinquantaine de mètres, pas mal pour un arbre, et assez impressionnant… Nous redescendons le long de la passerelle inclinée sous un véritable déluge, rendant l’opération quelque peu délicate, surtout lorsque des insectes décident, en plus, de nous piquer les mains (nos seuls appuis sûrs) en même temps... Rassurez vous, nous avons survécu.

(Alberto, en arrière plan, en train de me fouetter pour ramer plus vite)

Mais n’oublions pas que ce petit programme s’effectue systématiquement sous un véritable cagnard. Le seul répit nous étant offert par les quelques pluies tropicales qui nous assomment (littéralement) régulièrement et transforment la jungle en un hammam géant. Malgré le tube de spray anti-moustiques qui va intégralement y passer en quatre jours, nous subissons les assauts répétés des moustiques (plus costauds que leurs cousins européens), fourmis, et autres insectes en tout genre, qui parviennent même à piquer au travers des vêtements.


Je demande par ailleurs à Alberto s’il est normal que mes pieds soient gonflés, et que mes bras soient recouverts de taches rouges… « Mais oui ! Ca fait ça en général aux touristes ou aux gens des « Highlands » » - Charmant... Les gens des « Highlands », c’est en effet ainsi que les Péruviens du « bas » appellent ceux qui vivent dans les montagnes, et qui parlent d’ailleurs en général Quechua. Avant d’être une marque Décathlon, c’était d’abord la langue que parlaient les Indiens et les Incas. Et encore aujourd’hui, que ce soit à Cuzco, ou par exemple à Potosi, en Bolivie, la plupart des habitants parlent Quechua entre eux.


Mais revenons à nos moustiques. Qu’avons-nous vu tout de même en Amazonie ? Tout d’abord, il faut savoir qu’il est difficile d’apercevoir quoi que ce soit, la jungle étant touffue, les animaux décidemment trop sauvages, et notre œil citadin peu exercé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grâce à Alberto, et à force de persévérance (nous reviendrons de certains treks sans avoir vu le moindre animal), nous tomberons tout de même sur nos amis les singes sautant de branches en branches, quelques tarentules, un ou deux boas, toute sortes d’oiseaux (perroquets, faucons etc), un caïman blanc, des tortues, des arbres à chocolat, plein d’insectes bizarres et parfois énormes, et d’innombrables animaux dont nous ne connaissons pas le nom et que bien sûr seul notre guide aperçoit. Il faut dire que c’est parfois un chouia frustrant. Quand nous nous levons à 4 heures du matin pour assister au lever du soleil (pas de bol, le ciel est couvert) et nous dépêchons d’arriver en bateau à 3 heures de notre lodge pour surprendre les perroquets. Paf, un faucon passe par là et tous les perroquets s’envolent. A défaut de voir les perroquets, Alberto se tourne vers nous en disant : « vous avez entendu le cri ? ». Nous, comme d’habitude, répondons : « Lequel ? ». Alberto nous pointe au loin, ce qui est sensé être un tapir. Impossible de distinguer quoi que ce soit même avec les jumelles. Alberto nous montre alors à quelques pas un magnifique petit tas d’excréments : « Si, si ; là, Tapir ».


Notre adieu à la faune de la jungle se fera donc à un petit tas d’excréments… Ca change du zoo où en tournant la tête, on voit d’un coup la savane, les pingouins, une biche, un ours etc... Ceci dit, nous repartons certes épuisés, mais des souvenirs plein la tête et riches d’une expérience que nous ne sommes pas prêts d’oublier.


Le soir, notre avion nous dépose à Cuzco. Nous reprenons directement un bus de nuit pour Arequipa, ville dominée par un volcan et dont les principaux monuments ont été construits avec la lave blanche du dit volcan donnant à cette ville le nom de « cité blanche »…

Voir la vidéo « Welcome to the Jungle ».

  

Par Kim & Christophe - Publié dans : Pérou 24 Oct. - 13 Nov. 06
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Mercredi 29 novembre 2006


Le fameux « Inca Trail ». Quatre jours de marche à travers les montagnes et les ruines autrefois traversées par les Incas avant d’arriver pour le lever du soleil « sur » le Machu Picchu (et non pas « dans » le Machu Picchu…) aux « Portes du soleil » (… les fameuses « portes » étant en fait à une heure de marche de la fameuse cité Inca…) le quatrième et dernier jour. Complet jusqu’au 4 Novembre. Pas d’exception possible depuis que la limitation sur l’Inca Trail est passée de 200 permis touristes par jour, 300 en incluant tout le « personnel » accompagnant, guides, porteurs, cuisiniers…etc. Nous décidons donc d’abandonner l’idée et essayons d’envisager une autre alternative.


