Cambodge 14 -23 Mars 07

Mardi 24 avril 2007 2 24 /04 /2007 17:47


Apocalypse Now. Allégés de plusieurs litres de sueur suite à notre voyage caniculaire en bateau le long du Mékong, nous larguons les amarres à Phnom Penh. Sans nous douter que nous allons y rester bien plus longtemps que prévu… Notre trajet en bateau, depuis Saigon, d’une durée de trois jours, a été à la fois pittoresque, haut en couleurs et épuisant. Comme tout tour operator asiatique qui se respecte, les activités s’enchaînent tout le long de la journée, non stop. Une ferme à crocodile par ci, une « usine » de galette de riz par là, une plantation de fruits, un temple, un mini trek au coucher du soleil, trois ou quatre bateaux différents pour visiter le Mékong sous toutes ses coutures : de ses canaux bordés d’habitations sur pilotis aux marchés flottants. La dernière partie du trajet en bateau a un petit goût d’ « Apocalypse Now ». Les paysages se déroulent au ralenti, sous une chaleur écrasante et les toussotements du moteur fatigué. C’est l’une des meilleures parties du voyage, les villageois nous accueillant les uns après les autres avec leur plus beau sourire, alors qu’ils sont en train de se « doucher » dans la rivière ou de faire la cuisine… (Voir Les enfants du Mékong).




No Penh – No Game. Les gros incultes que nous sommes n’avions initialement pas prévu de rester plus de deux jours à Phnom Penh, juste le temps nécessaire pour visiter la ville en courant, et rencontrer un orphelinat pour My Petit Mundo. Pour être tout à fait honnêtes, nous nous attendions à une ville sans charme, polluée, agitée. C’est en fait tout l’inverse. Annonçant initialement à notre hôtel que nous resterons deux nuits, nous prolongeons chaque soir pour une nuit de plus, jusqu’à rester une semaine. Quelle a été la révélation qui nous a ouvert les yeux et converti au « phnompenhisme » ? Et bien, c’est un peu grâce à…………… mon ventre. Une bonne vieille tourista me collant au lit les deux premiers jours, et nous amenant à rester plus longtemps, pour récupérer en douceur et apprécier les charmes de la ville.



Phnom Penh – La surprise.
L’architecture de la ville a en fait été bien préservée : le centre est aménagé le long d’un immense fleuve, avec une grande avenue bordée de terrasses d’hôtels et de restaurants, donnant sur la large pelouse couvrant les berges du fleuve. C’est sur cette même pelouse que se retrouvent les habitants en fin de journée et le week-end pour pique-niquer… La ville ne donne pas l’impression d’une capitale, avec ses petites bâtisses, ses avenues aérées et verdoyantes, et surtout son calme ambiant, en comparaison à ses voisines asiatiques. Pas ou peu de klaxons, pas trop de monde sur les routes, les gens sont zens, très souriants, et cherchent le moindre prétexte pour s’amuser et rire. On en oublierait presque que le régime de Pol Pot sévissait encore il n’y a pas si longtemps que cela, alors que les gens ici ont redécouvert le bonheur de vivre, et insufflent une joie extrêmement communicative.



 

Nous passons quelques jours le long du fleuve, visitons des temples, allons dans l’autre quartier touristique de la ville, celui des backpackers, construit autour d’un grand lac bordé de restaurants sur pilotis avec hamacs et flanqué d’une vue absolument imprenable au coucher du soleil… Nous allons également visiter le redouté « S-21 », ancienne école reconvertie en prison sous le régime de Pol Pot, où furent torturés et exécutés plusieurs milliers de « dissidents » au régime des Khmers Rouges. En réalité pour la plupart des innocents victimes de la paranoïa aigue du régime, qui finissaient sous la pression des tortures par dénoncer père et mère, amis, proches, afin d’abréger leurs souffrances...Seuls sept prisonniers en ressortirent vivants. Les photos des prisonniers, prises lors de l’incarcération, sont affichées le long des murs au travers de plusieurs salles au rez de chaussée. Une exposition photo, au dernier étage du S-21, retrace la vie de certains des prisonniers, à partir des témoignages de leurs proches. Une visite qui glace quelque peu le sang, et qui fait d’autant plus apprécier à quel point les Cambodgiens savourent leur bonheur et leur liberté d’aujourd’hui. Pour notre dernier jour à Phnom Penh, nous louons une moto et partons dans la campagne, à une heure de la ville, rencontrer un orphelinat pour My Petit Mundo, où les enfants nous attendant avec plusieurs spectacles de danse et de chant (voir les articles et films sur TV5). Recouverts de poussière à l’aller, un orage éclate au retour, nous laissant un fin vernis de boue sur tout le corps.



Par Kim & Christophe - Publié dans : Cambodge 14 -23 Mars 07
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Vendredi 27 avril 2007 5 27 /04 /2007 17:57


Au petit matin, nous prenons un bus de Phnom Penh pour Siem Reap, (la ville la plus proche des temples d’Angkor). A l’arrivée, sept heures plus tard, des hordes de rabatteurs et chauffeurs de taxi se déversent sur nous, les deux seuls pauvres touristes présents dans un car rempli autrement de Cambodgiens. Parvenant à nous extraire miraculeusement de la mêlée, nous prenons un taxi qui nous amène dans le centre tout proche. Nous sommes à quelques kilomètres des temples, qui se visitent en général à vélo ou en taxi. Vu la chaleur, nous optons pour une sorte de tuk tuk, qui nous amènera d’un temple à l’autre pour quelques dollars.



