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Fin Septembre 2006, surlendemain de notre arrivée à Salta. Toujours. La nuit est maintenant belle et bien tombée, et c’est rasséréné que nous nous engageons sur l’autoroute (enfin) qui doit nous ramener plus que tranquillement vers Salta… Fini les routes de montagnes infernales, les abominables jets de pierre, les interminables soulèvements de poussière, les cols de montagne vertigineux, les tournants quasi suicidaires à vision totalement obstruée… Que nous croyons…
Bon, il est vrai, nous aurions dû commencer à nous méfier au moment même où nous avons croisé le regard relativement étonné (amusé ?) de cet agent de police Argentin alors que nous nous apprêtions tout juste à aborder la fameuse route. Bon, il est vrai, nous aurions également dû commencer à nous dire qu’il y avait définitivement quelque chose de pas catholique à l’instant même où nous nous sommes rendus compte que la fameuse « autoroute » n’avait définitivement pas des dimensions tout à fait orthodoxes. Et oui, nous aurions définitivement dû (essayé ?) faire demi tour lorsqu’à plusieurs mètres d’altitude au cœur de la montagne, nous avons commencé à croiser des vaches posées au milieu de la route… (Autrement dit, posées un peu au milieu de nulle part, le côté gauche de la route étant bordé par un ravin, le côté droit par des montagnes. A se demander comment diable elles ont bien pu atterrir là…)
« Et c’est ainsi qu’ils pénétrèrent dans la quatrième dimension…» Vaches, moutons, lierres grimpantes, descendantes, voies étriquées couvertes de pierres et de terre, n’en demeurant pas moins à double sens. Horreur et damnation, nous nous sommes retrouvés par mégarde sur le même type de route empruntée à l’allée. Alors que la nuit est maintenant totalement tombée. Et qu’il n’y pas l’ombre du début d’un seul éclairage à l’horizon. Nous ne l’apprendrons que plus tard, il existe en fait deux routes (ah ben bravo) pour rejoindre Salta depuis Jujuy. Une autoroute s’étendant effectivement sur 120 km de route toute lisse et asphaltée. Et l’autre, celle de montagne, pratiquement infréquentée une fois la nuit tombée (on se demande bien pourquoi) excepté par des écervelés de touristes tels que nous-mêmes, des psychopathes ou des trafiquants locaux cherchant la très très bonne planque… Bref, pour nous, que du bonheur. Alors que, souligne le guide du Routard, cette route, de jour, vaut vraiment le détour par sa flore particulièrement verdoyante, et sa faune (les vaches et les moutons sortis de la quatrième dimension) qui ponctuent « agréablement » le chemin… (Ben, ça nous fait une belle jambe) Nous prenons donc notre mal en patience, roulons à 30 km/h et décidons le lendemain, dans notre grande folie, de parcourir la seconde boucle, celle de
la Quebrada de Cafayate, en deux jours, avec une pause bien méritée en cours de route, à Cafayate donc.
Publié le 17/11/2006 à 03h25 dans Argentine 10 Sept - 8 Oct. 06