Heureusement, Anne (du fameux couple « Anne et Mickael, des Français qui ont de la bouteille en terme de voyage et pas qu’en terme de voyage »…), avec qui nous voyageons depuis maintenant bien deux semaines, nous a concocté un itinéraire tout tracé de deux jours devant nous permettre d’arriver par nous-mêmes, comme des grands (et en particulier sans avoir à débourser les exorbitants 380 dollars de l’Inca Trail) tout en haut du Machu Picchu, pour le lever du soleil. Tout de suite, on se dit, ça va être du sérieux. Anne et Mickael ont tout de même survécu à l’abominable trek de 9 jours du Kilimandjaro (dont une nuit de marche de minuit à 8h du matin…) On se prépare donc à un programme passablement sportif, avec levée à 4 heures du matin et 8h à 10h de marche pendant la première journée, au moins…


 (Chinchero) 

 

« Alors, on commence par prendre un taxi jusqu’à la ville de Chinchero… » Très vite, nous sommes fixés. Anne vient d’inventer un tout nouveau concept : le « taxi-trek ». Un peu de taxi. Un peu de « trek ». Un peu de taxi. Un peu de « trek »… Jusqu’au train qui nous conduira à la fin de la première journée dans la ville d’Agua Calientes, la ville basée aux pieds même du Machu Picchu. D’où nous repartirons pour 1h30 de marche jusqu’au sommet du Machu Picchu donc. C’est qu’Anne et Mickael en sont tout de même à leur 9e mois de voyage. On comprend qu’ils ne veulent pas vraiment passer leurs dernières semaines à s’épuiser avec des treks impossibles. On ne va pas se plaindre. Nous sommes nous même un peu fatigués après ces dernières journées quelque peu agitées.

 
 
Reste que, après deux petites heures de marche sans grande difficulté, des ruines de Chinchero - marquant nos premières vraies terrasses Incas, elles réellement impressionnantes en vrai -, en passant par les salinas locales jusqu’au village local de Ollanlaytambo, d’où nous prenons le train pour Agua Calientes, nous devons tout de même nous lever le lendemain matin (enfin « matin », façon de parler…), à 3h30 (et c’est reparti !!!) afin d’arriver à temps pour le lever du soleil au sommet du Machu Picchu, à 5h (le premier bus pour le Machu Picchu ne partant malheureusement d’Agua Calientes qu’à 6h du matin).

(Paysage du Trek entre les ruines de Moray et les Salinas)

C’est donc en plein milieu de la nuit, munis de nos lampes frontales, que nous quittons la ville d’Agua Calientes encore totalement endormie et plongée dans l’obscurité la plus totale, que nous prenons notre courage à deux mains et entamons à pied la montée d’1h30. Une montée qui, nous le découvrirons après une petite quinzaine de minutes de marche, se compose en fait de marches en pierres particulièrement abruptes. Et qui ne s’arrêtent plus, une fois la première quinzaine de minutes de plat passée, jusqu’à l’arrivée, là où nous attend la récompense, la fameuse. Au bout d’une demi heure, nous avons tous les poumons percés, les cuisses en feu. Nous ne sentons plus nos jambes. Nous n’avons plus à respirer. Nous suffoquons sous l’humidité ambiante. Et ceci pendant une heure, d’intense bonheur.

 

 

Jusqu’à ce que la végétation ne finisse par commencer à s’écarter. Laissant apparaître les premières pierres du site. Au loin. Tout en haut. Alors que les premières lueurs du jour arrivent. Que nous découvrons progressivement les hauteurs avoisinant le Machu Pichu. Et que nous arrivons enfin sur la fameuse cité Inca, bien avant que les hordes de touristes n’envahissent le site, qui se dévoile brutalement à nous au détour d’un sentier, juste après l’entrée officielle, comme tout droit surgi d’un rêve. Il n’y a pas un bruit. Nous sommes loin de toute civilisation. Le soleil n’est pas au rendez-vous, mais le Machu Picchu n’en paraît que plus irréel. Flottant ainsi au milieu de sa nappe de coton. Disparaissant et réapparaissant derrière les vertigineux filets de nuages. Nous sommes tous bouche bée devant un tel spectacle. D’autant plus lorsqu’en nous retournant, nous apercevons tout un troupeau de lamas, totalement immobiles, tous tournés, comme hypnotisés, vers le Machu Picchu.



 

 

Voir la vidéo du Machu Picchu.

Le soir même de l’ascension du Machu Picchu, nous apprenons la « bonne » nouvelle : l’association « The Hope Foundation » est prête à nous rencontrer pour My Petit Mundo ! Rendez-vous le lendemain matin 8 heures (arrrggghh). Nous allons accompagner le fondateur de l’association pour une fête en l’honneur de son anniversaire dans l’une des 127 écoles qu’il a contribué à construire depuis son arrivée de Hollande (!)… Dans les montagnes, dans un village Quechua à quelques dizaines de kilomètres au dessus de Cuzco. Un moment qui promet d’être exceptionnel, si nous arrivons à nous lever !! Et à bouger nos jambes courbaturées et couvertes de piqûres de sun flies (insectes coriaces qui se sont régalés la veille au Machu Picchu) – piqûres que nous sentirons bien avec le frottement du jean lorsque nous passerons quasiment une heure à danser avec les gens du village. Un moment inoubliable, qui ne nous fera pas regretter le réveil difficile, et le temps passé pour organiser les rendez vous pour notre projet.



Par Kim & Christophe - Publié dans : Pérou 24 Oct. - 13 Nov. 06
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