Hong Kong – « Aux portes de l’Asie ». Nous sommes fin prêt, nos bols de riz et nos soupes chaudes, achetés à emporter, bien en main. Le spectacle de lumière quotidien s’apprête à commencer alors que nous prenons place bien en face de la haie de gratte ciels qui peuplent la baie de Hong Kong. Une voie enregistrée s’échappe d’un haut parleur, nous accueille, nous remercie d’être là. En anglais, puis en chinois. Plus que dix minutes avant le commencement. Nous avons presque du mal à croire qu’une telle explosion de sons et de lumières puisse ainsi envahir la baie de Hong Kong absolument tous les soirs de l’année. Sans faute. Nous observons le spectacle, bouche bée. Les flashs crépitent. Les touristes autour de nous laissent régulièrement échapper de grands « oh » et d’autres grands « ah ».
Plein les yeux. L’ensemble des gratte-ciels de la baie vient soudain de prendre vie, laissant échapper dans une chorégraphie bien orchestrée de multiples rayons de lumière de couleurs diverses et variées. La lumière habille les buildings de haut en bas ou pointent agressivement vers le ciel, au rythme d’une musique qui s’échappe maintenant des hauts parleurs situés de notre côté de la baie (Voir la vidéo). Nous sommes encore à des années lumière de ce que nous nous apprêtons à découvrir quelques jours plus tard, alors que nous quitterons Hong Kong pour nous diriger vers la frontière nord du Vietnam. Hong Kong et ses centaines de gratte ciels, ses quartiers chics, ses centres commerciaux ultra-modernes, ses rues bondées, emplies de panneaux publicitaires divers et variés. Hong Kong et son incroyable communauté d’expatriés… Une ville où la plupart des gens que nous croiserons, dans la rue et les commerces, n’en parlerons pas moins pratiquement pas un mot d’anglais. Contrairement à l’idée que nous nous en étions fait avant d’y arriver.
Bienvenue en Chine. 6h du matin. Le bus de nuit, uniquement composé de mini couchettes en dur superposées les unes au dessus des autres, et uniquement habitées de voyageurs bel et bien Chinois, si ce n’était nos deux faciès d’étrangers, vient juste de s’arrêter, nous réveillant dans notre demi-sommeil. La totalité de voyageurs a déjà évacué le véhicule et embarqué dans un second bus. Celui qui doit nous conduire vers la ville de Guilin, située à quelques 13 heures de bus de la ville de Canton (elle-même située à environ deux heures de train de Hong Kong). Nous nous apprêtons à nous transvaser nous aussi vers le second bus pour les deux heures de trajet qu’il nous reste, lorsque nous reprenons soudain nos esprits. Quelqu’un vient juste de prononcer le nom de la ville de Yangshuo, la ville que nous essayons justement de rejoindre, en passant d’abord par la ville de Guilin, pensions-nous.
Arrivée à Yangshuo. « Yangshuo ? » « Xnjomdiuvfhbuhdef ». « Euh… ici Yangshuo ? » « Wiuiohciuigdcuhpefz…». Aucun mot d’anglais à l’horizon. Toujours à moitié endormis, nous nous lançons donc dans un semblant de tentatives d’interprétations par les signes. « Ici, Yangshuo ? », répétons nous tout en insistant bien sur le nom de la ville, en pointant tout autour de nous, et en montrant le nom de la ville écrit en chinois dans notre Lonely Planet. Tout le monde autour de nous se met alors à acquiescer vivement et fermement. « Oui, oui, ici Yangshuo, ici Yangshuo.» Allelhuhia. Nous n’avons donc pas besoin de faire le reste du trajet. Forcément, personne ne parlant l’anglais à la station de bus à Canton, nous n’avions pas compris que le bus pour Guilin passait en fait également et d’abord par Yangshuo. Et qu’il était donc inutile de nous rendre d’abord à Guilin, pour ensuite reprendre un autre bus pour en fait revenir vers… Yangshuo. Le temps de reprendre nos esprits, nous nous retournons enfin sur le paysage quasi féerique qui s’offre à nous, alors que le jour commence à peine à se lever, et que les ombres des innombrables petites sommets qui entourent entièrement la petite ville commencent tout juste à se dessiner à l’horizon…
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© Textes, Images et vidéos Kim Le Quoc et Christophe Deguine
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