Départ, le lendemain matin, à… cinq heures ! Pour éviter la foule, et surtout pour ne pas manquer le lever de soleil sur Angkor Wat. Angkor un moment magique, spectaculaire, beau quoi : Voir le film. Nous allons ensuite voir Angkor Thom et ses têtes géantes sculptées dans la roche. Nous finirons par Ta Prohm, où la nature a progressivement repris ses droits et envahi la pierre, offrant d’étranges mélanges : les racines d’arbres immenses recouvrant des murs entiers, serpentant autour des têtes sculptées et bas reliefs…




Par Kim & Christophe - Publié dans : Cambodge 14 -23 Mars 07
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Dimanche 29 avril 2007 7 29 /04 /2007 18:22



Une route sciemment laissée à l’abandon. Cinq heures de route de Siem Reap à la frontière Thaïlandaise, dans un tout petit van où l’on est presque assis les uns sur les autres, sans aucune place pour nos bagages, qui se retrouvent du coup entassés tant bien que mal à l’avant, un peu n’importe comment*, et de bien entendu aucun signe de climatisation. Pour couronner le tout, la route est absolument atroce, du début à la fin. Entendre, pas la moindre trace de ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à du bitume. Et très peu, mais alors très peu (voire pas) de portion de route dépourvue de bon gros nids de poule. On nous avait prévenu. Nous ne sommes donc même pas véritablement surpris par notre triste sort et endurons, plus ou moins sans broncher, cette inévitable partir du voyage (entendre nous n’avons pas les sous pour faire Siem Reap –Bangkok en avion). C’est qu’une compagnie aérienne paierait le gouvernement local afin que cette route, entre Siem Reap donc et la Thaïlande, reste sciemment à l’abri de toute tentative de travaux. Afin donc que ceux qui n’auraient ni la patience ni le temps (donc la plupart des gens) de s’infliger un tel calvaire, optent donc tout « naturellement » pour la solution beaucoup plus raisonnable de prendre l’avion… 


D’énormes boulets. Nous essayons donc de passer le temps tant bien que mal, malgré les secousses particulièrement erratiques, à la limite du violent, qui ne nous laissent pas le moindre répit. Après trois heures de ce traitement quelque peu éreintant, le van finit par s’arrêter au bord de la route, aux alentours de midi. La fameuse pause déjeuner donc, qui nous permet normalement de nous sustenter, ainsi qu’au chauffeur de se reposer. Rien donc de bien anormal, rien dans tous les cas qui appelle au scandale, voire à la révolution… C’était sans compter sur un groupe que nous appellerons désormais les « gros boulets », principalement composé d’Australiens et de Canadiens**. Soudain envahis par une énorme et incompréhensible vague de paranoïa aigue, sans doute quelque peu fomentée par les innombrables conseils à l’encontre des arnaques donnés dans les guides tels le Routard ou le Lonely Planet, les « gros boulets » se mettent soudain en tête que cette pause déjeuner est visiblement une énorme tentative d’arnaque. Et pas des moindres.


 Paranoïa aigue.
Le chauffeur s’est arrêté ici non pas pour nous permettre de déjeuner. Non, il essaye en fait de nous bloquer ici le plus longtemps possible afin que nous rations notre bus à la frontière Thaï et que nous n’ayons en conséquence d’autre choix que de passer la nuit dans un hôtel qui leur versera en retour une juteuse commission. Afin de s’assurer de son coup, le chauffeur a même carrément laissé ses phares allumés afin de décharger entièrement la batterie du van, pour que nous tombions même carrément en panne à un moment ou un autre. C’est vraiment à se demander ou les « gros boulets » ont bien pu oublier ce qui leur reste de cerveau, étant donné que : 1) Il n’est que midi…, 2) la technique de la panne en Asie consiste non pas à provoquer une réelle panne, mais tout simplement à la simuler… Il faudrait vraiment être le dernier des imbéciles pour réellement essayer de décharger entièrement sa batterie…


Les « gros boulets » la suite. Non contents de nous avoir harcelé pour que nous finissions ni un ni deux les plats que nous nous étions commandés, les « gros boulets » ne sont pas en reste et refusent maintenant de sortir du bus alors que nous sommes enfin arrivés, sans le moindre encombre, à la frontière Thaï. La raison de cette soudaine crise infantile ? Tout ceci n’est encore qu’une honteuse tentative d’arnaque de la part de la compagnie de bus Cambodgienne. Une fois sortis du van, la compagnie de bus s’empressera aussitôt de nous abandonner ici au milieu de nulle part, ce qui nous obligera en conséquence à passer la nuit ici blablabla… Les employés de la compagnie de bus Cambodgienne ont beau essayer d’expliquer calmement aux « gros boulets » qu’il faut d’abord traverser la frontière à pied avant de pouvoir reprendre un autre bus, Thaï cette fois-ci, à destination de Bangkok, de l’autre côté de la frontière, les « gros boulets », ne veulent rien entendre. A ce stade là, nous avons tellement honte de leur comportement vis-à-vis des employés de la compagnie de bus, que nous n’avons d’autre choix que de nous interposer, afin d’essayer d’injecter un peu de raison dans leurs neurones de poulets. C’est ainsi que nous nous retrouvons finalement une heure plus tard, le temps de régler les formalités de passage en Thaïlande, à bord d’un magnifique bus Thaï ultra moderne, climatisé, et aussi quelque peu kitch (comprendre il est entièrement violet), sans avoir rencontré le moindre souci, quel qu’il soit…


* bloquant par ailleurs la porte du van, nous obligeant donc à déplacer les bagages à chaque fois que l’on désire sortir du bus, pour quelle que raison que ce soit (pas du tout dangereux d’ailleurs, par ailleurs, en cas d’accident…) 

** ce qui nous étonne d’ailleurs un peu les Canadiens n’étant pas particulièrement connus pour se muter en gros boulets pendant les voyages.

Par Kim & Christophe - Publié dans : Cambodge 14 -23 Mars 07
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